Ces derniers jours, comment se sont comportées nos matières premières sur fond de baisse du dollar — l’euro/dollar a franchi lundi les 1,50 $ –, d’indicateurs économiques très mitigés et de repli des marchés actions ?
Fort bien ! Cette semaine, les investisseurs sont assis sur un petit nuage jaune, sur fond de ciel vert !
Petit tour d’horizon…
1. Energie : le seuil psychologique des 80 $ enfoncé
La semaine dernière, le WTI a franchi les 80 $ le baril, flirtant jeudi avec les 82 $.
Oui, notre baril est sur un nuage, un nuage porté par la dégringolade du dollar qui a franchi mercredi les 1,50 $ pour un euro.
De là-haut, il ne voit même plus les nouvelles macro-économiques mitigées comme la hausse du chômage américain ou les indicateurs de la construction immobilière américaine peu rassurants. En revanche, l’implacable vitalité de l’économie chinoise l’éblouit.
Les perspectives ?
Maintenant, il faudrait que le stock de brut américain, toujours à des niveaux très élevés, diminuent fortement, donc que la demande s’affiche résolument en hausse ; et que les indicateurs macro-économiques attestent d’une réelle embellie de l’économie dans les semaines à venir, si l’on veut voir le brut se maintenir à ces niveaux, voire se diriger vers les 90 $ comme l’envisage Sylvain Mathon, rédacteur de Matières à Profits, dans son analyse technique.
Ce matin, le WTI ouvrait à 81,26 $. Et au moment où je vous écris, le Brent cote 78,70 $ sur l’ICE de Londres.
2. Métaux précieux : l’or s’offre une pause et les platinoïdes explosent
Cette semaine, l’or s’offre un répit bien mérité, clôturant vendredi à 1 054,80 $ sur le marché spot de New York. Prises de bénéfices…
Notre once évolue en range entre 1 050 $ et 1 068 $ depuis son pic à 1 070,80 $ le 14 octobre dernier.
La faiblesse du dollar et des taux d’intérêt restent ses principaux moteurs de hausse, avec l’envolée du prix du baril et la demande d’investissement. Les ETF or attirent les investisseurs comme des aimants. Il n’y a qu’à regarder les volumes qui affluent vers eux pour s’en convaincre.
Comme le dit Simone Wapler, rédactrice de l’Investisseur Or & Matières : "De toute façon, le cours de n’importe quel canard boiteux monte en ce moment. C’est de la folie"… Oui, tout monte à l’unisson : les actions, les matières premières, l’or, le pétrole, le chômage. Il n’y a guère que le dollar qui baisse. Et justement, c’est bien là que se trouve le problème. Les taux d’intérêt sont bas, des quantités de monnaies considérables ont été injectées surle marché et l’économie financière recycle ce papier dans… l’économie financière. Vu sous cet angle, la seule hausse à peu près fiable serait celle de l’or.
Quant aux perspectives de l’or ?
"Du point de vue de l’analyse technique et des calculs de projection qui en découlent, la sortie d’une figure de continuation telle que le fameux triangle d’or, laisse présager de très beaux jours à venir. Aussi, tant que le niveau de stop situé sur l’overlap des 1 020 $ l’once n’est pas nettement enfoncé, un nouvel élan vers le prochain objectif de projection situé sur les 1 100 $ est attendu dans l’immédiat", nous dit Marc Dagher, analyste de l’Investisseur Or & Matières.
L’argent se maintient non loin de ses récents sommets à 18,09 $ le 14 octobre. Profitant lui aussi de la faiblesse du dollar et de la demande industrielle qui repart.
Vendredi, l’once d’argent a terminé la semaine à 17,65 dollars. Et actuellement, il cote sur le spot new-yorkais 17,68 $ l’once.
Les platinoïdes restent définitivement à la fête et se reprennent très fortement depuis quelques temps déjà. Tirés par l’once d’or, par la baisse du dollar et surtout par la reprise de l’activité du secteur automobile dont ils sont très dépendants.
Ainsi, le platine est venu flirter avec les 1 378 $ l’once vendredi, et le palladium avec les 341 $ mercredi.
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