Energie
Comme prévu, le brut grimpe et grimpe encore, battant au passage tous ses records historiques, jour après jour.
Le WTI crude est passé jeudi au-dessus de la barre symbolique des 80 $ le baril, suite à la fermeture de trois raffineries texanes pour cause de passage de l’ouragan Umberto.
A cela s’ajoute la baisse de la production issue de la Mer du Nord (Peak Oil atteint !). La Norvège, 5ème producteur mondial de brut, a vu sa production refluer de plus de 7% en août. Eh oui, les réserves s’amenuisent un peu plus chaque jour.
Quand la Mer du Nord sera-t-elle à sec ? Je n’en sais rien. En revanche, je ne peux que constater que nous sommes en bonne voie. Dommage, car ce pays était un producteur fort sympathique, contrairement à tant d’autres, Iran et Venezuela en tête ou, dans une moindre mesure toutefois, la Russie.
Ces derniers n’auront que plus de pouvoirs encore entre leurs mains si les champs pétrolifères de la Mer du Nord commencent à rendre l’âme… Mauvais présage à long terme ?
Certainement.
L’OPEP va mettre 500 000 barils jour supplémentaires sur le marché à partir de novembre, ce qui n’a eu strictement aucun impact sur le cours du brut qui a continué sa hausse comme si de rien était. On aurait dit une goutte d’eau dans la mer… Pourquoi ?
Tout simplement parce que les investisseurs se sont persuadés que la demande allait grimper au 4ème trimestre et que le risque était donc grand de voir la demande dépasser l’offre ; par conséquent, le marché pourrait devenir déficitaire.
Personnellement, vous connaissez ma position, je n’y crois pas.
Le WTI cotait vendredi 79,77 $ le baril sur le Nymex, livraison octobre. Quant au Brent, il affichait un fier 77,06 $ sur l’ICE londonien, livraison octobre toujours.
Métaux précieux
Les cours de l’or ont progressé jusqu’à 717,15 $ l’once vendredi, après le fixing du soir sur le London Bullion Market. Il s’agit d’un plus haut niveau depuis mai 2006.
Début mai 2006, l’once avait en effet dépassé les 730 dollars, se hissant à des niveaux plus vus depuis 1980.
Le cours de l’or campe à des niveaux très élevés. L’image de « l’assurance tous risques » qu’il représente, et qu’on avait un peu oubliée ces derniers mois, revient en force sur le devant de la scène. Il cotait vendredi 722 $ l’once livraison octobre, sur le Nymex.
Alors que la crise du subprime avait dans un premier temps conduit les investisseurs à se réfugier massivement dans bons du Trésor américains, ils se redirigent aujourd’hui vers l’or, plus sûr. Et pour cause : à force d’injecter des milliards de dollars dans le circuit, les banques centrales finissent par réduire l’attractivité des monnaies.
Et puis l’affaire Nothern Rock ne va faire qu’envenimer les choses. Les investisseurs commencent enfin à se rendre compte que l’affaire du subprime n’est pas une goutte d’eau dans un océan…
L’or, négativement corrélé au dollar, bénéficie fortement de la baisse de la devise américaine qui a atteint un nouveau plus bas historique contre l’euro cette semaine, au-delà de 1,39 $ (1,3927 jeudi) pour un euro. Pas étonnant que l’or soit allé flirter en cours de semaine avec les 724 $ l’once.
La hausse du brut et les tensions inflationnistes qui peuvent surgir à terme favorisent également la hausse de l’once.
L’or, havre de paix, fait un retour en force très remarqué.
L’argent a suivi l’or comme à son habitude, touchant mardi son plus haut de la semaine à 12,79 $ l’once.
Même constat pour le platine qui a touché les 1 300 $ l’once cette semaine et qui devrait s’y maintenir.
| Cours à 3 mois |
Vendredi |
Vendredi 14 septembre 2007 |
Variation / semaine |
| Aluminium* | 2 447 | 2 430 | -0,69% |
| Cuivre* | 7 174 | 7 550 | 5,24% |
| Plomb* | 2 875 | 3 210 | 11,65% |
| Nickel* | 27 000 | 28 600 | 5,93% |
| Etain | 14 750 | 14 875 | 0,85% |
| Zinc* | 2 775 | 2 837 | 2,23% |
| Or (spot) | 701,54 | 708,80 | 1,03% |
| Argent (spot) | 12,46 | 12,59 | 1,04% |
| Platine (spot) | 1 290,50 | 1 297,25 | 0,52% |
* cours en $ sur le LME à trois mois
Métaux industriels
Si ce sont les fondamentaux (niveaux des offre demande et stocks) qui ont donné sa tendance à la semaine écoulée, nul doute que ce sera la décision de la Fed demain qui donnera la tendance de la semaine à venir pour les marchés des métaux de base.
Une légère baisse du taux directeur de la Fed devrait être perçue comme un signe positif par les marchés des métaux, ce qui viendrait donc les soutenir.
Comme nous nous y attendions, le cuivre a enregistré des gains cette semaine.
Le cuivre s’affiche en hausse sur presque toutes les bourses : en hausse de 1% à Shanghai à 65 880 yuans livraison novembre. Même chose sur le Nymex, où il affichait vendredi 3,43 $ la livre, livraison décembre.
Cette belle semaine s’explique par des niveaux de stock au plus bas depuis cinq mois à Shanghai. Ils refluent de 6% cette semaine.
Et puis il y a aussi les chiffres économiques de l’Amérique, deuxième plus grand consommateur de cuivre au monde. Son taux de chômage a grimpé moins que prévu (!) et le sentiment des consommateurs est en hausse par rapport au mois précédent (!). Vous y croyez, vous ?
Il n’en fallait pas plus pour rassurer les investisseurs quant à l’éventualité d’une récession aux Etats-Unis. Je vous le dis, les cours naviguent à vue, il n’y a pas de doute sur ce point. Les spéculateurs jouent au jour le jour, sans aucune anticipation à plus de quelques jours. Comme pour le brut.
A Londres, on notait moins d’effervescence autour du cuivre qui affichait un léger repli de 0,2% sur le LME, à 7 525 $ la tonne, livraison à trois mois.
La Chine tire le zinc à la hausse. Shanghai voit le cours du zinc grimper à 26 065 $ la tonne, livraison novembre, alors que ce métal était en repli sur le LME.
Très belle semaine aussi pour le plomb dont le marché, vous le savez, est très tendu depuis quelques mois. L’offre arrive au compte-gouttes et suffit tout juste à satisfaire la demande. Les industriels profitent de la chute du dollar pour acheter du plomb à bon compte. Du coup, les spéculateurs se sont aussitôt jetés sur l’occasion, amplifiant le phénomène de hausse d’autant.
Soft Commodities
Comme anticipé, le blé poursuit sa folle envolée, atteignant aisément cette semaine le seuil des 9 $ le boisseau. Comme la semaine déjà, il bat ainsi un nouveau record absolu !
Le cours affichait vendredi 8,55 $ le boisseau sur le Cbot, livraison décembre, touché par des prises de bénéfices en fin de semaine ainsi que par la prise en compte de la psychologie des fermiers américains. Les spéculateurs tablent sur une forte hausse des semis de blé dans les mois à venir, aux dépens des semis de maïs, dont le cours est actuellement moins rémunérateur pour les agriculteurs.
Cela dit, le cours du blé restera pour l’instant élevé, car la situation présente est plus que bullish, avec une offre actuellement trop faible par rapport à la demande et une baisse des stocks, qui fondent comme neige au soleil.
Perspectives
Concernant le cours du brut, la menace « ouragan » va commencer à décliner progressivement. Ingrid, dernière tempête tropicale en date à se rapprocher, ne devrait pas atteindre les côtes. En revanche, l’arrêt ponctuel des raffineries texanes devrait peser sur le niveau de production et donc sur les prix pendant encore quelques jours. A court terme, les prix devraient donc rester élevés.
A plus long terme, vous connaissez ma position. Un franc ralentissement économique aux Etats-Unis me parait très difficile à éviter. Nulle doute qu’il ne pourra peser que fortement sur la demande dans les mois à venir. Et donc sur le prix du brut.
L’or aussi devrait continuer de caracoler vers ses plus hauts niveaux, la faiblesse du dollar devant persister. L’argent suivra.
Le risque de ralentissement économique américain pourrait finir à terme par faire pression sur les prix du cuivre. Mais pour l’instant, la demande chinoise reste soutenue, et le cours devrait se maintenir cette semaine.
Les prix du zinc devraient stagner à court terme sur le LME, avec quelques légères pertes probables. Mais la tendance devrait être inverse à la bourse de Shanghai, la demande restant là-bas plus dynamique.
Le prix du blé doit marquer une pause cette semaine. Histoire de reprendre son souffle. Mais je pense que la tendance devrait ensuite rester soutenue pendant quelques temps. La situation fondamentale du marché le justifie actuellement.
On scrutera avec intérêt la récolte australienne qui ne devrait pas tarder à arriver sur le marché, et notamment les conditions climatiques sur ce continent. Cette récolte aura un impact sur les cours du blé, sans aucun doute.


