Belle semaine pour les marches actions. Le CAC revient au-dessus du seuil psychologique des 4 000 points, le Dax gagne 2,3%, le Nikkei 1,6% et le Dow 0,6%.
Côté chiffres pourtant, difficile d’y voir clair.
Certes, en Allemagne l’indice IFO du climat des affaires rebondit et une étude sur la consommation annonce sa stabilisation sur mars.
En revanche, aux Etats-Unis, les ventes d’immobilières sont décevantes, l’indice d’activité de la Fed de Chicago est en repli et l’indice Michigan de confiance du consommateur ressort tout juste stable…
Pas de quoi virer bull à tous crins !
Ce qui a fait la différence ? Le repli de l’aversion au risque.
1 – Ben Bernanke persiste et signe. De l’argent ? En veux-tu, en voilà. La politique monétaire est et restera accommodante. Voilà qui rassure les intervenants. Le grand jeu continue.
2 – L’Europe "sauve" la Grèce, et elle avec. Ce ne sont que des apparences, mais a priori ça suffit…
3 – Même Trichet s’y met, en affirmant que la BCE continuerait de prendre en pension les emprunts d’Etats notés jusqu’à BBB-, et ce jusqu’à fin 2011 (alors qu’avant, seule les notes A étaient acceptées, et que la dérogation temporaire sur les B devait s’arrêter fin 2010).
L’argent facile reste de mise. Rassurés pour quelques jours encore au moins, il n’en faut pas plus aux marchés pour retourner leur veste. Le dollar dévisse, les marchés actions et matières grimpent. La dégradation du Portugal par Fitch n’est plus qu’un vague et lointain souvenir.
Petit tour d’horizon du comportement de nos matières premières la semaine écoulée.
1. Energie : le baril se cramponne toujours autour des 80 $
Le cours du pétrole s’accroche aux 80 $. Chutant sous les 80 $ lorsque l’euro dévissait jeudi à 1,3286 $, et revenant à 81,40 $ avec le rebond de la parité à 1,3410 $. Rebond lié à l’apaisement grec.
La corrélation négative entre le billet vert et le baril joue à plein.
La forte hausse du stock hebdomadaire américain de pétrole (7,3 millions de barils !) a pesé sur les cours. Pour mettre les choses en perspectives, le niveau actuel des stocks est supérieur de plus de 6% à ce qu’il est habituellement en cette période (si l’on prend la moyenne des cinq dernières années).
"Cette hausse est bien au-dessus des attentes qui se situaient autour de 1,65Mb" nous dit Sylvain Mathon dans Matières à Profits. Il poursuit : "L’effet saisonnier a sans doute joué à plein (fin de l’hiver), mais cet accroissement — le plus important depuis 16 mois — s’explique aussi par le transfert des réserves stockées en mer (sur des tankers), depuis le début de la crise, vers des réservoirs on-shore.
Le résultat ne s’est pas fait attendre : le cours du brut texan, qui plafonnait sous les 84 $ depuis deux semaines, a connu des dégagements". [NDLR : Sylvain Mathon garde toujours un oeil rivé sur les cours du pétrole. Il a déjà permis à ses lecteurs d'accumuler des gains à deux chiffres grâce à l'or noir : n'attendez plus et profitez vous aussi de ses recommandations...]
Les perspectives ?
"Le Brent a buté à nouveau sous la résistance des 83 $ et poursuit sa consolidation", nous dit Sébastien Duhamel dans l’Investisseur Or & Matières. Sa conclusion ? "Nous attendons désormais une poursuite de la consolidation vers les 75 $ dans les prochaines semaines". [NDLR : Tous les moyens sont bons pour profiter d'une des plus belles hausses de l'or depuis un quart de siècle ! Nos spécialistes vous dévoileront tous leurs secrets pour accumuler les gains sur cette tendance rare : ne passez pas à côté d'une telle opportunité...]
"L’autre effet négatif qui pèse sur les cours du brut vient du marché des changes où le dollar connaît une nouvelle séquence haussière", nous dit Sylvain qui poursuit : " Suite à l’abaissement de la note de la dette portugaise par l’agence Fitch, l’EUR/USD a brutalement cédé du terrain, enfonçant son récent point bas des 1,35 : j’envisage maintenant un retour sur la zone des 1,25. Ce repli devrait assurément peser sur le prix du pétrole - et plus largement, sur l’ensemble des matières premières".
Vendredi en fin de journée, le WTI livraison mai cotait 79,97 $ le baril sur le NYMEX. Le Brent 79,27 $ sur l’ICE, même échéance.
2. Métaux précieux : l’or toujours au plus haut en euro
Forte pression baissière sur l’or, qui est revenu en milieu de semaine à 1 085 $ l’once alors que le dollar était au plus haut contre l’euro, sous les 1,33 $.
L’apaisement de la question grecque aidant, le dollar refluait fortement en fin de semaine, dopant au passage l’once d’or qui est aussitôt revenue sur les 1 100 $.
En euro, l’once évolue non loin de son record historique du 10 mars dernier. Au moment où je vous écris, il cote 824 euros.
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