Hier, mes cousins m’ont appelé. Ils travaillent dans l’industrie mécanique lourde. Dans la fabrication de bus précisément.
Ils me demandaient comment la ville d’Athènes pouvait se payer les 200 bus qu’elle venait de leur commander, alors que partout dans les journaux on raconte que les Grecs sont endettés jusqu’au cou et que nous devons les aider…
Prise de conscience
Ce qui m’étonne le plus n’est pas que la Grèce achète des bus. Mais que mes cousins se posent la question du financement, alors que jusqu’à présent leur préoccupation était purement technique, à savoir comment doper la performance finale des nouveaux injecteurs et autres arbres à came…
Cette crise n’aura eu de positif que de "démocratiser" les profonds "problèmes structurels" des pays. Cette prise de conscience générale est un véritable atout pour les politiques, et une occasion unique de communiquer sur ces problèmes pour réformer le fonctionnement des Etats.
Tout le monde prend conscience que la dette est un vrai problème aujourd’hui.
Le FMI nie la situation
Tout le monde, à l’exception du FMI.
Malheureusement mes cousins ne travailleront jamais au FMI.
Ils n’auraient sans doute pas dit, comme M. Strauss-Kahn à propos des agences de notation :"Il ne faut pas trop croire ce qu’elles disent, même si elles ont leur utilité".
Mes cousins ont un peu d’amour propre.
Ce cher Dominique a dû trop bavarder avec notre ami Bernanke et le voici en proie à ce que je nommerai une "crise de Bernankite aigüe".
Nos dirigeants prennent trop l’habitude de régler les problèmes en les niant, purement et simplement.
Les agences de notation, en boucs émissaires !
Plutôt que de prévenir, d’essayer de préparer la population à des changements radicaux, afin que les Etats puissent revenir à un rééquilibrage des finances publiques, on préfère accuser les indicateurs qui seraient faussés.
Vous connaissez tous ici mon avis sur les agences de notation, "complices" de la crise lors des subprime, mais sans vouloir être l’avocat du diable, il serait quand même énorme que désormais on les accuse d’alarmistes, alors même que tout le monde connaît la dangerosité de la situation.
Sur le Forex, la prudence est de mise
Sur le marché des changes, la semaine a été calme pour les abonnés à Agora Forex (NDLR : Pour en savoir plus, cliquez ici). En effet, j’ai privilégié la prudence dans un marché nerveux, mais attentiste.
Hier, je leur écrivais mon sentiment sur la situation actuelle :
"Il est désormais très urgent d’attendre…
Le marché est "flat". Comme si les rumeurs, déclarations et contradictions l’avaient fatigué.
C’est sans doute le calme avant la tempête.
Il est aussi temps d’analyser concrètement la situation.
L’euro a certes fortement chuté face au dollar mais pas autant que les événements auraient dû le pousser. On peut donc imaginer que le dollar perd de sa vertu de "monnaie refuge".
Si l’euro a encore de la marge à la baisse, il va falloir être tout à fait prudent dans les jours qui viennent.
De plus, les institutionnels sont en train de "fabriquer" le marché, et la chute n’est plus très loin désormais sur les places actions. J’en reste convaincu.
Mais de là à dire que le dollar va en profiter, je n’en suis pas si sûr !
Je complèterais même en disant que les marchés obligataires et des changes ont une longueur d’avance sur les indices actions qui s’entêtent à ignorer les véritables dangers qui menacent l’économie mondiale.
Les indices vont chuter, je n’en doute plus. Et la difficulté est à la fois de trouver le bon timing mais aussi quelles seront les vraies corrélations inter-marchés pour en profiter sur le Forex."
L’euro à 1,20 $ ?
Le bal des analystes a recommencé.
Ce matin sur CNBC, un jeune analyste, parfaitement coiffé et au sourire éclatant nous a assuré que l’euro irait à 1,24. Il aurait même quelques contacts dans les banques qui anticipent 1,20 $.
Comme vous le savez, au-delà des indicateurs graphiques, l’un des meilleurs signaux est souvent le moment où tout le monde est d’accord.
Tournons-nous justement vers les graphiques qui, à ce jour, sont les seuls véritables outils permettant d’investir sur les marchés en reflétant très précisément leur sentiment et leur comportement.
Il faut bien reconnaître que la pression baissière est toujours présente, mais le niveau des 1,2880 me semble un objectif raisonnable et surtout qui va être difficile à franchir.
Pourtant, le rebond actuel pourrait se poursuivre
Comme déjà écrit plus haut, la situation peut difficilement être pire alors que la Grèce et l’Espagne ont vu leur note dégradée et que de nombreux pays inquiètent en Europe.
Mais il ne faut pas oublier non plus la situation assez problématique des Etats-Unis qui peinent à rebondir.

EUR/USD quotidien
Je pense donc que la zone de turbulence que j’évoquais dernièrement est toujours d’actualité.
La rupture des 1,32, que j’évoquais dans mon dernier article a bien eu lieu, donnant place à une accélération baissière furtive d’une centaine de pips.
Le rebond actuel de l’euro, pourrait ainsi ramener la devise au-dessus des 1,34 puis vers 1,38 pour tester la moyenne mobile 100 jours.
Ce scénario est à privilégier tant que nous ne passons pas sous 1,32 de nouveau.
Bons trades.


