Vous aimez le « grand huit » ? C’est parfait. Alors vous allez aimer le marché du maïs. Il monte à toute allure… et hop ! Demi-tour, il plonge à la verticale. Arrivé en bas : braquez à fond, toutes turbines dehors… et c’est reparti pour un tour.
Bon, certes, je caricature. Mais la réalité n’est pas si éloignée… C’est un marché qui ne laisse pas indifférent. Et si je me penche aujourd’hui dessus, c’est qu’il y a peut-être une opportunité à saisir…
Commençons par le commencement…
Le parcours du maïs a été passionnant en 2006, avec un gain de 90%. La hausse s’est poursuivie jusqu’à fin février, le cours touchant alors quasiment les 4,50 $ le boisseau sur le Cbot. Son plus haut depuis 10 ans ! C’est en effet en juillet 1996 que le boisseau avait atteint 548 cents.
Le moteur de cette superbe envolée du maïs ? La forte croissance de la demande. Voyez plutôt :
Hausse de la consommation mondiale
La population mondiale croît et s’enrichit, notamment en Inde et en Chine, mais aussi sur les continents américains : or, le maïs sert à l’alimentation humaine (vos corn flakes, les tortillas…) et surtout à l’alimentation du bétail dont la demande est en forte hausse. Eh oui, nous mangeons de plus en plus de viande !
Vous me direz que Chinois et Indiens mangent peu de maïs. Certes, mais les poulets dont ils ingurgitent des quantités astronomiques se nourrissent de maïs !
Forte croissance de la production d’éthanol
La demande d’éthanol (fait aux Etats-Unis à partir du maïs) s’envole. Ethanol qui vise à remplacer progressivement l’essence dans les réservoirs automobiles. Ceci pour lutter contre la pollution, l’effet de serre et la disparition progressive du brut.
La consommation d’éthanol devrait croître de 33% en un an. L’éthanol a englouti l’an passé 20% de la production nationale de maïs contre 6% seulement en 2000. Et G. W. Bush veut développer cette filière et y mettra les moyens. Donc la tendance va se poursuivre.
Pourquoi le maïs a-t-il chuté depuis son point haut atteint il y a 4 mois ?
D’abord, rappelez-vous que les USA ont un rôle clef sur ce marché, puisqu’ils produisent 40% du maïs mondial et représentent 70% des exportations mondiales de maïs.
Or, les prix du maïs étaient au plus haut, et les agriculteurs américains ont massivement planté du maïs cette année, au détriment du blé et du soja notamment. L’appât du gain…
Tous les rapports de l’USDA confirmaient l’intuition des investisseurs : accroissement des surfaces agricoles + météo clémente = boom de l’offre. Forcément, le cours du maïs s’est mis à baisser, revenant vers les 3,50 $ le boisseau début avril. Fin du premier épisode…

Acte II, scène 1 : Le maïs repart vers ses plus hauts, avant de dévisser violemment.
Courant mai, l’accumulation de bonnes nouvelles a permis au maïs de revenir fin juin vers ses sommets. Exportations américaines en hausse, rapport de l’USDA sur la météo et la possible baisse de la productivité des champs de maïs… le voilà qui repasse au-dessus des 3,50 $ pour revenir vers les 4,25 $ !
Acte II scène 2 : Et là, patatras… violent décrochage.
Qui a mis le feu aux poudres ? Unrapport officiel américain, selon lequel les surfaces cette année consacrées au maïs, sont en hausse de 19% précisément, soit 93 millions d’acres supplémentaires. Jamais on n’avait autant planté de maïs aux USA depuis… 1944 ! Un record absolu. Et c’est surtout bien plus qu’anticipé.
Immédiatement, le cours décroche de façon spectaculaire et enfonce tous ses seuils de support à la baisse, revenant à 3,25 $.
Le marché a-t-il sur-réagit ? C’est probable…
Dites-vous bien que les fermiers américains ne sont pas fous. S’ils ont planté du maïs, c’est qu’il y avait une demande bien réelle attendue. Et cette demande est toujours là. Elle ne s’est pas volatilisée !
Partout aux Etats-Unis, on construit des usines de fabrication d’éthanol. Il va bien falloir satisfaire cette demande qui devrait à mon avis s’afficher en hausse de 20% cette année.
Quant à la demande de maïs (autre que pour l’éthanol), elle ne va pas s’envoler en fumée — au contraire, elle est bien là. Vos enfants ne vont pas s’arrêter de manger des corn flakes ; et on ne va pas non plus mettre les millions d’élevages de poulets à la diète !
Certes, l’offre va croître, mais la demande aussi… voire même plus !
Par conséquent, le décrochage actuel sera certainement mis à profit par les investisseurs matières premières pour se renforcer ou prendre position à bon compte.


