Prévoir l’évolution des marchés ? Impossible !
Va-t-il y avoir récession, oui ou non ? Inflation ou déflation ? Va-t-on résorber la crise du crédit oui ou non ? Que vont faire le yen et le carry trade ? Où va le dollar… que d’interrogations !
Et en plus, les indicateurs économiques qui tombent jour après jour partent dans tous les sens. Un coup ils déclenchent l’optimisme, un coup la chute des marchés… Comment voulez-vous raisonnablement prévoir ce qui va se passer sur les marchés avec ça ! C’est tout bonnement impossible !
Une chose est certaine : les nerfs sont à vif sur les marchés et les sur-réactions sont systématiques. Difficile pour les opérateurs de prévoir ne serait-ce que le court terme, alors le long terme…
Même les super-calculateurs finissent par tourner en rond
Et pourtant, vous n’imaginez pas combien d’ordinateurs super-puissants sont en train de calculer toutes les probabilités et scénarii possibles.
Les modèles quantitatifs ont beau turbiner à plein régime, ils ne trouvent pas la solution !
Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas eux qui vont nous protéger en cas de baisse à venir des marchés. Et pour ma part, vous connaissez ma position, je suis très sceptique quant à l’évolution de la croissance américaine. Alors que faire ?
Gagnez de l’argent concrètement
A défaut de prévoir le lendemain sur les marchés et d’enregistrer à coup sûr des gains financiers substantiels, profitez concrètement de certaines données économiques pour gagner de l’argent… en économisant !
Utilisez les bas et les hauts des actifs qui vous concernent personnellement - autrement dit : il serait trop dommage de se rendre compte en plein hiver que votre cuve de fuel est vide, votre chauffage mort, alors qu’il fait dehors 0°C et que les cours du fuel domestique sont au plus haut de l’année ! Or justement…
Recul des stocks américains
Les stocks de brut étaient il y a quelques jours en fort recul aux Etats-Unis. Les réserves de pétrole affichaient un repli de 3,5 millions de barils alors que les opérateurs s’attendaient à un repli de 1,25 millions de barils. Même son de cloche pour l’essence dont le stock est amputé de 3,6 millions de barils (contre 1,7 Mio. attendus).
Vous imaginez un peu la précision des anticipations ! Comment voulez-vous vous positionner correctement sur les marchés comme cela ?
En revanche, le stock de fuel domestique est en hausse de presque 1 million de barils. Personne n’y porte actuellement d’intérêt, jusqu’à ce que le grand froid se réveille…
Les investisseurs s’angoissent déjà
Déjà, les investisseurs voient dans la hausse probable du prix de l’essence un facteur supplémentaire d’inflation. Ce qui est aussitôt interprété négativement par les marchés.
Et le dernier chiffre concernant la capacité de production du vieux parc américain de raffineries n’est pas là pour nous rassurer. La capacité s’affiche à nouveau en baisse de 1,3%. Ce qui veut dire que la production d’essence baisse alors même que les stocks fondent ! Ce n’est pas bon du tout.
Et le risque d’ouragan plane toujours
Ce n’est pas tout. Les ouragans se suivent et ne se ressemblent pas. On en attend encore quatre d’ici la fin de la saison, selon les météorologues et statisticiens. Etant donné leur réussite dans les pronostics, disons qu’on doit encore s’attendre à plus ou moins quatre ouragans.
Conséquence : le brut repart à la hausse
Alors même que la plupart des analystes annonçaient la semaine précédente que le Brent passerait largement sous les 70 $ le baril, voilà notre bon vieux Brent qui rebondit à 72 $. Vous parlez d’une précision !
Reste à savoir comment tout cela va continuer ?
Flou artistique sur la suite des évènements
J’ai beau regarder les graphiques à court terme dans tous les sens et sous tous les angles, sincèrement, je n’en tire pas grand chose. Du flou, encore du flou, rien que du flou… il en devient presque artistique !
Et à moyen terme ? Humm… Ce n’est guère mieux. J’ai essayé de voir s’il y avait une « saisonnalité ». Les cours ne chutent-ils pas habituellement en août ?
Souvent, mais pas nécessairement… Rien de suffisamment tranché en tout cas pour tenter de se positionner clairement. Le 3ème trimestre était haussier en 2002, 2004 et 2005, mais baissier en 2003 et 2006.
En conclusion
Le marché n’en faisant qu’à sa tête, le cours du brut va dépendre de facteurs ponctuels, extrêmes et imprévisibles comme le niveau des stocks, les ouragans, ou les crises régionales comme au Nigeria.
Et comme je n’ai pas de boule de cristal, je ne peux vous donner mon sentiment. Il est tout simplement inexistant. La seule chose dont je suis absolument certaine, c’est que la tendance de fond à long terme pour le pétrole est haussière !
En attendant d’y voir plus clair sur les marchés, n’oubliez pas de remplir votre cuve à fuel…


