Le marché est devenu fou !
Comment miser sur la hausse du pétrole ? Avons-nous atteint le Peak Oil ? Quand atteindrons-nous les 150 $ ?…
Les questions fusent de toutes parts, la mayonnaise monte et "le marché est devenu fou" nous dit un représentant de l’OPEP.
Les spéculateurs font flamber les cours du pétrole. Tout le monde en parle : il suffit d’ouvrir les journaux, d’écouter la radio… A quand le brut en prime time à la télé ?
Posons-nous cinq minutes et prenons un peu de recul face à toute cette agitation, afin d’y voir plus clair…
Les futures crient "pénurie droit devant nous !"
Les futures à trois mois sur le WTI viennent d’atteindre les 135 $ ! Soit une hausse de 40% depuis le début de l’année. Fulgurant !
Pour moi, cela ne fait aucun doute, à long terme le cours du pétrole atteindra les 200 $, puis certainement les 300 $ et même beaucoup plus. Je dis bien à long terme. Et pour vous prouver que ce ne sont pas des paroles en l’air, sachez que les futures à horizon 2016, cotent actuellement 442 $ sur les marchés à terme !
Le message que nous font passer les marchés financiers est très clair : nous courrons à la pénurie. Raréfaction des ressources, Peak Oil tout proche, épuisement des gisements, hausse des coûts d’extraction… au moment même où la demande va être explosive !
On s’en doutait depuis longtemps mais aujourd’hui le marché en prend acte
Comme le dit l’un des gérants de BlackRock : "La Chine consomme aujourd’hui moins de pétrole par personne que les Etats-Unis en 1905 (…). Si la Chine et l’Inde devaient porter leur consommation par tête au niveau actuel des Etats-Unis, ces deux pays à eux seuls auraient besoin de 160 millions de barils par jour, deux fois plus que l’offre disponible aujourd’hui" (environ 87 millions de barils).
L’issue ne fait aucun doute : ce sera la hausse. Tout le monde le sait depuis longtemps. Mais aujourd’hui le marché en prend enfin acte.
L’écart entre offre et demande ne cesse de se resserrer.
Alors que L’Agence internationale de l’énergie escomptait pouvoir atteindre en 2030 une production de 116 millions de barils/jour, elle semble revoir en ce moment ses estimations en très forte baisse. Nous ne serions pas capables de passer les 100 millions de barils jour à terme. Soit à peine plus qu’aujourd’hui.
Or entre 2002 et 2010, la demande passera de 12 millions à 89 millions de barils/jour. Elle devrait atteindre en 2020, les 106 millions de baril/jour et en 2025, les 115 millions. Les trois-quarts de la hausse étant le fait des pays émergents.
Le trou entre l’offre et la demande est béant. Les marchés frissonnent. Les cours grimpent.
Tout va bien dans le meilleur des mondes, vous dit-on…
Quelles sont les conséquences de cette hausse brutale des cours du brut ?
Les deux précédents mois ont été fort agréables. Tout le monde s’accordait à dire que la crise financière était derrière nous, que la crise économique serait bien moins grave que prévue, juste quelques soubresauts à prévoir… rien de plus !
Conséquence : depuis deux mois, les indices boursiers voient la vie en rose.
Ne vous laissez pas entraîner par les "beaux parleurs"
Les acteurs du marché ont décidé qu’à l’avenir les choses ne seraient plus jamais comme avant.
Car "avant", lorsque le cours du pétrole grimpait, les indices boursiers reculaient. Les investisseurs anticipant de moindres résultats pour les entreprises, leurs marges étant sous pression.
Aujourd’hui, tout cela n’est plus d’actualité. Les traders ont décidé qu’une hausse très significative du cours du brut n’empêchait pas une hausse des cours des indices. Effectivement, depuis deux mois, bourses et brut grimpent en parallèle.
Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Pensez au boom de la "nouvelle économie", il y a dix ans. On nous expliquait alors que dorénavant, il n’y aurait plus de cycles économiques comme par le passé. L’économie ne connaitrait donc plus qu’un seul sens : la hausse. Vous connaissez la suite…
Ouvrons les yeux : nous assistons à un rebond dans un marché globalement baissier
Avec un euro à 1,58 et un brut à 135 $, pouvez-vous imaginer un seul instant que les marges des entreprises ne seront pas impactées ! Je n’y crois pas un instant. Tôt ou tard, les analystes devront revoir leurs prévisions à la baisse et les indices boursiers corrigeront.
Et encore, s’il n’y avait que cela… Jetez donc un coup d’œil à la consommation US ou française, au resserrement du crédit outre-Atlantique et, dans une moindre mesure, en Europe, à la multiplication des défauts de paiement des entreprises, à la crise immobilière la plus grave aux Etats-Unis depuis 50 ans ou à l’inflation qui grignote le pouvoir d’achat.
Non, tout n’est pas aussi rose qu’on veut bien nous le faire croire.
Ce à quoi nous assistons sur les marchés actions depuis deux mois n’est probablement rien d’autre qu’un rebond temporaire, au coeur d’une correction de moyen terme entamée l’été dernier.
Soyez prudent…
La météo fixera le cours plafond du brut dans les six mois à venir
On entend de tout ! Les estimations à six mois vont de 70 $ dollars le baril à 200 $.
Mon avis ? Cette fourchette est totalement justifiée.
80 $ dollar est un plancher absolu. Nous n’irons jamais en deçà, effet de cliquet oblige. L’offre satisfaisant actuellement la demande, le pétrole devrait fondamentalement afficher un cours de 80 $. Malheureusement les marchés sont anxiogènes et hyper stressés !
En revanche, impossible de vous donner une limite supérieure. Car nous entrons dans la période des ouragans. Il suffirait d’une nouvelle tornade Katrina pour propulser le baril largement au delà des 150 $. Dame Météo fixera le prix maximum selon son humeur…
Tôt ou tard la bulle se dégonflera
Il suffit de regarder le graphique du brut pour s’en convaincre. Et que se passe-t-il quand il y a une bulle ? Tôt ou tard, elle finit toujours par se dégonfler.
La période des ouragans se termine en septembre/octobre. Jusque là, le marché restera probablement tendu. Mais ensuite, nous devrions assister à une consolidation.
J’espère voir revenir le cours du brut vers les 115 $. Ce serait déjà pas mal. Voire jusqu’à 100 $.
Mon conseil :
Première chose à faire : relevez vos stops sur tous vos titres corrélés positivement, de près ou de loin, au cours du pétrole. Vous verrouillez ainsi vos gains latents.
Je déconseille d’entrer aujourd’hui sur le pétrole. A moins de parier sur le passage d’un ouragan dévastateur ! Mieux va
ut attendre un pullback. Il viendra tôt ou tard, au plus tard au début de l’automne. Soyez patient.
Eventuellement, si vous détenez des certificats sur le pétrole, ou des warrants, prenez partiellement vos bénéfices. Vous concrétisez ainsi une partie de votre plus-value.


