C’est la tempête sur les marchés actions
A l’heure où je vous écris (13h30), le CAC perd déjà 5,8% à 4 793 points ! Dans des volumes gigantesques : 6 milliards d’euros traités à la mi-journée. Plus du double d’une journée normale. Capitulation ?
Et pourtant, la semaine dernière encore, les marchés étaient toujours tiraillés entre craintes récessionnistes aux Etats-Unis et espoir d’un rebond.
Ils ont l’optimisme dans le sang ! Ce qui me conduit à déduire que je dois avoir le pessimisme dans le sang. Depuis août, je vous alerte sur l’arrivée de la récession US. Maintenant elle est là.
Voilà belle lurette que j’ai vendu toutes mes actions, ne conservant que les matières premières en portefeuille. Comme je vous le dis depuis des mois : ce sont elles qui vous sauveront la mise.
Et maintenant ?
Ma crainte se porte actuellement sur la Chine : le seul "moteur de croissance" qui tourne toujours et sur lequel la planète Finance fonde tous ses espoirs. Ce moteur sauvera-t-il la planète économique de la crise ?
Pour l’instant, les investisseurs y croient — et jusqu’à très récemment, j’y croyais aussi.
Mais j’avoue que mon sentiment à ce sujet vire au noir au fur et à mesure que les voyants rouges s’allument dans l’Empire du Milieu.
Oui, je suis inquiète, franchement.
Quand je parle avec des industriels, et que ces derniers me disent que certaines usines chinoises gigantesques ont totalement arrêté leur production, j’avoue qu’un frisson me parcourt l’échine.
Quand je vois le gouvernement chinois bloquer les prix des principales denrées alimentaires (soja, huile de palme, riz…) à cause des émeutes qui se multiplient dans les rues, ça me fait froid dans le dos…
Quand je vois l’inflation qui s’emballe à plus de 6,5% et la manière dont la banque centrale chinoise, très peu expérimentée, traite le problème : je me dis "attention au contrecoup violent sur l’économie".
Et encore… qui vous dit que le chiffre de 6,5% n’est pas sous-évalué ? Les chiffres chinois, je les considère comme des ordres de grandeur, pas des données précises…
Quelque chose ne va pas en Chine
C’est une intuition — féminine certes, mais forte.
La Chine pourrait-elle s’arrêter de tourner ? Où ralentir fortement ? La réponse est oui.
Va-t-elle effectivement ralentir fortement ? Je n’en sais rien. La seule chose que je vois pour l’instant, ce sont certains clignotants qui passent du vert à l’orange, et de l’orange au rouge. Ce qui ne me rassure pas. Ce n’est pas le moment…
Heureusement, il me suffit de lire la presse financière du week-end pour doper mon moral ! Un véritable élixir de bonne humeur. Je vous la recommande. Mais n’en abusez pas…
Si vous l’avez lu, vous savez tout sur les valeurs massacrées la semaine dernière et sur lesquelles vous deviez ce matin vous ruer pour faire de « bonnes affaires ». Sauf qu’en ce moment, le CAC dévisse de 5,80% ! …
Energie : le brut en léger recul
Le pétrole a perdu cette semaine encore un peu de terrain, comme prévu. Le WTI cotait vendredi 90,97 $ livraison février sur le Nymex. Le Brent affichait 88,89 $ livraison mars sur l’ICE londonien.
Cette semaine encore, les investisseurs sont restés désorientés, dans l’incertitude, attendant de nouvelles données économiques clé. Ils sont manifestement très partagés quant à l’avenir de la croissance économique US. C’est finalement le marché actions qui a donné le ton.
Globalement, les craintes inflationnistes et de récession US ont largement fait pression sur les prix. Les investisseurs spéculant sur une baisse de la demande US.
Il aura fallu attendre la fin de la semaine pour voir les cours se redresser suite à l’annonce par Ben Bernanke d’un plan de sauvetage de l’économie US. Je vous rappelle qu’il a annoncé une dégradation de l’économie US pour 2008 et demandé à Bush un plan de soutien de la consommation de grande envergure : 140 milliards de dollars seront rétrocédés aux ménages, soit 1% du PIB du pays.
Métaux précieux : on souffle après la pluie de records lundi.
L’or a poursuivi sa forte hausse en début de semaine dernière, touchant les 914 $ l’once ! Franchissant du coup un nouveau seuil psychologique : les 900 $.
Tout le reste de la semaine, l’or aura progressivement perdu de son incroyable vigueur, le dollar se reprenant et l’annonce du plan Bush redonnant espoir aux investisseurs.
Le rebond du dollar est lié aux craintes de contagion de la récession à l’économie européenne. "Voilà qui pourrait obliger la BCE à baisser ses taux…" se disent les investisseurs. Le dollar profite, ce qui fait fléchir la demande d’or.
Livraison février, l’or affichait vendredi sur le Nymex 880,70 $. Cours spot : 880,60 $, toujours à New York.
L’argent a suivi l’or. Touchant un record lundi à 16,60 $ l’once. Puis refluant ensuite jusqu’à 16,06 en fin de semaine.
Même scénario pour le platine qui enregistrait lui aussi lundi un record historique à 1 592 $ l’once. La demande reste vive et les tensions en Afrique du Sud (80% de la production mondiale de platine) restent latentes.
Métaux industriels
Les métaux continuent de pâtir des craintes de récession US. Il faut dire que les chiffres n’ont pas été rassurants — à commencer par l’indice d’activité de la région de Philadelphia qui est un véritable "indicateur avancé" de l’évolution à venir de l’économie US. Il plonge de façon vertigineuse entre décembre et janvier. Un "piqué du nez" comme on en voit rarement…
Ajoutez à cela les pertes astronomiques des banques et les marchés qui plongent… Pas de quoi rassurer les investisseurs.
Dans ce contexte, le cuivre a plutôt bien résisté. N’oubliez pas que le cuivre est le chef d’orchestre du "complexe métaux" industriels. C’est lui qui donne le LA…
Les investisseurs sont tiraillés : d’un côté la récession va affaiblir la demande de cuivre (les mises en chantier continuent de plonger en décembre aux Etats-Unis). De l’autre, la Chine continue de faire miroiter aux yeux des investisseurs une "bouée de sauvetage" à laquelle ils pourront se raccrocher. L’économie chinoise continue d’absorber du cuivre et les stocks sont en baisse.
Pourvu que ça dure…
| Cours à 3 mois |
Vendredi |
Vendredi |
Variation / semaine |
| Aluminium* | 2 514 | 2 439 | -2,98% |
| Cuivre* | 7 300 | 7 141 | -2,18% |
| Plomb* | 2 625 | 2 590 | -1,33% |
| Nickel* | 28 650 | 28 775 | 0,44% |
| Etain | 16 305 | 16 450 | 0,89% |
| Zinc* | 2 390 | 2 355 | -1,46% |
| Or (spot) | 895,53 | 879,94 | -1,74% |
| Argent (spot) | 16,21 | 16,12 | -0,56% |
| Platine (spot) | 1 560,50 | 1 559,50 | -0,06% |
Soft Commodities: et c’est reparti pour un tour…
Les céréales US ont le vent en poupe. Rappelez-vous : elles avaient soufflé la semaine dernière — soufflé pour mieux rebondir cette semaine !
Le blé est reparti fortement à la hausse, poussé par une demande très forte. L’offre est trop insuffisante — ça, on le savait. Et maintenant on se rend compte que les fermiers américains n’augmentent que très peu les terres consacrées à la culture du blé. Voilà qui est de mauvais augure pour le rééquilibrage de l’offre et de la demande.
Les exportations US de blé ont ainsi doublé sur la semaine — tant la demande était soutenue !
Le soja et le maïs ont suivi la même tendance, affichant toutefois des hausses de cours moins significatives que celle du blé.
Reste à savoir comment le ralentissement économique pourrait impacter la demande mondiale de céréales. Il faut se poser la question.
Comme il s’agit de produits de base de l’alimentation, qui satisfont des besoins primaires, je ne pense pas que l’impact soit significatif. Il faut manger pour vivre !
En revanche, n’oubliez pas que les biocarburants participent à la définition de la tendance. De ce côté-ci, la demande pourrait s’atténuer… donc la pression sur les prix, s’alléger.
Livraison mars, le boisseau de blé cotait vendredi 9,60 $ sur le Cbot, le soja 12,54 $ et le maïs 4,98 $.
Perspectives
Etant donné le climat actuel, le cours du brut devrait continuer de refluer.
La spéculation autour du brut devrait cependant "contenir" la baisse.
Apprêtez-vous à voir les prix de l’or repartir à la hausse. A coup sûr notre ami Ben va baisser ses taux de 50 points de base le 30 janvier prochain — plongeon assuré du dollar en vue. Je parie sur un rebond de l’or au-delà de son dernier record.
Le cuivre ne va pas résister au climat actuel, son cours devrait lui aussi refluer.
Le blé et le maïs vont certainement poursuivre leur mouvement à la hausse. Alors que le soja devrait marquer une pause.


