Le pétrole devrait maintenant consolider

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Pas de doute… le plan Geithner enthousiasme les investisseurs
Avez-vous déjà essayé de comprendre vraiment dans le détail le fonctionnement de ce plan ? J’ai essayé, et j’avoue avoir finalement dû renoncer devant tant d’opacité. A vrai dire, j’ai tendance à me méfier des choses dont je ne comprends pas bien le fonctionnement…

Fuyez l’hypercapitalisme débridé et il revient au galop !
Ce plan n’est ni plus ni moins qu’un méga hedge fund, dont l’objectif est d’utiliser un effet de levier maximum, effet de levier basé sur des fonds publics et qui doit profiter à des spéculateurs friands de plus-values.

Le plus étrange, c’est que la question de fond subsiste. A savoir : quelle valeur donner aux actifs pourris. Si elle est trop faible, on plombe les bilans des banques qui ne le supporteront pas. Si elle est trop élevée, le risque qui pèsera sur les frêles épaules du contribuable américain en sera renforcé et il sera plus difficile d’attirer le chaland pour se débarrasser de ces actifs…

Mais la question n’a pas eu l’air de soucier les investisseurs, occupés à jouer le mouvement haussier jusqu’à son maximum et tant que cela est possible.

Côté nouvelles économiques, elles sont globalement "meilleures" que prévues. Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont bonnes. Nuance… de taille. Toutefois, nuance que les marchés ne voient pas.

Par exemple, les commandes de biens durables américains affichent un rebond de 3,4% sur février ; le niveau des demandeurs d’emploi aux Etats-Unis se stabilise. Mais la casse reste significative : 652 000 demandes d’emploi sur le mois comme le mois dernier, c’est énorme. 80 000 destructions d’emploi en France en février…C’est mieux que les 90 000 de janvier, mais de là à susciter un élan haussier sur les actions… je m’interroge.

Tout ceci fait donc rebondir les marchés actions… Le CAC reprenant ainsi 18% depuis le 9 mars dernier…

Vous connaissez mon opinion…
Je pencherais pour un rebond technique plutôt que pour un retournement réel de tendance. Il me semble prématuré du dire que nous en sommes à la fin du cycle baissier sur les marchés, tout simplement parce que je ne crois pas à une sortie de crise à la fin de l’année. Trop tôt…

Tant que la consommation américaine ne repartira pas, il sera difficile d’envisager un rebond de l’économie. Et pour que le consommateur reparte frénétiquement en direction des magasins comme tous les grands dirigeants de la planète le souhaitent, il faudrait : primo qu’il se désendette ; secundo qu’on arrête de le licencier… Et ça, ce n’est pas pour demain.

L’autre pavé dans la mare est venu de Chine
Elle ne supporte plus d’être le dindon de la farce, ce en quoi je la comprends. Les Chinois sont les premières victimes collatérales de la politique quantitative de la Fed. L’extension du bilan de la Fed, la planche à billets qui tourne à pleine vapeur… la Chine voit ses dollars se déprécier et sait qu’à moyen/long terme la tendance ne sera que plus marquée encore du fait de l’inflation à venir, quasi incontournable… D’où son idée de changer de monnaie de référence, pour une monnaie plus stable. Monnaie qui servirait aux échanges de matières premières…

En clair et sans décodeur, la Chine ne veut plus dépendre du dollar, assis sur un Etat surendetté et en déroute.

Voilà qui a profité en début de semaine à l’euro, mais surtout aux matières premières et aux devises matières comme le dollar australien…

Vendredi, la question du dollar ayant clairement été écartée du G20 à venir, et la faiblesse des indicateurs économiques en provenance de la Zone euro pesant sur l’euro, le dollar regagnait du terrain.

Revenons à nos matières.

1. Energie : une consolidation est nécessaire
Le pétrole est une fois de plus en hausse sur la semaine, le WTI atteignant vendredi un point haut de quatre mois à 54,60 $ le baril à New York.

Livraison mai, le baril WTI terminait la journée de vendredi à 52,32 $ sur le NYMEX et le Brent à 51,97 $ sur l’ICE.

Premier facteur de soutien : la faiblesse du dollar, qui toutefois s’atténuait en fin de semaine.

Second facteur de soutien : l’OPEP continue de mettre en oeuvre la baisse de production décidée en décembre dernier. D’après l’institut de recherche privé Oil Movements, l’OPEP aura réduit d’ici au 11 avril prochain sa production à 22,23 millions de barils par jour. Soit 770 000 barils de moins par jour que le mois dernier. Un point bas depuis cinq ans.

Mais soyons objectifs : il est vital d’entamer un mouvement de consolidation. La récente envolée du baril a été trop forte et trop rapide pour perdurer. Un retour sur les 50 $ ne m’étonnerait pas.

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D’ailleurs, les stocks américains de brut restent à des niveaux stratosphériques et la demande pour l’instant ne redémarre pas.

WTI depuis trois mois en US</p>
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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.