Par Matt Badiali, correspondant américain spécialisé dans les matières premières
Le grave tremblement de terre de la semaine dernière a eu pour conséquence un tsunami qui a forcé 11 des 53 centrales nucléaires japonaises à fermer.
Trois des centrales les plus endommagées ne parviennent plus à refroidir les barres d’uranium. Et lorsque l’on ne parvient plus à refroidir le combustible, on ne parvient plus à contrôler la réaction nucléaire, ce qui provoque une fusion.
Le New York Times a déclaré qu’il s’agissait de l’accident nucléaire le plus grave depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Cet événement avait fait chuter les prix de l’uranium de 57%.
Effondrement des cours
Toutes ces mauvaises nouvelles ont également fait baisser en flèche les prix de l’uranium. Le cours de l’uranium, que je surveille en permanence, a chuté de 25%. Mais quoi qu’il se passe au Japon, l’énergie nucléaire n’a pas dit son dernier mot.

Mais malgré cela, la situation du secteur de l’uranium est chaotique. Oui, les petites entreprises ont chuté jusqu’à 50%. Même CAMECO, le géant des mineurs uranium, a chuté de 30%.
Pourtant, le monde ne peut pas se passer de nucléaire
Le monde a besoin de bien plus d’électricité que ce qu’il est capable de produire aujourd’hui. Les pays occidentaux consomment environ 7 000 kilowatt/heures par personne et par an. Pour la Chine et le Brésil, ce chiffre n’est que de 2 250. Pour l’Inde, il est de 500 seulement.
Et pourtant, le Brésil, la Chine et l’Inde s’enrichissent de jour en jour. Ils veulent eux aussi regarder des films en streaming sur Internet et profiter de tous les avantages d’un style de vie plus aisé. Pour satisfaire ces nouveaux besoins, il faudra augmenter la quantité d’énergie disponible.
Recherche électricité… désespérément
Pour ce faire, il n’y a qu’une seule solution et le nucléaire en fait partie. La Chine, qui compte construire 60 nouvelles centrales nucléaires au cours de la décennie qui vient, ne va pas changer d’idée à cause de ce qui s’est passé au Japon…
Ni l’Inde, d’ailleurs, où 40 nouveaux réacteurs devraient être construits dans les 20 prochaines années. Ces deux pays ont désespérément besoin d’électricité et le nucléaire représente une partie très importante de leur stratégie pour l’obtenir.
La demande restera entière
Mais voilà : les 56 réacteurs japonais consomment près de 8 000 tonnes d’uranium par an. Si 11 d’entre eux sont éteints, 1 570 tonnes ne seront pas utilisées cette année, soit 2% environ de la consommation mondiale. Pas vraiment de quoi suralimenter le marché.
Les centrales nucléaires en activité partout dans le monde auront toujours besoin d’uranium. Des centrales en passe d’être construites en Chine et en Inde auront également besoin d’être approvisionnées.
Je ne pense pas que nous soyons en train de constater une volte-face dans la grande tendance de l’industrie énergétique.
Que faire de vos actions uranium ?
Mais maintenant, que faire si vous détenez déjà des actions sur l’uranium ?
Le plus important, c’est de surveiller vos stops suiveurs. Même si je pense que nous avons presque atteint le point le plus bas en ce qui concerne les actions dans ce domaine, et même si la plupart des ventes sont liées à la panique plutôt qu’à des fondamentaux à long terme, nous ne pouvons pas prédire l’avenir.
Pas d’acharnement thérapeutique : vendez s’il le faut uniquement.
Mais a priori, la centrale de Fukushima semble progressivement “revenir sous contrôle”. Donc la probabilité est forte que vous puissiez conserver.
Tenez-vous prêt à reprendre position
Soyez plutôt prêt à vous replacer sur le marché une fois que celui-ci aura vraiment atteint son point le plus bas. La centrale de Fukushima vient d’être à nouveau reliée au réseau électrique. La situation devrait commencer à se rétablir dans les prochains jours…
Il se pourrait bien qu’il s’agisse là de notre meilleure opportunité d’achat d’actions sur l’uranium. Une fois que la poussière sera retombée, nous aurons toujours besoin d’énergie… et nous aurons toujours besoin d’uranium.




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