Les Etats-Unis vendent leur gaz, profitez-en !

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Le gaz fait son grand retour !
C’est peut-être l’énergie fossile la plus discrète. Moins polluante que le charbon, le gaz naturel ne s’enflamme pas à chaque tension au Moyen-Orient. Les cours ont même perdu 8% sur le marché spot européen depuis un mois.

Pourtant, la demande de gaz n’arrête pas de s’accroître depuis 2010. A tel point qu’une résorption plus rapide que prévue de la bulle gazière est attendue.

De quoi faire naître des ambitions côté américain !
Les Etats-Unis, excédentaire grâce aux gaz non conventionnel, se verraient bien fournir du gaz aux pays demandeurs, asiatiques et européens en tête.

Plusieurs stratégies s’offrent à eux. Vous pouvez profiter de chacune en suivant ces quelques lignes.

Attention, le gaz de schiste vous rendra pauvre en France, mais riche dans le Pacifique ! En France, le gouvernement décide unilatéralement et sans préavis de mettre un terme à toutes les formes d’exploitation du gaz de schiste. Au même moment, Obama fonce à toute vapeur et à coups de milliards de dollars sur ce créneau : priorité absolue à l’indépendance énergétique.

Une consommation explosive dans les pays émergents
Les gaziers se frottent les mains ! Le secteur vient d’enregistrer une hausse des ventes de 4% en 2010. Mieux, le niveau de la consommation vient de dépasser les niveaux d’avant 2008. La crise semble enfin surmontée !

L’éclaircie est bien entendu venue d’Asie. La consommation chinoise a connu une croissance de 25% en 2010. Elle a été suivie par l’Inde et la Thaïlande, qui ont tous les deux connu une demande à plus de +10% !

L’OCDE participe aussi à la reprise du secteur.

Les prix compétitifs du gaz en 2010 et le rebond de l’activité industrielle ont conduit les industriels à reprendre les importations. Signe du redémarrage, l’Algérie a vu ses exportations augmenter de 25% en direction de l’Italie.

Le GNL : une croissance de 10% en 2010 !
Les acteurs du secteur recommencent à investir.

Devant la reprise économique, les échanges internationaux de gaz naturel ont décollé. Les échanges par gazoducs et surtout par méthaniers ont enregistré des croissances de 10%.

Le secteur du GNL (gaz naturel liquéfié) aurait connu une croissance de 20% sur l’ensemble de l’année 2010 ! Les records historiques de baisse de 2009 paraissent bien loin…

L’Asie se prépare à importer du gaz naturel
Le succès du GNL devrait se confirmer jusqu’en 2015. 95 milliards de mètres cubes devraient être installés sur cette période.

Sans surprise, c’est la demande asiatique qui tirera les investissements. L’Asie comptera pour 37 milliards de mètres cubes de cette nouvelle capacité, dont 20 milliards en Chine. Dans les années à venir, des terminaux importateurs devraient voir le jour en particulier en Chine, à Singapour et en Thaïlande.

Au total, la consommation de GNL devrait croître de 6% par an jusqu’en 2015. Or sur la même période, l’offre GNL ne pourra augmenter que de 3%/an…

Réallocation du mix énergétique favorable au gaz
▪ Le gaz va bénéficier des incertitudes liées au pétrole. Le marché du pétrole est décidément un marché à part. Alors qu’aucune pénurie n’a été enregistrée depuis le début de la crise libyenne, et que l’Arabie Saoudite a docilement répété les messages d’apaisement des Américains, le Brent a pris 31% en 2011. Qui a dit que le pétrole était une affaire de fondamentaux ?

▪ Comme si ça ne suffisait pas, le charbon flambe depuis quelques mois. Ici pas de mystère, les fondamentaux sont là : la Chine a dévoré le marché en 2010.

▪ Quant aux affres du nucléaire… je n’insiste pas. Vous savez où je veux en venir…

De quoi redonner tout son attrait au gaz, dont la part dans le mix énergétique des pays va aller croissant. Peu de spéculation, plus de diversification, une offre à disposition, le gaz est LA valeur sûre du fossile !

La bulle gazière se dégonflera plus vite que prévue
C’est la conséquence inéluctable : la bulle gazière, gonflée par l’excès d’offre GNL et des shale gas, et qui avait envoyé les cours au tapis, pourrait disparaître dès 2013.

Et encore, cette prévision de Cedigaz date du début d’année. L’impact de la crise libyenne n’avait pas été pris en compte.

Surtout, la catastrophe japonaise devrait également jouer un rôle important. En se détournant du nucléaire, le Japon va accélérer la recomposition du mix énergétique international vers davantage de gaz.

Déjà premier importateur de gaz en Asie, Tokyo devrait multiplier les installations gazières dans les années à venir.

Jouez la grande divergence des marchés
Devant la hausse de la demande, attendez-vous à voir les opportunités se multiplier.

De mon côté, je vois une opportunité majeure : la divergence des prix !

Alors que le marché américain croule sous les excédents, l’Asie et l’Europe sont constamment obligés de renégocier à la hausse les prix de leurs importations.

Le résultat : un différentiel de cours de 4,5 $/Mbtu entre les trois marchés du gaz (Etats-Unis, Asie et Europe).

Retenez ceci : le premier Américain qui réussira à exporter du gaz américain en Asie ou en Europe remportera la mise.

Et devinez quoi ? Les projets commencent à sortir des cartons.

Le gaz non conventionnel aiguise les appétits aux Etats-Unis
Ce sont les fameux shale gas qui permettent aux Américains de bénéficier d’un prix du gaz faible.

Alors que depuis quelques années la production gazière pique du nez dans le golfe du Mexique, les shale gas compensent largement ce ralentissement. Sur l’ensemble de l’année, la production américaine seule pourrait encore croître de 20%. Vous l’avez compris, les stocks américains n’ont jamais été aussi élevés !

Du coup, les industriels américains cherchent à tout prix à profiter de l’aubaine.

J’ai repéré pour vous deux stratégies dont vous pouvez profiter :

  • La stratégie America first

Il s’agit d’utiliser ce gaz dans l’industrie américaine pour remplacer en partie le pétrole. L’avantage : réduction des prix de l’énergie + réduction de la dépendance étrangère.

Des compagnies spécialisées dans les infrastructures gazières comme Westport Innovations and Clean Energy Fuels représenteraient alors de bonnes idées d’investissements.

  • La stratégie plan Marshall

Il s’agit de fournir le gaz nécessaire aux marchés qui, soit manquent de gaz (Asie), soit le paient trop cher (Europe). Des compagnies comme Apache Corp ou Cheniere Energy Partners sortiraient alors gagnantes.

Dans cette stratégie, tous les acteurs spécialisés aux Etats-Unis dans la construction de ports méthaniers et de méthaniers seront un bon placement.

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

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