Le brut plonge avec les marchés ; l’or valeur refuge revient en force

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Alerte rouge sur les marchés
Plongeon des marchés actions la semaine dernière. Le Dax a perdu 6,8%, le Nikkei et Shanghai 6,3%, le CAC quelque 12% (financières obligent…).

Et pour cause : la Grèce a continué d’inquiéter. L’effet contagion qui plane sur la crise de la dette a fait monter l’anxiété de quelques degrés, et le spectre d’un nouveau "Lehman Brothers" est réapparu avec les menaces de crise bancaire en Europe.

Le krach de l’euro/dollar jusqu’à 1,2508 $ a fait beaucoup de mal à nos matières. N’oubliez pas qu’elles sont libellées en dollar et que toute hausse du dollar entraîne une baisse du pouvoir d’achat des investisseurs hors zone dollar, qui voit le coût de la matière se renchérir. Ce qui freine mécaniquement la demande pour les matières.

Puisque je vous parle devise, sachez que l’euro a touché un point bas historique contre le franc suisse. La BNS, qui n’a eu de cesse d’intervenir pour maintenir sa monnaie au-dessus des 1,43 a fini par abandonner la partie devant l’ampleur du mouvement. L’euro plongeant jusqu’à 1,3991 CHF.

Concernant les chiffres micro-économiques, ils sont globalement positifs et tranchent avec le chaos sur les marchés. Côté macro-économique, des améliorations, mais les chiffres sont souvent contradictoires. Impossible de tirer une tendance claire, même si globalement on peut y voir un léger mieux.Or le grand risque qui a émergé la semaine dernière, était de voir le chaos financier faire replonger les fragiles économies. Et c’est précisément parce que ce risque était bien réel, que les institutionnels et politiques se sont réunis et coordonnés ce week-end pour frapper un grand coup et mettre fin à la spirale infernale qui s’est mise en place sur les marchés.

Petit tour dhorizon :

1. Energie : devant le risque potentiel de rechute économique, le pétrole plonge
Le brut a connu sa semaine la plus sanglante depuis un an et demi, perdant plus de 10 $ le baril en une semaine. Le WTI a chuté jusqu’à 74,50 $ et le Brent 77,50 $.

L’équation est simple : si l’espoir de croissance économique a fait grimpé le baril jusqu’à 90 $, le risque de voir cette reprise avorter fait reculer le baril.

Panique sur les marchés actions, retour de l’aversion au risque, hausse du dollar ont entraîné des réactions spéculatives violentes sur le brut. Les fondamentaux, avec une demande faible, une offre en hausse, et des réserves pléthoriques, n’ont apporté aucun soutien pour contrer ne serait-ce que partiellement le mouvement.

Les perspectives ?

"Nous restons négatifs tant que les 93 $ ne sont pas franchis et visons un retour en bas du canal ascendant…", écrit Sébastien Duhamel à ses lecteurs de L’Investisseur Or & Matières.

2. Métaux précieux : crise de la dette et risque bancaire profitent à l’or
L’once d’or redevient "valeur refuge" et attire les capitaux comme un aimant.

Pour vous donner un exemple concret de l’ampleur du mouvement, le fonds SPDR (le plus gros fonds au monde, adossé à de l’or physique) a enregistré dans la seule journée de jeudi une demande équivalente à 20 tonnes. Ce fonds détient à lui seul presque 1 900 tonnes d’or.

Le retour en force de l’aversion au risque, lié aux craintes de propagation de la crise de la dette et d’un risque croissant sur les banques a provoqué un "bain de sang" dans la plupart des classes d’actifs. Et comme je vous l’écrivais vendredi : le dollar et l’or sont les seuls survivants. J’ajoutais :

"958 euros l’once… 1 210 $… La tendance de fond haussière de l’or est inébranlable.

L’or, valeur refuge, assurance tous risques, s’en sort bien. Les capitaux à la recherche de protection fondent sur lui, alors même que le dollar rebondit.

La corrélation négative qui unit l’or au billet vert vole en éclats, tant le mouvement vers l’or est puissant….

Il enregistre des records absolus en livre sterling, yen, franc suisse, euro et revient à son top, même en dollar.

Préférez l’or au dollar comme valeur refuge :

- L’or, c’est de la "valeur" à l’état brut, du tangible, du solide (à condition d’acheter de l’or physique !)

- Le dollar, lui, n’est qu’un vulgaire bout de papier qu’on peut démultiplier à l’infini, et auquel sont adossées des montagnes de dettes".

Les perspectives ?

Si la tendance de fond reste résolument haussière, Sébastien Duhamel écrivait vendredi dans l’Investisseur Or & Matières que : "En dessous des 1 227 $, la configuration court/moyen terme est désormais négative. Nous pourrions être dans une correction significative…"

Si le repli se concrétise effectivement, ce serait une excellente opportunité pour acheter de l’or si vous n’en détenez pas.

L’argent n’a pas suivi l’or dans sa hausse. Il revient sur les 18 $ l’once. Plombé par la hausse du dollar.

Même constat pour les platinoïdes. Après une ascension ininterrompue depuis des mois (avec un top à 1 755 $ et 573 $), le fort rebond du dollar a sonné la fin de la récré. Platine et palladium cèdent du terrain. Le platine termine la semaine sous les 1 740 $ et le palladium à 505 $.

Cours à
3 mois
Vendredi
30/04/2010
Vendredi
07/05/2010
Variation/ semaine
 Aluminium* 2 209 2 091 -5,34%
 Cuivre* 7 395 6 919 -6,43%
 Plomb* 2 207 2 008 -9,02%
 Nickel* 25 895 22 220 -14,19%
 Etain 18 140 17 650 -2,70%
 Zinc* 2 280 2 080 -8,77%
 Acier (Méditerranéen) 530 495 -6,60%
 Or (spot) 1 179,30 1 208,00 2,43%
 Argent (spot) 18,64 18,4 -1,29%
 Platine (spot) 1 739,00 1 660,00 -4,54%

* cours en $ sur le LME à trois mois

3. Métaux de base : la "coalition gréco-chinoise" sape les fondements du marché des métaux
Plongeon de nos métaux (voir tableau ci-dessus). Les gains enregistrés sur les deux derniers mois ont été éradiqués en quelques séances.

Les causes du bain de sang ?

Le risque de contagion de la crise de la dette fait planer sur l’économie un sérieux risque de rechute. Et si rechute il devait y avoir, la demande de matières s’inscrirait en fort repli.

Autre facteur : le retour de l’aversion au risque fait s’envoler le dollar, ce qui pèse sur les matières négativement corrélées au billet vert — le prix des matières se renchérissant pour tout investisseur hors zone dollar.

Enfin, la hausse du taux de réserves obligatoires imposée par Pékin à ses banques limite un peu plus encore l’activité de crédit dans le pays. D’où un risque de ralentissement de la croissance chinoise et donc de sa consommation et de ses importations de matières (le pays est le plus gros consommateur de matières de la planète).

Accessoirement, la possible taxation par le gouvernement australien (à hauteur de 40%) des bénéfices des minières (pour financer les retraites) crée des tensions supplémentaires au mauvais moment sur le secteur.

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.