Le krach obligataire couve. Couvrez-vous

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Nouvelle faillite d’un Etat souverain, krach obligataire, krach boursier, inflation… quelle calamité se produira d’abord ?

L’ordre n’est pas très important. L’or est une couverture contre chacun de ces événements qui nous menacent.

L’or, valeur refuge
Après l’Islande, Dubaï et la Californie, la Grèce. En attendant le suivant. Portugal ? Espagne ?

En attendant, l’or vient de battre son record historique à 1 226 $ et grimpe jusqu’à 1 233 $.

Datons le début de l’affaire grecque au 9 décembre, date à laquelle Fitch dégrade la note du pays. L’or cote alors 775 euros.

Pour un investisseur en euro, dépensant en euro et souhaitant protéger son épargne en euro, l’or a franchi ensuite la barre des 800 euros l’once, puis des 900 euros ; et grimpait hier jusqu’à 977 euros, un record absolu.

L’once a gagné 26% depuis le 9 décembre. N’est-ce pas le rôle de protection de l’or ?

[NDLR : Simone Wapler recommande depuis des années à ses lecteurs les meilleures valeurs pour profiter de la hausse du métal jaune. Profitez de cette envolée historique pour augmenter votre capital -- il suffit pour cela de suivre les stratégies hebdomadaires de notre spécialiste...]

Cette réaction prouve aussi la remonétisation de la relique barbare
Dans une crise importante, l’or redevient un refuge, il revient en concurrence pour ce statut avec le dollar.

Le 9 décembre, 1 euro achète 1,475 $.

Le 17 février, 1 euro achète 1,37 $.

Aujourd’hui, 1 euro achète 1,27 $.

L’euro a baissé de 14% par rapport au billet vert.

Le dollar est-il comme l’or, une valeur refuge en cas de grave crise ?
Pas si vite.

Le dollar ne paraît beau et haut, que parce que l’euro est sali et bas.

Que pèsent les 387 milliards de dollars de dette publique grecque face aux 8 778 milliards de dollars de dette américaine ? La Grèce pèse moins lourd dans l’Union européenne que la Californie (également en quasi-faillite) dans l’Union américaine.

A long terme, nous pensons que l’or surpassera le dollar et que ce dernier perdra son rôle d’étalon monétaire. Aucune monnaie fiduciaire ne peut, à l’heure actuelle, reprendre le flambeau.

Les monnaies fiduciaires dérivent dans un océan de dettes
Nous assistons à une dislocation géopolitique globale créée par la crise : 2010 et les années suivantes vont être caractérisées par un affrontement de plus en plus violent entre acteurs économiques (publics et privés), afin d’attirer les fonds nécessaires au financement de leurs activités et/ou déficits.

Retour aux sombres réalités économiques
La re-crise que je vous avais annoncée se précise. La croissance des pays occidentaux sera nulle ou, au mieux, anémique. Les Bourses dérapent, nerveusement, se reprennent et seront à nouveau désertées au premier couple risque/rendement qui semblera le plus alléchant.

Inflation des prix ou, au contraire, déflation des actifs ? Quel mal nous attend ? A ce stade, difficile encore de trancher. Une chose est sûre : l’or reste un abri dans les deux cas. D’ailleurs, déflation et inflation peuvent coexister. Nous n’en sommes pas loin au Royaume-Uni, avec un indice des prix à 3,5% et une régression du PIB de 3%. Différentiel : 6,5%.

Les gouvernements de tous bords multiplient jusqu’à il y a quelques jours encore les serments d’ivrogne. Un dernier petit verre de déficit nous remettra sur les rails, vous en aurez pour votre argent. Promis, juré, craché : on reviendra vers l’orthodoxie budgétaire demain.

Pendant ce temps, les banques préfèrent spéculer sur les marchés avec l’argent de leur banque centrale, plutôt que de prêter aux entreprises. Celles-ci, qui émettent leurs propres obligations, entrent donc en concurrence avec les Etats souverains.

Le krach obligataire couve
Presque tous les gouvernements (des pays riches de dettes) ont prévu d’augmenter leurs émissions obligataires en 2011. Il leur faut donc prouver, statistiques et calculs de risque à l’appui, que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Les projections budgétaires irréalistes s’enchaînent.

Il faudra continuer à émettre de nouvelles créances, selon un processus de "madoffisation" des finances publiques. Les dernières études d’Albert Edwards et de Dylan Grice, coresponsables de la stratégie de la Société Générale, démontent clairement ce processus.

Jamie Stuttard, directeur du secteur obligataire de Schroders, fait remarquer que la volatilité des obligations atteint depuis trois ans un niveau jamais enregistré depuis les années 1930.

Monétisation de la dette
Et voilà que la Banque centrale européenne passe à son tour le cap de la monétisation de la dette (vocable savant pour dire "création monétaire à partir de rien") en se mettant à racheter des obligations toxiques à grande échelle.

Monétisation des dettes grecques, espagnoles… TARP de 750 milliards d’euros pour aider les Etats sur la pente glissante du défaut de paiement et éviter le krach des marchés financiers et la rechute des économies…

Couvrez-vous !
L’or est une couverture en cas de crise monétaire, bancaire et de krach obligataire. Une position d’or physique ou, éventuellement, de certificat émis à partir d’une réserve d’or physique est, à ce stade de la crise, indispensable.

Investissez.

Dans le cas des minières, l’or est également un investissement. La production est en diminution. En 10 ans, elle a régressé de plus de 9%. Les minières devraient vous procurer un bénéfique effet de levier en progressant plus vite que le prix de l’once d’or.

Article paru dans le numéro 71 de MoneyWeek.

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Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l'ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu'elle met au service des abonnés de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

Elle aborde les marchés avec l'oeil du professionnel, de l'ingénieur, de l'industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d'avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles -- un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l'offre et de la demande.

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