Le charbon : La seule vraie alternative au pétrole

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Vous cherchez une source d’énergie abondante, bon marché et efficace ?
Pas besoin d’aller chercher midi à quatorze heures : il suffit de trouver du charbon.

Le charbon demeurera la principale source d’énergie pour les usines électriques de la planète au cours des deux prochaines décennies.

L’augmentation de la demande mondiale d’énergie provient déjà des pays émergents, grands consommateurs de charbon — Chine en tête. Ce n’est pas moi qui prédis ce brillant avenir au charbon, c’est Daniel Yergin, lors d’une présentation remarquée au récent Congrès mondial de l’énergie de Montréal. Yergin est devenu mondialement célèbre avec son livre The prize : the epic quest for oil, money, and power,qui en a fait un gourou de l’énergie.

Au centre de sa thèse : le prix du pétrole. Et, contrairement aux adeptes de la théorie du pic de production (le fameux Peak oil), Yergin ne croit pas que nous allons en manquer prochainement. Il ne croit pas non plus que le charbon va remplacer le pétrole. Mais il a démontré que les atouts du charbon sont tels qu’il va rester une force dominante dans le paysage énergétique mondial.

Un tiers moins cher que le pétrole, le charbon va rester numéro un encore quelques décennies
Vous me connaissez : je ne suis pas une gueule noire, loin de là. Je suis sensible à la protection de l’environnement, et estime que la solution commence par nos comportements quotidiens. Je suis une source constante d’irritation pour mes proches, puisque je passe notamment mon temps à éteindre la lumière dans les pièces inoccupées des locaux que j’occupe ou visite.

Alors vous serez probablement surpris par le fait que je recommande aujourd’hui d’investir dans un spécialiste du charbon. Certains y verront peut-être une contradiction entre mes idéaux et mon travail dans la finance ; à mon sens, ils se trompent.

Même sans croire au Peak oil, vous savez que le prix du pétrole va atteindre de nouveaux sommets
Omniprésent jusqu’à maintenant, le pétrole avance chaque jour davantage vers un épuisement des ressources et une montée des prix. Et vous pouvez arriver à cette conclusion même si vous n’adhérez pas à la théorie du Peak oil.

La principale critique faite à la théorie du pic de production porte sur son côté malthusien. Elle fonctionne en circuit fermé et néglige l’innovation technologique, qui permettra d’exploiter des ressources auparavant inaccessibles. Et donc de repousser la date du pic fatidique.

Pic ou non, le prix du baril montera
Certes, de nouveaux champs pétroliers ont ainsi été découverts récemment, au large du Brésil, regorgeant de pétrole. Seulement pour extraire ces milliards de barils de brut, il faudra traverser cinq à six kilomètres d’eau (facile), quelques kilomètres de roches — déjà moins évident — et une bonne couche de sel, le tout dans des conditions de pression et de température hors du commun (là, ça se corse franchement).

En imaginant que les technologies qui permettront d’exploiter ces barils cariocas soient bientôt inventées — car elles ne le sont pas encore –, le coût de production de ce brut sera obligatoirement bien plus élevé par rapport aux cours actuels.

Deux autres facteurs qui militent pour un prix élevé du brut :
1. pour financer leurs activités d’exploration, les compagnies pétrolières ont besoin d’un cours du baril élevé. Or ce n’est pas vraiment le cas depuis qu’il est redescendu de son sommet de juillet 2008 à 147 $. Et avec les craintes sur la reprise économique mondiale, il ne semble pas orienté à la hausse à court terme. Ce qui repoussera l’arrivée sur le marché du pétrole ultra-profond brésilien ;

2. l’autre point à ne pas négliger est plus important pour le charbon. Le pétrole facile à extraire — et donc bon marché — est en voie d’extinction. Les pays de l’OPEP se gardent bien d’évaluer leurs réserves de manière réaliste ;

La reprise enfoncera définitivement le clou
Dès que la reprise économique mondiale semblera solide et que les principaux Etats seront parvenus à maîtriser l’explosion de leurs dettes publiques, la demande mondiale repartira de plus belle. La production, pénalisée par des années de prix relativement bas comme actuellement, ne pourra pas suivre.

Et que se passera-t-il ? Le baril bondira
Le sommet de juillet 2008 sera de toute évidence effacé des tablettes. Et les pays émergents auront toujours besoin de davantage d’énergie. Et où la trouveront-ils ? A la mine bien sûr. Dans les mines de charbon.

La seule vraie alternative au pétrole actuellement
▪ Premier avantage : son coût, relativement peu élevé. Sur les 15 dernières années, le prix de la calorie produite au charbon représente environ le tiers de ce que coûte une calorie produite par du pétrole, et environ la moitié du coût du gaz naturel.

▪ Deuxième avantage du charbon, par rapport aux autres sources d’énergie, explique Daniel Yergin : le charbon se trouve sur l’ensemble du globe. Contrairement au pétrole, les gisements ne sont pas concentrés dans un nombre limité de pays, avec les risques de goulet d’étranglement que cela suppose.

Les Etats-Unis, par exemple, possèdent suffisamment de charbon pour en consommer encore durant deux siècles, au rythme d’utilisation actuel. Et vous savez comme moi que les Américains ne sont pas exactement économes quand il s’agit de consommer — de l’énergie ou autre chose. Il n’en demeure pas moins qu’outre-Atlantique, les réserves de charbon sont largement supérieures à celles de pétrole et de gaz naturel.

De même, l’Australie produit 83% de son électricité grâce au charbon et si le gouvernement souhaite clairement limiter les émissions de gaz à effet de serre, il n’a pour l’instant pas exactement fait preuve d’empressement pour réduire drastiquement la part du charbon dans la production d’électricité, rappelle The Economist. Comment pourrait-elle se passer de cette ressource ?

L’Europe n’est pas en reste, niveau charbon. Le remplacement de centrales électriques vieillissantes passe de plus en plus par la construction d’unités de production fonctionnant au charbon, en particulier dans les pays qui refusent de recourir au nucléaire, comme l’Allemagne ou l’Italie. “Pour nous libérer du pétrole, qui devient de plus en plus cher, nous voulons convertir toutes les centrales électriques fonctionnant au pétrole en centrales à charbon utilisant des technologies propres“, expliquait en 2008 Gianfilippo Mancini, responsable de la production et de la gestion d’énergie chez Enel, le plus grand électricien d’Italie. Nous voulons montrer qu’il sera possible d’utiliser le charbon de manière durable et respectueuse de l’environnement.”

Je vous parlerai de l’avenir du charbon demain !

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Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d'Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits "'neutres au marché").Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire "Le Coin des Insiders"', qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L'Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l'énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).Il participe régulièrement au Billet du Trader et à l'Edito Matières Premières & Devises.

Marc Mayor met désormais toute son expertise financière, ses analyses et ses recommandations au service des investisseurs particuliers dans le cadre de sa nouvelle lettre d'information : La Lettre de Marc Mayor.