Les matières premières ont-elles vu qu’il y avait un krach ?

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leadimg

Les matières sont-elles décorrélées des marchés actions ?
C’est parfois ce que l’on peut penser en regardant l’indice CRB Reuters, le panier de matières premières de Reuters.

Dès début août, ce panier a chuté avec les marchés actions, au plus fort du krach. En une seule semaine, l’indice a perdu 7%. Et il a repris ses gains en une vitesse record. Une semaine après, l’indice avait récupéré 4,4%.

Thomson Reuters/Jefferies CRB Commodity Index (CRY:IND)

Thomson Reuters/Jefferies CRB Commodity Index (CRY:IND)

Si on le compare au krach des indices phares comme le S&P 500, on constate que les matières sont sorties du déluge estival relativement épargnées. La force des fondamentaux a permis à plusieurs matières de surnager au milieu d’une mare, que dis-je, d’un océan rouge sang.

Lorsque la mer se retire, il est intéressant de regarder quels poissons sont échoués, et lesquels ont continué à nager. Grâce à ce petit exercice, on découvre une chose : ce sont les métaux qui étonnement nagent le mieux !

La baisse du dollar conforte les matières
En ce moment, il y a des tendances qui soutiennent les matières. C’est le cas du dollar, qui conditionne en partie la demande sur le marché des matières premières.

Actuellement, le dollar est faible. Le maintien des taux d’intérêt de la Fed au niveau zéro est fondamentalement bon pour les matières. Mieux, Ben Bernanke a annoncé qu’il garderait ces faibles taux jusqu’en 2013 !

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La Chine reprenait-elle simplement son souffle ?
Juillet et août ont laissé un goût amer dans la bouche des investisseurs en Chine. Le niveau d’activité industrielle est tombé, deux mois consécutifs, légèrement en dessous des estimations.

Il n’en fallait pas plus pour ajouter une énième inquiétude sur un hypothétique ralentissement du moteur chinois. Or la Chine, c’est un peu la Vieille Garde napoléonienne, les Amazones de Kadhafi, un gardien de but en football… c’est-à-dire le dernier espoir économique quand tous les autres (Etats-Unis et Europe) ont calé…

Pour l’instant, le ralentissement n’a pas eu lieu. La Chine a toujours faim de métaux industriels.

  • +10% pour la demande chinoise de cuivre en 2011
  • +9,7% pour la consommation chinoise d’aluminium en 2011
  • +84% pour les importations chinoises d’étain en juin 2011

La baisse des prix observée début août sur le LME a d’autant plus incité Pékin à multiplier les achats pour refaire ses stocks.

Quand on sait que les stocks chinois d’aluminium ont baissé de 50% en 2011, on peut difficilement parler de ralentissement.

Le fer, le cuivre et la potasse concentrent les investissements
Côté offre, les investissements ne ralentissent pas non plus.

Ainsi, le Brésil a vu les capitaux converger vers son le fer et son cuivre. Par exemple, Vale a l’intention d’investir 10,2 milliards de dollars dans le fer, AngloAmerican 4,3 milliards dans des mines de nickel.

Les matières agricoles vont manquer de carburant, attention danger !
Côté agriculture, la hausse de 50% des profits de Glencore cette année est là pour nous rassurer. Les commodities se portent bien.

Mais au-delà du symbole des résultats du courtier en matières premières le plus célèbre du monde, il faut séparer le bon grain de l’ivraie. Les matières agricoles ne sont pas toutes à ranger à la même enseigne.

Une matière focalise particulièrement l’intention du marché, le maïs. Alors que les cours du blé se détendent devant les bonnes perspectives de la récolte russe, le maïs supporte les conséquences d’une météo capricieuse aux Etats-Unis pendant le printemps 2011.

A elle seule, cette céréale pourrait tirer tout seule le secteur vers le haut cette année.

Les observateurs ont aussi de grandes inquiétudes sur le marché des engrais. Ce dernier, déjà très en jambe depuis quelques mois, pourrait de nouveau partir à la hausse en 2012, suite à un nouveau resserrement attendu.

Les rats quittent le navire, mais le navire ne prend pas l’eau
L’explication de la baisse des indices matières premières en août apparaît claire : les rats ont quitté le navire !

Ce que je veux dire, c’est que les spéculateurs sur les matières sont partis, effrayés par un secteur qu’ils ne connaissent pas. J’en veux pour preuve les contrats sur les matières qui ne sont pas échangées sur les marchés, comme le charbon ou le fer. Eux ont connu des baisses infimes comparées aux matières cotées.

Moralité : Les investisseurs sont confiants sur les fondamentaux. La demande sur le marché des matières premières, et plus particulièrement sur celui des métaux industriels, reste vigoureuse.

Le bonus de Bernanke ?
La possibilité d’un QE3, ou de tout autre procédé visant à déverser de nouvelles quantités d’argent frais sur les marchés, aurait un impact direct sur le marché des matières. Il signerait un retour des spéculateurs, et un retour à la hausse.

Soyez donc bien à l’écoute des paroles du “sage” de Jackson Hole.

D’ici là, nous vous préviendrons lorsqu’il sera à nouveau possible de se positionner sur ces matières.

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

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