Profitons de notre rendez-vous hebdo pour faire le point sur l’évolution des matières premières la semaine dernière, et sur leurs perspectives.
Métaux précieux
L’or a gagné des points ! Ce qui ne m’étonne pas car les fondamentaux à long terme sont favorables. L’once a gagné 2% sur les quatre premiers jours de la semaine, avec un pic à 666 $ l’once, jeudi. Une hausse qui a entraîné des prises de bénéfices vendredi.
Un coup à la hausse, un coup à la baisse… que voulez-vous ? Ce sont les caprices du marché ! Dormez sur vos deux oreilles. Ce qui compte ici, c’est le long terme. Et là, je suis positive.
L’once d’argent affiche une très légère hausse sur la semaine, à 13,18 $. C’est un marché de joueurs. A court terme, un repli n’est pas à exclure. Mais à long terme, l’argent a du potentiel.
Métaux industriels
15 jours que je vous le dis et vous le répète ! Il faut vendre le nickel, mieux, le jouer à la baisse ! Et bien ça y est. Il a perdu 11,5% sur la semaine, à 43 050 $ la tonne sur le LME. Et croyez-moi, ce n’est pas fini…
En cause, la hausse brutale des stocks de 38% sur 5 jours. Nous avons devant nous une belle bulle et tôt ou tard, elle doit éclater. Les bulles ne sont-elles pas faites pour cela ? Alors profitez-en !
Le cuivre reprend de l’éclat, rougissant de plus belle à la vue de sa hausse. Il cotait vendredi soir 6 735 $ la tonne sur le LME et atteint un plus haut en trois mois. Et pour cause : 11 jours consécutifs que les stocks baissent. Voilà qui met du baume au coeur des investisseurs !
Les chinois se remettent à acheter du cuivre avec vigueur. Pourquoi ? Pour construire bien sûr. Des routes, des rues, des maisons, des immeubles… Il y a tant de gens à satisfaire.
Imaginez un peu : la demande chinoise de métaux industriels a doublé en un an. Et n’oubliez pas que c’est le plus gros consommateur mondial de métaux. Bel impact !
Autre grand gagnant de la semaine : l’étain, en hausse de 3,6%. Mêmes causes, mêmes conséquences : baisse des stocks et hausse de la demande chinoise. Et voilà notre étain qui atteint les 14 345 $ la tonne sur le LME toujours.
Energie
Le brut revient sur le devant de la scène, avec une belle remontée. Le Light Sweet Crude Oil continue sur sa lancée ce matin, cotant à midi 62,77 $ le baril sur le Nymex, contrat mai.
Pourquoi donc cette hausse ? Parce que les américains se remettent à sillonner les routes de leur beau pays. La demande d’essence est en forte augmentation. Le printemps leur donnerait-il des envies de voyager et de prendre l’air ?
Et comme par-dessus le marché la capacité de production des raffineries US augmente à 86,3%, forcément les stocks de brut en amont diminuent. Ce qui profite aux cours.
Côté Iran, les choses ne s’arrangent pas. Même la Russie et la Chine ont finalement donné leur accord pour intensifier les sanctions à l’encontre de l’Iran. C’est dire !
La détention par les iraniens d’une équipe de 15 soldats britanniques depuis vendredi ne va faire qu’enflammer la situation. N’oubliez pas que l’Iran est le 2ème producteur mondial de brut. Un pouvoir incroyable dont l’Etat abuse tant qu’il peut !
Soft commodities
Le maïs est resté inchangé, à 4,05 $ le boisseau, livraison mai. Les spéculateurs n’ont eu aucune nouvelle à se mettre sous la dent pour jouer les montagnes russes. Du coup, l’attentisme a prévalu, d’où les faibles volumes en jeu.
Le blé a gagné quant à lui 2% sur la semaine, avec un contrat à mai cotant 4,62 $ le boisseau. Mieux : les fonds se sont mis à acheter du blé en fin de semaine. Auraient-ils ouvert les yeux sur le potentiel long terme du blé ? Pour moi, la hausse à long terme du blé ne fait aucun doute.
Troisième semaine consécutive de hausse pour l’avoine, à 2,93 $ le boisseau. Soit un gain de 6,5%. Il est au plus haut depuis des mois. Ici aussi, les fonds ont poussé l’avoine à la hausse.
Le soja profite toujours du maïs, dont l’envolée des prix sur les derniers mois a subjugué les fermiers américains qui ont massivement privilégié le maïs au soja en terme de plantations. Du coup, la récolte de soja pourrait s’avérer en baisse significative. Et ça lui profite ! Que voulez-vous, ainsi va le monde…
Il affichait vendredi 7,73 $ le boisseau, livraison mai.
Perspectives
Quel sera l’impact de la décision de la FED la semaine dernière sur les matières premières ? Difficile à dire…
Je suis à la fois optimiste et pessimiste. La réaction de la FED sous-entend une crainte quant à l’évolution de la croissance de l’économie US à court terme. Or si la croissance américaine ralentit, ce n’est pas bon pour les marchés des matières premières. En revanche, la fin du biais haussier est un signal positif, puisqu’il devrait doper la croissance américaine à moyen terme.
Voici donc comment je vois les choses : il se peut dans un premier temps que nous assistions à une pause momentanée. Histoire de reprendre du souffle. Avec, dans un deuxième temps (2008-2009), un redémarrage significatif. L’avenir me dira si j’ai vu juste.
Quoi qu’il en soit, à long terme la hausse l’emportera. Les matières premières sont dans un super-cycle haussier. C’est certain. Que la tendance haussière soit constituée de hauts et bas successifs est dans la nature des choses.
Je vous livre l’avis de notre spécialiste des matières premières Simone Wapler (rédactrice de Vos Finances). Elle est du même avis que moi. « Accrochez-vous à vos stops » recommande-t-elle à tous ceux qui ont suivi ses très profitables recommandations…
Coté brut, l’Iran va continuer de soutenir le marché. La tendance sur l’uranium reste au beau fixe.
Concernant l’or, il faut surveiller le marché immobilier américain. Son ralentissement peut entraîner un ralentissement économique national et donc entraîner le dollar à la baisse. Ce qui profitera à l’or.
Le cuivre devrait poursuivre sur sa tendance haussière, tout comme l’étain. En revanche, je reste franchement vendeur sur le nickel.
Côté maïs et blé, le marché ne devrait pas évoluer. Il attend le 30 mars prochain le rapport américain sur l’état des marchés agricoles (le USDA). Les choses se débloqueront alors à la hausse ou à la baisse à ce moment là.
Pour le moyen terme, je suis très réservée sur le maïs dont la bulle devrait se dégonfler. Et je suis positive sur le blé à long terme.
Le soja étant corrélé au brut, devrait afficher une bonne tenue à court terme.
Enfin, le dollar a lâché du lest la semaine dernière, perdant du terrain face aux gr
andes devises internationales. Il cote ce matin 1,325 $ pour un euro. Sa baisse est favorable aux matières.


