Je vous expliquais hier pourquoi le charbon est la seule vraie alternative au pétrole. Approfondissons les facteurs clés qui FONT et feront l’avenir du charbon.
La Chine met la main sur le plus de charbon possible
Mais, surtout, la demande de charbon des pays émergents va continuer à progresser.
Notamment celle de la Chine qui représente déjà 50% de la demande mondiale de charbon, et qui devra alimenter sa croissance de quelque 9% au cours des prochaines années. Chaque année, ce sont près de 20 millions de personnes qui arrivent sur le marché du travail dans l’empire du Milieu, occasionnant une urbanisation qui fait exploser la demande énergétique.
Ceci explique l’offensive diplomatique de Pékin en Afrique, où les Chinois continuent à acquérir toutes les ressources naturelles sur lesquelles ils peuvent mettre la main.
A l’intérieur des frontières, la Chine va continuer à ouvrir une usine électrique à charbon par jour, selon The Economist.
L’Inde, l’outsider qui monte
Autre acteur important, l’Inde pèse pour 7,5% de la consommation mondiale de charbon. Mais la quantité de charbon qui y est consommée par personne est cinq fois moins importante qu’en Chine, estime Goldman Sachs, qui suggère un potentiel de croissance exponentielle.
La demande énergétique sera explosive
Globalement, après avoir déjà bondi de 40% depuis 1990, la demande d’énergie va encore augmenter de 30% à 40% au cours des 20 prochaines années, selon les estimations de Daniel Yergin.
Le charbon s’imposera grâce à ses atouts
Face à l’explosion de cette demande, le coût abordable, l’abondance et la fiabilité du charbon constituent des avantages indéniables, d’autant que des technologies plus propres sont en phase de développement.
Selon Gregory Boyce, des centrales électriques modernes émettant moins de gaz à effet de serre et sont capables de capter et stocker le CO2 peuvent remplacer des usines produisant 1 000 gigawatts actuellement.
Le charbon, premier combustible du futur ?
Pour le moment, le charbon reste la deuxième source d’énergie primaire, derrière le pétrole.
Sauf que la part du charbon continue à progresser, tandis que celle du brut est quasiment stable et que celle du nucléaire ou de l’hydraulique reste encore limitée.
Transformer du charbon en carburant automobile, c’est possible
Parmi les combustibles du futur, il est fort probable que le charbon ait sa carte à jouer. Transformer du charbon en carburant automobile, c’est possible. La technologie — le procédé Fischer-Tropsch — existe depuis la Seconde guerre mondiale, au cours de laquelle les armées allemande et japonaise ont passablement carburé au charbon.
Le “synfuel” (ou carburant synthétique) peut offrir un futur brillant, en particulier pour l’industrie automobile, mais aussi le chauffage des maisons et des usines.
Les Américains “sur le coup”
Les Américains s’y intéressent, préoccupés par les niveaux élevés du prix du pétrole et par la nécessité de diminuer leur dépendance aux importations de brut étranger, moyen-oriental en particulier.
Or il se trouve que le charbon contenu dans le sol du seul Etat de l’Illinois représente davantage d’énergie que tout le pétrole de l’Arabie saoudite. Et le coût de la conversion du charbon serait d’environ 25$ le baril, selon des industriels du secteur ; un niveau que le pétrole ne semble pas près de retrouver.
Le gros challenge : produire du charbon propre
Une seule difficulté demeure à surmonter : produire du carburant à partir de charbon génère beaucoup plus de dioxyde de carbone que si on utilise du pétrole ou du gaz naturel. Et pour le moment, les entreprises spécialisées dans la production de “synfuel” ne sont pas encouragées à stocker ce CO2, au-delà de la petite partie qu’elles peuvent vendre à l’industrie.
Si le charbon veut continuer à exister au-delà de 2030, il devra être plus propre.
La clé de ce brillant avenir ? La séquestration de CO2
C’est-à-dire l’enfouissement dans le sous-sol de quantités considérables de CO2 émises par le charbon. A l’heure actuelle, des projets de centrales au charbon moins polluantes et représentant 429 gigawatts d’électricité sont en construction, dont 36% sont situés en Chine.
Selon le World Coal Institute, les premières installations avec une technologie de captation et stockage du carbone fonctionnelle devraient apparaître en 2014. La course se dispute entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Chine. Aux Etats-Unis, justement, les gigantesques programmes de stimulus économiques ont affecté près de 3,5 milliards de dollars au développement des techniques de séquestration du CO2.
Et plusieurs Etats comme l’Illinois prévoient d’acheter directement l’énergie produite par des centrales qui permettront de capter le CO2.
Dans tous les cas, nous ne pouvons nous passer de charbon
Mais même au cas où le charbon ne devient pas propre avant quelques décennies, il demeurera une source d’énergie incontournable. Car les alternatives ne sont pas encore véritablement efficaces.
Bien sûr, l’évolution de la réglementation se fait en défaveur du charbon, pour des raisons de protection des populations et de l’environnement – et c’est évidemment une bonne chose. A moins de recouvrir chaque mur ou toit orienté au sud de panneaux solaires et d’obliger les compagnies électriques à acheter le courant ainsi produit au prix fort d’ici une dizaine d’années, la substitution tant attendue des sources d’énergie restera… tant attendue. Et la quantité de charbon consommée ne reculera pas.


