Les matières corrélées aux marchés actions dans la tourmente

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Cette semaine, l’évolution des marchés des matières premières a été étroitement corrélée à celle des marchés actions. L’émotion, la spéculation et les craintes quant à a récession économique ont pris le pas sur toute tentative d’évaluation rationnelle de la situation.

A la phase d’euphorie des deux premiers jours de la semaine — avec des hausses qui ont été en partie alimentées par des rachats de positions vendeuses –, a succédé un repli important des cours, les marchés craignant maintenant la récession. Car si les craintes quant à la crise bancaire s’atténuent, les restrictions de crédit continuent de mettre à mal l’économie réelle et alimentent la spirale baissière.

Notez aussi que la production industrielle des Etats-Unis a fortement chuté en septembre, avec un repli de 2,8% (son plus fort recul depuis 1974), alors même que les analystes tablaient sur un recul de 0,8%.

L’indice de confiance des consommateurs américains continue de s’enfoncer fortement, et se dirige vers un nouveau record. Quant aux nouveaux permis de construire et aux mises en chantier, ils continuent de baisser aux Etats-Unis.

Inutile de vous dire que le ralentissement de la production industrielle et celui de l’immobilier affectent de plein fouet la demande de matières premières, métaux de base et pétrole en tête…

1. Energie : forte volatilité
Après l’euphorie des deux premiers jours de la semaine dernière — les cours du WTI revenant alors à 83,60 $ le baril livraison décembre –, les cours du brut se sont ensuite tassés pour atteindre un point bas jeudi, à 68,90 $.

Comme le dit Sylvain Mathon dans Matières à Profits : "Déjà plombé par les chutes des indices actions, le prix du pétrole a continué son plongeon suite à la parution des statistiques sur les stocks américains en nette progression (+5,6 millions de barils contre 3,1 millions attendus). L’équation est simple : hausse des réserves = baisse de la demande.

Le marché se rend compte que le resserrement drastique du crédit pèse toujours plus sur la demande en hydrocarbures…

Face à l’urgence et afin d’enrayer la chute des cours, l’OPEP a décidé d’avancer au 24 octobre la réunion qui devait se tenir le 18 novembre."

Voilà pourquoi, en fin de semaine, le cours du WTI se stabilisait à 73,24 $ livraison décembre sur le Nymex. Et le Brent à 70,75 $ sur l’ICE londonien.

Et maintenant ?

Selon Marc Dagher dans L’Investisseur Or & Matières : "Nous sommes maintenant passés sous notre objectif des 70 $ le baril et la configuration plaide désormais pour une poursuite du déclin actuel. Sans écarter un rebond technique intermédiaire, nous attendons donc de nouveaux plus bas sur l’or noir."

Nicolas Rémy résume ainsi la situation dans Signal Matières & Devises : "Les facteurs fondamentaux qui soutenaient jadis la hausse des cours (demande supérieure à l’offre, tensions géopolitiques dans les pays producteurs, dollar en pleine déconfiture) jouent désormais en sourdine et laissent s’exprimer pleinement le ralentissement économique qui pèse de tout son poids sur la demande de pétrole".
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Concernant le gaz naturel, il a touché un plus bas à 6,40 $ avant de repartir à la hausse.

Selon Nicolas, nous pourrions même être à l’aube d’un retournement : "La chute spectaculaire amorcée durant l’été semble vouloir marquer le pas d’un point de vue technique. Les cours viennent buter désormais sur une oblique ascendante en place depuis septembre 2006 tout en présentant des divergences haussières sur les indicateurs".

2. Métaux précieux : décrochage
"En fin de semaine, l’or a perdu près de 50 $, refluant sous les 800 $. Dans l’esprit des opérateurs, il semble que la diminution du prix du pétrole et la poursuite de la hausse du dollar l’emportent désormais sur les menaces pesant sur le système bancaire. L’intervention concertée des banques centrales a diminué l’attrait de l’or comme refuge anti-inflationniste." nous dit Sylvain Mathon.

Les débouclages de positions en urgence des fonds spéculatifs se poursuivent. Objectif : générer du cash par tous les moyens. Ils en viennent même à vendre leur "bouée de sauvetage". Juste un chiffre : jeudi, l’ordre de vente d’un seul fond spéculatif a fait perdre plus de 40 $ à l’once en quelques minutes !

Ces fonds sont les plus gros perdants de cette crise car, contrairement aux banques, ils ne bénéficient d’aucun support ni d’aucune injection de liquidités.

Dernier point : le plongeon soudain du cours de l’or en fin de semaine dernière est notamment le fait de ventes massives d’or des banques centrales… Difficile d’anticiper correctement les variations de cours du sous-jacent dans de telles conditions.

Sur le marché comptant à New York, l’or terminait la semaine à 786,40 $ l’once. Ce matin, il cote 804 $ l’once. J’y reviendrai dans le détail.

Cours de l'or en US$ l'once
Cours de l’or en US$ l’once

L’argent a suivi l’or dans sa baisse. Il est maintenant clairement passé sous la barre psychologique des 10 $. Ce qui est de mauvais augure. Pour Sylvain : "L’enfoncement des 9,59 $ me ferait craindre une forte décrue jusqu’à la zone des 6 $." Soyez prudent !

Le platine et le palladium continuent de souffrir de la mauvaise santé du secteur automobile, notamment en Europe et aux Etats-Unis.

Cours à
3 mois

Vendredi
10/10/2008

Vendredi
17/10/2008

Variation / semaine

 Aluminium* 2 215 2 205 -0,45%
 Cuivre* 4 790 4 810 0,42%
 Plomb* 1 475 1 440 -2,37%
 Nickel* 12 175 10 800 -11,29%
 Etain 14 100 13 000 -7,80%
 Zinc* 1 794 1 230 -17,84%
 Acier (Méditerranéen) 380 275 -27,63%
 Or (spot) 890,80 788,00 -11,54%
 Argent (spot) 11,50 9,50 -17,39%
 Platine (spot) 998,10 868,00 -13,03%

* cours en $ sur le LME à trois mois

3. Métaux de base : l’alerte rouge est maintenue
Après une semaine effroyable, lundi et mardi ont été deux journées euphoriques. Cela dit, les cours se sont à nouveau tassés en seconde partie de semaine, perdant les gains enregistrés en début de semaine. Le nickel et le zinc ont particulièrement été touchés.

Le rebond du cuivre est à mettre à l’actif des importations chinoises qui ont repris le chemin de la hausse en septembre. Elles se sont élevées à 132 978 tonnes contre 108 049 tonnes en septembre2007. En outre, des menaces de grèves chez Freeport Mc Moran au Pérou ont également soutenu les cours.

Cours du cuivre en US$ la tonne sur le LME
Cours du cuivre en US$ la tonne sur le LME

Le nickel continue de s’enfoncer. Selon l’International Nickel Study Group, la demande de nickel poursuit sa contraction, à 105 600 tonnes en août, pour le cinquième mois consécutif. Sur le même mois, la production s’élève à 128 100 tonnes. On reste donc excédentaire.

A noter que le plomb a fait un bond de 7% jeudi, après l’annonce d’une baisse des stocks sur le LME de 1 650 tonnes.

Côté acier, la douche froide est venue d’ArcelorMittal qui prévoit une réduction temporaire de sa production pouvant aller jusqu’à 15% ! En cause (entre autres), le fort repli du secteur automobile, grand consommateur d’acier.

4. Soft Commodities : les bonnes nouvelles sont venue des exportations américaines
Alors qu’en début de semaine, les grains faisaient du sur place, leurs cours ont finalement dérapé mercredi, dans le sillage des marchés actions et des autres matières premières.

Le contrat maïs échéance décembre est ainsi tombé jeudi à 3,75 $ le boisseau à Chicago. Le même jour, le soja livraison novembre chutait jusqu’à 8,30 $ le boisseau. Et le blé, toujours livraison novembre à Chicago, dégringolait à 5,45 $ le boisseau.

Cours du boisseau de ma</p>
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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.