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Les métaux stratégiques : une opportunité rare

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Le recensement mené par les Etats-Unis va conduire à une pluie de dollars et à doper l’industrie minière. C’est le moment de miser sur Londres et les places canadiennes pour doper son portefeuille. J’ai commencé à vous parler de ces métaux que les USA sont en train de classer comme stratégiques et vous ai donné une première liste :

- Rhodium

- Platine

- Lithium

- Molybdène

- Terres rares

Mais, au fond, que désigne précisément le terme « stratégique » ?  Ce sont des métaux critiques car : Ils sont essentiels à une activité économique telle que la santé, la sécurité ou la défense ; Ils ne se trouvent pas sur le sol américain ; Ils ont été abandonnés par l’activité minière ; Ils sont fondus ou raffinés en dehors des USA.

Dans cette première liste, le rhodium est indispensable aux pots catalytiques de l’industrie automobile, le platine est un catalyseur pour lequel il n’existe aucun substitut dans certaines réactions chimiques, le molybdène est indispensable aux aciers de l’aéronautique et au forage pétrolier, le lithium et les terres rares sont utilisés par l’électronique de pointe.
Les deux premiers, rhodium et platine, sont des métaux précieux dont le cours est publié quotidiennement et qui font parfois l’objet d’un entrefilet dans les journaux financiers. Le rhodium a vu son prix multiplié par six en deux ans, passant de 1 000 $ l’once à 6 000 $ l’once. Mais qui a entendu parler des autres ?

Critique ne rime pas toujours avec rareté
La rareté n’est pas tout. Les « terres rares », par exemple, ne méritent pas leur nom et se trouvent en quantité abondante. Mais à la suite de pressions écologiques, les USA ont cessé toute extraction. Le monopole est désormais détenu par la Chine.

La commission américaine se penche sur une deuxième liste qui comporte bismuth, chrome, cobalt, cuivre, étain, indium, nickel, sélénium, titane, tungstène et zinc.
Inutile d’entrer dans les détails de l’usage de tel ou tel de ces métaux. Certains sont rares, d’autres existent en quantité abondante en Afrique et en Australie.
La mention du cuivre peut faire sourire, mais pourtant la Federal Bank Reserve of Chicago évoquait en février dernier l’idée de retirer progressivement les pennies de la circulation pour éviter leur recyclage au prix du marché (plus avantageux que la valeur faciale de la piécette).
La seule chose à retenir pour les investisseurs que nous sommes, c’est que les USA vont mettre le paquet pour assurer l’indépendance de leurs approvisionnements.

Effervescence minière et pluie de dollars
Concrètement, cela va signifier une pluie de dollars sur les activités de prospection et  de recyclage, des prises d’intérêts financiers dans des minières situées dans des pays amis, la création de stocks stratégiques.
Cela signifie aussi que l’effervescence du secteur minier va continuer, et que l’activité du recyclage a de beaux jours devant elle.
Même si en France, notre économie, largement dominée par le tertiaire, nous a éloignés de ces préoccupations, la bataille du nickel qui se joue actuellement en Nouvelle-Calédonie est emblématique.
Notre champion national Eramet voudrait bien remettre la main sur le gisement de Koniambo, dont les indépendantistes ont confié l’exploitation au canadien Falconbridge, récemment racheté par le suisse Xstrata.

Londres et Toronto : mieux que les bourses des pays émergents
Au Canada, les extraordinaires performances de l’indice minier de Toronto (+300% en quatre ans) et du compartiment Venture (+180% en cinq ans) reflètent ces nouvelles préoccupations.
Les fonds spéculatifs et les fonds de couverture ne se privent pas d’intervenir sur les métaux de base, les métaux précieux et les grandes minières diversifiées. La volatilité des cours s’en ressent et l’investisseur privé  se sent un peu désemparé, pour ne pas dire inquiet, de rentrer en concurrence avec eux.
Mais le compartiment des petites minières spécialisées, incompatible avec les volumes de liquidités brassés par ces fonds, est un secteur dans lequel l’investisseur privé avisé pourra récolter de belles plus-values.
Les bourses de Londres (AIM) et Toronto devraient réserver beaucoup de bonnes surprises en 2007.
[NDLR : Et ne vous inquiétez pas, cher lecteur : nous planchons sur le sujet pour vous... et nous avons déjà l'œil sur quelques pépites qui vous permettront d'exploiter ces bonnes surprises dans les mois qui viennent. Restez à l'écoute !]

Ne pas négliger les fonds
Enfin, on assiste depuis le début de l’année à la naissance de fonds sectoriels cotés en continu qui permettent de limiter ses risques. Ces ETFs (exchange traded funds), après s’être attaqués à l’uranium,  se tournent vers d’autres métaux. Ainsi le fonds canadien Sprott, qui se consacre au molybdène, sera porté sur les fonds baptismaux de Toronto le 16 avril prochain. Pour traduire Warren Buffett « il vaut mieux payer un prix ordinaire une entreprise extraordinaire que payer un prix extraordinaire une entreprise ordinaire ».  C’est ce que s’attache à faire Sprott, qui a pris des participations dans des juniors encore mal valorisées

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Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l'ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu'elle met au service des abonnés de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

Elle aborde les marchés avec l'oeil du professionnel, de l'ingénieur, de l'industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d'avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles -- un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l'offre et de la demande.

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