Le cuivre est un champ de bataille. Et les minières jouent cash

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L’or est à 1 520 $, l’argent flirte avec les 50 $, mais le cuivre n’est pas en reste. Il y a quelques semaines, le métal rouge battait un record historique, en franchissant largement les 10 000 $ la tonne.

Vous connaissez tous mon opinion sur le cuivre si vous me lisez régulièrement. Alors aujourd’hui, c’est moins du métal que des minières du secteur dont je voudrais vous parler.

Pourquoi ?

Parce que le secteur se consolide à toute vitesse. Se positionner sur les pépites susceptibles d’être rachetées par un “gros” du secteur n’est peut-être pas un mauvais calcul.

En attendant, le secteur se transforme en champ de bataille géant et à géométrie variable.

Objectif numéro un : mettre la main sur les ressources. Lisez plutôt…

Acte I, 28 février :
L’australien EquinoxeResources, l’un des plus gros producteurs de cuivre au monde, dégaine le premier, met en jeu 4,8 milliards de dollars, et lance une OPA hostile sur la minière canadienne Lundin. Lundin (cuivre, zinc, nickel, plomb) qui tentait désespérément de fusionner avec son compatriote Inmet pour grossir…

Pour information, Equinoxe détient de gros gisements de cuivre très convoités, en Zambie et en Arabie Saoudite.

Acte II, 20 mars
Tapis dans l’ombre, le géant chinois Minmetals sort du bosquet et lance soudainement une OPA hostile sur l’australien Equinoxe. Objectif : mettre la main sur son cuivre zambien.

Le Chinois met un pactole de 6,5 milliards de dollars sur la table pour empocher la mise.

Et l’attaquant devient proie… et en oublie sa proie !

Acte III, 28 avril : Opération BlitzKrieg…
Le géant canadien Barrick Gold entre dans la bataille par la grande porte. En mettant CASH 7,6 milliards de dollars sur la table. Il VEUT le cuivre dans sa panoplie, jugée trop aurifère (l’or fait 85% de son chiffre d’affaires). Equinoxe lui permettra de doubler sa production de métal rouge.

Le Chinois plie bagage et rentre au bercail. Barrick a décidément trop d’argent. Et le cuivre vaut de l’or…

L’équation est simple
▪ La demande de cuivre sera forte dans les années à venir. Urbanisation, industrialisation et mise en place des infrastructures dans les émergents obligent.

▪ Or l’offre est ne suit pas. Les gros gisements arrivent en fin de vie, la production et les teneurs diminuent.

Parallèlement, la relève n’est pas assurée. Les petits gisements qui vont bientôt produire, n’arriveront pas à satisfaire la demande.

En outre, l’accès aux ressources est de plus en plus coûteux, car les concentrations diminuent. Pour produire une même quantité de cuivre il faut donc casser de plus en plus de roches, creuser plus profond. Or au même moment, le prix de l’énergie et de la main-d’oeuvre augmentent.

▪ Déjà le marché est déficitaire, et le cuivre a dépassé 10 000 $ la tonne. Du jamais vu.

La consolidation du secteur et la mise en oeuvre de synergies deviennent donc indispensables…

A ce stade, deux solutions pour jouer la carte du cuivre
Les grosses minières peuvent :

1. se lancer dans de nouveaux projets miniers, mais ca peut prendre 10 ans avant de voir la première tonne de cuivre sortir de la mine… sans compter qu’il faut déjà avoir des concessions sur des sous-sols porteurs !

Impossible d’attendre. Le temps c’est de l’argent, et pour Barrick le cuivre, c’est de l’or. Voilà pourquoi il sort le chéquier et paie cash. Il préfère des stratégies du type :

2. racheter des petites minières qui produisent déjà, et consolider le secteur.

3. racheter des cibles qui ont les concessions et dont les forages ont attesté de la richesse des sous-sols. A partir de là, il ne reste plus qu’à injecter massivement de l’argent pour mettre en place les infrastructures et produire.

Que va-t-il advenir de la petite pépite Lundin ?
Le secteur du cuivre est en pleine concentration. Les minières Freeport, Teck Resources, Xstrata et Fisrt quantum rodent.

Rio Tinto et Vale ne sont pas loin non plus.

Et les géants chinois sont à l’affût de la moindre proie qui s’inscrit dans leur logique de sécurisation des ressources.

Lundin a un très beau portefeuille d’actifs. Qui donne envie…

Et cette minière n’est probablement pas la seule.

Vous voulez un avis ?
Scrutez et jouez les petites minières cuivre qui ont de beaux actifs à exploiter en portefeuille. La denrée est rare et très recherchée. Les réserves de fer et étain sont également très recherchées…

La consolidation du secteur ne s’arrêtera pas là…

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.

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