Quelque chose de troublant
Il y a quelque chose de troublant dans l’évolution des marchés ces derniers jours. Les chiffres sont bons, le moral revient, on recommence à créer des emplois en Australie et on en perd un peu moins aux Etats-Unis.
Pourtant, il faut bien dire que les indices se sont arrêtés nets hier sans raison véritablement apparente.
A quelques minutes de la clôture à Wall Street, alors que j’écris ces quelques lignes, le Dow Jones perd presque 1%.

Alors même qu’il y a encore quelques jours, on assistait à des hausses reposant sur des commentaires ou des enquêtes encourageantes, cette semaine, les volumes sont restés faibles et la méfiance s’est élevée. L’indice VIX l’illustre parfaitement sur la journée d’hier en passant de 23 à 24,6 en quelques heures.
Le dollar valeur refuge ?
Sans conteste, le dollar représente la valeur refuge par excellence comme le prouve sa corrélation négative avec l’indice Dow Jones par exemple, représentée sur le graphique ci-dessous.

Cependant, je pense qu’un autre phénomène va s’amplifier dans les prochaines semaines. On a rapidement oublié la théorie souvent avancée au tout début de la crise quand on parlait encore des Etats-Unis comme de la locomotive de l’économie mondiale.
Une majorité d’analystes défendaient la thèse que les Etats-Unis étaient les mieux armés pour rebondir les premiers.
Changement de sentiment en faveur des Etats-Unis
On est sans doute à l’aube d’un changement de sentiment en faveur de l’économie américaine.
Et quand on y réfléchit, les Etats-Unis sont dans un tel état qu’ils sont de moins en moins exposés à de mauvaises nouvelles.
En face, l’Europe reste à flot mais sans véritable dynamisme économique ni politique commune, le rebond, s’il a lieu, devrait être moins impressionnant.
Ce jeudi matin, la production industrielle en Zone euro a marqué le pas avec une progression décevante de 0,3% alors que dans le même temps, les chiffres de l’emploi américain étaient moins mauvais qu’attendus.
Je suis bien entendu conscient que la situation budgétaire des Etats-Unis est catastrophique avec une annonce d’un déficit record à 176,4 milliards de dollars. Mais les apparences et le dynamisme historique de l’économie américaine pourraient en surprendre sans doute plus d’un.
L’euro montre des signes de faiblesse
La monnaie unique a eu tôt fait de retourner sur 1,4820 qui est un niveau majeur de support alors que les places américaines perdaient du terrain.

Et si la tendance haussière n’est pas encore remise en cause sur l’euro/dollar, les graphiques et les autres indicateurs commencent à montrer des signes de faiblesse.
L’euro n’a pas réussi à franchir un nouveau plus haut (au-dessus des 1,5066) avant de se retourner ; symbolisant ainsi la fragilité que j’évoquais en début de semaine.
La clé pourrait se situer dans les chiffres du PIB que je ne connais pas encore alors que j’écris ces lignes.
Mais il est désormais impératif pour la monnaie unique de franchir les 1,5060 afin de confirmer sa vigueur et maintenir le cap vers les 1,53 puis 1,60.
Dans le cas contraire, nous surveillerons attentivement le comportement de la paire sur le support majeur à 1,4750.


