Les matières : un "airbag" pour votre portefeuille en cas de bear market

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Bear Market = marché actions baissier

Juste avant de poursuivre notre réflexion, deux faits marquants : le WTI a franchi les 84 $, l’euro les 1,41 $. Et comme je vous l’expliquais la semaine dernière, ce double mouvement haussier a un impact franc, inexorable et direct sur l’once d’or qui explose ! 739,4 $ hier. Ma cible de 730 $ / 735 $ a été pulvérisée ! Je vous en dirai plus sur l’or la semaine prochaine.

Revenons à notre réflexion.

Je vous expliquais hier que le risque de ralentissement économique marqué aux Etats-Unis était à mon avis inévitable. Que faire de votre portefeuille actions si cette situation devenait réelle ?

Je vous recommandais un certain nombre d’actions à entreprendre, la dernière étant de vous couvrir en investissant dans les matières. Développons aujourd’hui ce point.

Historiquement, on constate une corrélation négative entre les marchés actions et les marchés matières. Statistiquement, c’est une réalité sur les 100 dernières années.

Softs et céréales : votre bouée de sauvetage
Parlons concret et au présent. Revenons sur les secousses des marchés actions d’août dernier. Que constatons-nous ?

Qu’il y a des matières totalement hermétiques à la crise qui ont continué de grimper contre vents et marées. C’est le cas de certaines céréales (et softs), blé, maïs, coton et soja en tête. Non seulement ces matières sont décorrélées des marchés actions, mais elles font en plus office de "valeurs refuge" solides quand rien ne va plus.

Regardez donc le blé caracoler à 9 $ le boisseau alors qu’il affichait 4,50 $ au printemps dernier.

Première conclusion : incontestablement, quand tous les marchés actions chutent, il est bon d’avoir des céréales et softs en portefeuille pour amortir la chute.

L’or, une assurance incontournable
Il y a ensuite les matières plus ou moins corrélées aux marchés actions comme les métaux précieux. Mais force est de constater qu’ils se sont, comme toujours, étonnement vite repris, avec des rebonds impressionnants.

L’or que je vous recommandais fortement à l’achat mi-août alors qu’il venait de chuter sous les 660 $ vient de toucher les 739 $ l’once. L’argent et le platine suivant la tendance.

L’or, "assurance tous risques", fait son grand retour sur le devant de la scène. L’envolée structurelle des prix des matières et la baisse inexorable du dollar à long terme ne peuvent que propulser l’or à la hausse pendant des années encore.

Quoi qu’il arrive, il faut avoir de l’or en portefeuille. Vous serez également content d’en avoir quand les marchés dévissent car il rebondit systématiquement.

Et lorsque l’inflation pointera le bout de son nez, ce qui est à terme inévitable étant donné la croissance de la masse monétaire et du prix des matières, il protègera votre capital durement gagné.

L’énergie — oui, oui et encore oui !
J’irai très vite sur ce point. Raréfaction des ressources, peak oil, hausse impressionnante de la demande à venir au moment où l’offre va décliner… à moyen/long terme, le pétrole va grimper au-dessus des 100 $ et se maintenir à des niveaux élevés.

Impossible donc de ne pas en avoir en portefeuille dans une optique de long terme.

Ce qui n’empêche qu’il y aura probablement à court terme des fluctuations qui peuvent être baissières (la prochaine pouvant pointer son nez dans les tout prochains mois). Ce sera alors une opportunité pour vous positionner !

Les métaux de base, sensibles à l’évolution des marchés actions ?
Certes, la plupart des traders regardent toujours l’état de l’activité économique américaine avant d’investir dans les matières de base (nickel, cuivre, zinc, plomb, alu…).

Ils sont convaincus qu’un ralentissement économique outre-Atlantique entraînerait non seulement les marchés actions, mais aussi les prix des matières industrielles à la baisse. Corrélation positive donc.

Mon avis ? Ceci n’est que partiellement vrai. Tout simplement parce que c’est la demande MONDIALE (et non la seule demande américaine) qu’il faut prendre en considération pour juger du prix d’une matière.

En clair, il faut arrêter de croire que les Etats-Unis sont le centre du monde ! Si ralentissement aux Etats-Unis il devait y avoir (ce dont je suis personnellement convaincue), il y aura un impact sur le cours des matières premières. Certes.

Toutes les matières industrielles ne seront pas touchées de la même façon
Les matières fragiles sont celles pour lesquelles les Etats-Unis représentent un débouché très significatif. Il est donc important de connaître la part de la demande US dans la demande mondiale pour chaque matière.

Il existe tout un tas de matières pour lesquelles la demande américaine est peu significative… et des matières pour lesquelles la demande chinoise est bien plus prépondérante, je dirais même cruciale. Donc si la demande US pour ces matières baissait un peu, ce ne serait pas bien grave du moment que l’autre moteur tourne à plein. Vous me suivez ?

Quelles sont ces matières peu sensibles au choc US ?
Parmi elles :

Le charbon. Un tiers de la production mondiale est consommé par la seule Chine

Le fer. Là aussi, la Chine consomme 30% de la production mondiale

L’aluminium. L’Empire du Milieu engloutit 25% de la production mondiale.  

Même chose pour le zinc et l’étain, par exemple.

Ces matières de base résisteront mieux en cas de récession américaine et de tourmente boursière.

C’est moins évident pour le pétrole, tout simplement parce que la Chine n’absorbe "que" 7% de la production mondiale. Pour le coup, les Etats-Unis sont un poids lourd de la demande mondiale, le plus gros consommateur, et de loin. Le brut sera donc touché par une récession US.

Voilà pourquoi je pense personnellement que les cours du pétrole devraient refluer dans les mois à venir.

Une récession US et un repli des marchés actions n’est donc pas une fatalité pour les matières de base, tant elles sont nombreuses et dépendantes de critères très variés.

La conclusion de tout cela ?
Il est à mon avis vivement conseillé d’avoir dans son portefeuille une part de ses capitaux allouée aux matières. Et cette part doit être bien gérée, et surtout bien répartie entre énergies, softs et céréales, métaux précieux et matières industrielles. Ceci pour lisser l’impact des futurs chocs que nous enregistrerons immanquablement sur les marchés actions, toutes les matières ne r&e
acute;agissant pas dans le même sens.

Les matières sont pour votre portefeuille non seulement un "airbag" en cas de secousses boursières, mais aussi un potentiel de profit dans la durée dont il serait dommage de se priver.

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.