Pendant que l’euro rebondit…
Ce matin, l’euro a franchi la barre des 1,32 $ sous une pression acheteuse évidente après une journée d’hésitation marquée par une pluie de bonnes surprises en Europe.
- nette amélioration des indices PMI dans l’industrie et les services,
- balance des comptes courants en Europe qui bat le consensus de deux milliards en s’établissant à -8,1 milliards.
Et hier, de gros montants sur options EUR/USD (1,30) sont arrivés à échéance, maintenant le cours aux alentours des 1,30.
Et de nouveau ce matin, l’indice IFO venait rassurer les intervenants sur le climat des affaires en ressortant à 83,6, soit le niveau le plus élevé depuis le mois de novembre.
Il n’en fallait pas plus à la monnaie européenne pour effacer près de la moitié de la baisse du mois d’avril et s’installer assez nettement au-dessus des 1,30.
Parallèlement, le pound anglais n’arrive pas à rebondir (voir graphique comparatif ci-dessous).

Graphique comparatif GBP/USD / EUR/USD
Source : ADVFN : http://fr.advfn.com/
La livre sterling patine !
La Grande-Bretagne, en annonçant hier un déficit de 90 milliards de livre, a inquiété les marchés et le monde économique en général. Comme l’évoquait Cécile Chevré dans La Quotidienne de MoneyWeek de ce matin, la faillite de l’île n’est pas impossible.
Du coup, la monnaie en pâti et n’arrive pas à rebondir après, pourtant déjà, une très forte correction fin 2008.
La devise navigue en ce moment entre 1,40 et 1,50 $ après avoir valu avant la crise plus de deux dollars américains.
Face à l’euro, la chute est également frappante, même après une tentative de rebond — que je vous avais recommandé dans un édito précédent. Nous sommes rapidement repassés à 0,9 livre sterling pour un euro.
Ce matin, le PIB préliminaire du premier trimestre a été dévoilé en baisse de 1,9%, en dessous des attentes déjà pessimistes du consensus. Cette baisse est tout simplement la pire depuis le troisième trimestre 1979… année de prise de pouvoir d’une certaine Thatcher !
Flou artistique sur la livre
Graphiquement, comme de nombreux supports en ce moment, la livre pose pas mal de problèmes d’interprétation et une fois de plus, les arguments baissiers et haussiers s’équilibrent et ne donnent que peu d’indications sur les mouvements futurs de la monnaie anglaise.
A ma gauche, les bulls (haussiers)
Malgré leur rareté en ce moment sur la livre, ces derniers pensent que la baisse actuelle est très spectaculaire par rapport aux autres devises et que le pays certes très touché, pourra tout de même s’en sortir grâce à une politique réactive et des plans de relances énormes.
Ces traders auront tendance à s’appuyer sur les derniers chiffres des ventes de détail qui tendraient à montrer un "rebond" de la consommation. Ces taureaux motivés, se basent également sur l’indice Big Mac du magazine The Economist, qui compare le prix du ce sandwich dans tous les pays du monde pour évaluer la valeur des devises et le pouvoir d’achat de chaque pays. Il en ressort, avec les données de février 2009, que la livre sterling serait sous-évaluée (estimée à 1,55 dollar américain) et l’euro surévalué avec une estimation à 1,04$ dollar américain.
A ma droite, les bears
Ces derniers, plutôt en forme, ne voient aucune raison d’acheter de la livre sterling. Le Royaume-Uni a suivi sur la route de la surconsommation et du crédit facile les Etats-Unis, il n’y aurait donc aucune raison à ce qu’ils échappent aux profondeurs de la crise.
Le problème de la Grande-Bretagne n’est pas l’Amérique. Elle n’en a ni la réactivité ni les moyens financier et budgétaire notamment.
Et ce ne sont pas les commentaires des dirigeants mondiaux qui vont faire changer le fusil d’épaule de nos "ours mal léchés". En effet, lorsque l’on dit que "le déclin semble ralentir", ce qui est en ce moment la phrase numéro un au classement de la langue de bois politique, on consent tacitement que le déclin se poursuit !
Voilà pour les forces en présence… passons à l’analyse.
Le rebond est possible
Graphiquement, la tendance baissière de la paire GBP/USD est indiscutable comme vous pouvez le voir sur le graphique hebdomadaire ci-dessous.
Cependant, si les cours évoluent très près des moyennes mobiles 50 et 100 jours, ils sont passés au-dessus ce qui est un signe plutôt haussier.
De plus, le niveau des 1,35 a bien résisté et semble être le point bas pour un bon moment. Un passage au-dessus des 1,5070 marquerait le début d’un retracement vers 1,60 voir 1,68 qui constitue le niveau des 50% de retracement de la baisse précédente.
A l’inverse, le passage en dessous de 1,4410 serait un signe de poursuite du mouvement de baisse qui pourrait amener à un nouveau test des 1,35 $US.
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Graphique Weekly GBP/USD
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