L’euro/dollar vient de lancer un signal puissant qui en dit long

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Les plus fidèles d’entre vous auront pu lire dès hier un changement de ton sur l’euro/dollar suite à un signal technique très fort — j’y reviendrai plus loin.

Au moment où j’écris cet article, l’euro vaut 1,2850 $ soit près de 20% de baisse en trois mois.

Le moment est peut-être venu de voir d’où vient le problème.

L’euro fort, un mythe ?
Tout le monde sait que les niveaux historiques touchés par l’euro cet été vers 1,60 $ étaient en partie dus à la faiblesse d’un dollar américain en proie aux doutes sur la santé de son économie et noyé dans une masse monétaire immense.

Pourtant, si on regarde des graphiques comparatifs, on constate que l’euro a également pris le dessus sur toutes les autres devises à part contre le dollar australien.

Alors non, l’euro fort n’est pas un mythe mais il faut lui laisser le temps.

Ci-dessous, vous pouvez voir un graphique reprenant l’évolution de l’euro face au dollar américain (chandeliers), au yen, au huard canadien et au franc suisse.

Evolution de l'euro face au dollar US (chandeliers), au yen, au huard canadien et au franc suisse

Même si la progression a été moins impressionnante face au dollar canadien et au franc suisse, on voit nettement l’appréciation de la monnaie unique sur la période 2006/2008.

Si on regarde maintenant face au dollar australien et à la livre sterling, on constate que, ces derniers mois, l’euro est bien plus corrélé avec la devise australienne. Cette dernière bénéficie de la forte hausse de l’or dont l’Australie est le troisième producteur mondial.

Evolution de la livre et du dollar australien contre le dollar US

Les politiques de taux aussi
Il est évident que la politique monétaire de la Zone euro a joué un rôle énorme dans la hausse du dollar. Dans son combat contre l’inflation — considérée comme la principale préoccupation –, la BCE a régulièrement monté ses taux et a surtout maintenu le cap alors que les premiers signes de ralentissement se montraient.

Malgré la baisse de 50 points de base du mois d’octobre, le taux est encore à 3,75% après avoir atteint 4,25 avant l’été.

Les réserves des banques ont bénéficié à l’euro
De plus, les inquiétudes sur le dollar américain ont conduit les banques centrales à modifier la répartition en devises de leurs réserves d’états en favorisant l’euro.

Ainsi, entre 1999 et 2008, la part en euros des réserves mondiales est passée de 18% à 25% et celle du dollar de 80% à 65%.

C’est un signe évident d’un changement global de perception de la monnaie européenne. Ces dernières années, la confiance est montée d’un cran mais le manque de cohésion et de coordination de la politique économique de la Zone euro freine encore l’évolution de la devise.

Manque de confiance
Et c’est exactement les raisons de la baisse actuelle de l’euro. Malgré tous les points positifs qui ont soutenus la hausse de l’euro — et que je viens d’évoquer –, le monde de la finance montre clairement aujourd’hui en faisant chuter l’euro de plus de 20%, alors que la BCE n’a baissé son taux que de 0,5%, qu’il gardait confiance dans le système américain, bien plus réactif pour sortir de la crise que la Zone euro.

Un cruel manque de confiance envers les autorités de la Zone euro que tous les plans et discours ne pourront pas faire changer…

Les Etats-Unis bénéficient d’une vitesse de réaction bien plus grande que notre Europe, toujours coincée entre ses démons nationalistes et diviseurs, brouillant ainsi l’efficacité de l’action que ce soit vers les citoyens ou vers les investisseurs étrangers.

Et le trading dans tout ça ?
Je me contenterai de vous répéter ce que je vous disais ce matin dans le Billet du Trader.

En effet, la puissance de la pression baissière de mardi soir sur l’euro m’a surpris.

Le seuil des 1,33, qui représentait la moyenne mobile à 200 semaines (soit pratiquement quatre ans), a été enfoncé et le support qu’aurait dû être les 1,2810 n’a pas tenu une heure …

Ce seuil est très surveillé par les traders et montre une différence entre correction et retournement de tendance…vous aurez compris la nuance !

EUR/USD

La dernière fois que nous avons franchi cette moyenne mobile, c’était en mai 2002 — dans l’autre sens ! — et cela coïncide très précisément avec la sortie du range par le haut (0,9717) qui nous emmènera sans discontinuer à 1,30 puis 1,60 quelques années plus tard.

Pour moi c’est un signe fort ?
Et je ne peux en aucun cas, dans cette configuration, continuer à privilégier un retour au-dessus de 1,45 même si, fondamentalement, le dollar y retournera un jour — pour les raisons évoquées plus haut.

Le timing est totalement incertain et nous avons trop besoin de plus-values pour jouer un retournement.

Plus aucun support avant 1,2480
En effet, je ne vois plus aucun support avant 1,2480 depuis l’enfoncement ce mardi du seuil des 1,28 qui est, pour moi, le vrai seuil de résistance.

Malgré la tentative de rebond à laquelle on assiste à l’heure où j’écris ces lignes, l’euro vient réellement de montrer ses vrais signes de faiblesse.

Alors qu’il y a encore quelques jours, je n’envisageais qu’une correction de la baisse excessive du dollar (ce qui était le cas), le signal de cette semaine atteste du changement de comportement des intervenants par rapport à la monnaie unique, comme je l’expose plus haut.

Si vous avez acheté de l’euro en dessous de 1,30, pas d’inquiétudes
La devise va rebondir pour corriger la grande claque prise ces derniers jours. Mais ne visez pas plus haut que 1,33.

Cependant, la pression baissière devrait s’accentuer encore pour liquider et purger une bonne fois pour toutes le marché.

Une rupture des 1,2790 serait un nouveau signal de baisse vers mon objectif à 1,2480.

Encore une fois, la tendance sera votre alliée sur le marché. Et la tendance vient de vous envoyer un message pour vous dire dans quel sens elle était partie !

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Jérôme Revillier

Jérôme Revillier, stratégiste sur le marché des changes, est co-fondateur d'une société de développement de systèmes automatisés de trading.

Passionné par le trading et son impact émotionnel chez l'homme, il oriente ses recherches vers les solutions de trading systématique et l'optimisation de la gestion des risques.

Conseiller et stratège auprès de professionnels des marchés et de sociétés de gestion, il s'affirmera rapidement comme LE précurseur francophone du Forex pour les particuliers.

Orateur réputé et de conviction, il est fréquemment invité lors d'évènements reconnus comme le salon Actionaria, salon du Trading ou de l'Analyse Technique où des centaines d'investisseurs assistent à ses présentations.

Intervenant spécialisé pour l'institut de la Bourse où il réunira près de 600 personnes pour le Forexday, et sollicité également par des acteurs institutionnels, il parcourt entre autres, la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche des marchés lors de séminaires de formation.

Fort de cette expérience et de cette vision unique des investisseurs particuliers et de leurs difficultés, il développe en 2010, en exclusivité pour les Publications Agora, un service de trading unique sur le Forex : FxProfitTrader.

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