Le pétrole cher commence à faire son effet…

| |

Ça y est ! On rue dans les brancards !
Le pétrole cher commence à modifier les comportements. Pris à la gorge, les grands consommateurs de brut se posent enfin les bonnes questions, celles qu’ils auraient dû se poser depuis des années déjà. Ils rectifient le tir et adaptent leur stratégie. Regardez :

Les vieux avions trop coûteux partent à la casse
Après American Airlines, qui a déjà mis à la casse 85 avions trop gourmands en kérosène, c’est au tour de United Airlines de se séparer de ses 94 avions les moins économes en énergie — sa facture de kérosène ayant gonflé de 3 milliards de dollars avec la hausse du cours du brut. Même combat chez Continental Airlines qui va retirer 67 de ses avions de la circulation.

Voilà qui va faire les choux gras de Boeing et d’Airbus
Ce que les compagnies aériennes recherchent depuis peu, ce sont des avions qui consomment moins et qui sont donc plus respectueux de l’environnement. Ces changements de stratégie vont faire les choux gras de Boeing et d’Airbus qui ont déjà fait de cette problématique l’un de leurs axes stratégiques de développement.

Marche arrière toute !
Regardez General Motor ! Fini les pick up, les gros 4×4 et autres hummer qui consomment 22 litres au cent — et à condition de rouler cool et d’avoir un moteur bien réglé !

Volte-face des axes stratégiques de développement : dorénavant l’offre s’adaptera à la demande. Et celle-ci veut des autos plus petites, qui consomment moins. Cap également sur les véhicules hybrides et bientôt 100% électriques.

La planète ne s’en portera que mieux !

Même les postiers s’y mettent
Ils suivent des formations pour apprendre à conduire plus "cool". Objectif de La Poste : réduire de 8% sa facture annuelle de carburant. Sachant qu’elle consomme quelque 76 millions de litres de carburant par an, le jeu en vaut la chandelle ! Et la planète n’en respirera que mieux.

Même mon conjoint me parle moins du 4X4 qui lui ferait tant plaisir. Voilà des mois que je me bats contre l’irruption d’un véhicule aussi polluant dans le cocon familial. Il a tendance à oublier qu’il habite à Paris et non pas dans la brousse africaine. Et si cela ne suffit pas, l’argument choc tombe, implacable : c’est le 4×4… ou moi !

Mon regret ?
Tout ceci va dans le bon sens. La seule chose que je regrette, c’est que les changements de stratégie et de comportement se font sous la pression, dos au mur — the hard way — alors qu’ils auraient dû émaner d’une réflexion stratégique qui aurait dû avoir lieu depuis des années ! Tout le monde savait que le prix du baril allait monter, tôt ou tard.

Que de temps perdu…

M. Jancovici nous proposait une solution idéale…
Sa théorie se base sur le principe suivant (principe que nous vérifions en ce moment même !) : c’est en augmentant le coût du carburant que les comportements changeront, que la demande de brut baissera et que la pollution sera moindre.

Voilà pourquoi ce brillant polytechnicien préconisait un système de taxation du prix de l’essence, de manière à faire progressivement monter le prix du litre de carburant — sur plusieurs années — afin que les comportements puissent s’adapter en douceur.

Nous avons opté pour la pire des solutions
Nous aurions pu faire les choses en douceur. Nous avons préféré nous retrouver devant une soudaine — et inéluctable — envolée du prix du brut qui s’impose du jour au lendemain à tous.

Rupture, appauvrissement, choc, souffrance… voilà ce qui est en train de se passer. Et dire que nous aurions pu arriver au même résultat "tout en douceur". Ah ! Si seulement les politiques écoutaient un peu plus les scientifiques ! Ils ont tant de bonnes idées.

La nature humaine est ainsi faite
Nous savons ce qui va se passer mais ne faisons rien pour nous adapter et esquiver le danger. Préférant attendre, recevoir une claque et se faire prendre au piège.

Le piège de l’envolée du brut n’est pas bien grave. Du point de vue de l’environnement, il est salutaire. D’autres pièges, devant nous, sont bien plus dangereux…

Je vous laisse en compagnie de Thomas qui va vous dire jusqu’où il voit grimper le prix du brut à court moyen terme. Le cours du brut, qui était revenu à 122 $ cette semaine, vient de rebondir à 130 $.

Author Image for Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.