Ce jeudi, j’étais devant ma télévision, branché sur CNBC, pour écouter la conférence de presse de Monsieur Trichet.
Non pas que j’apprécie son accent so frenchy lors de la récitation de son communiqué, mais je voulais être certain qu’il n’avait pas grand-chose à dire. J’avais raison.
Malgré le fait qu’ils soient sous les feux de la rampe, que l’on scrute le moindre changement de ton dans leurs interventions, nos banquiers centraux n’ont toujours rien à dire.
De faux espoirs de baisse…
Chaque jour amène son lot de facteurs et autres catalyseurs pour argumenter sur le bien fondé de la hausse des actions.
Et pourtant… Hier, les CAC, Dax et autre Footsie s’enfonçaient dans le rouge pendant la session européenne sous la pression des inquiétudes de la Grèce — dont le taux à 10 ans continue de flirter avec ses plus hauts. Cette baisse s’appuyait sur des chiffres, des vrais.
Sur de vrais mauvais chiffres !
En Australie, on apprenait que le mois dernier, le pays avait finalement détruit des emplois au lieu des 4 000 créations annoncées précédemment.
Les commandes de machine au Japon ont plongé de plus de 5% alors que les analystes tablaient sur une hausse de près de 3%.
Et la série a continué au fur et à mesure de la matinée avec l’inflation qui confirme son retour en Angleterre avec une hausse de 1,1% dans l’immobilier, supérieure aux attentes.
Enfin, doit-on évoquer ici les ventes de détails en zone euro qui chutent de 0,6%, pendant que la production industrielle allemande ne décolle pas des 0,7% attendus mais reste parfaitement stable après la baisse du mois dernier.
Pourtant les bulls reviennent en force
Malgré tout, en milieu d’après-midi, les bulls se sont réveillés et ont décidé de montrer qu’ils n’avaient pas épuisé toutes leurs cartouches pour se convaincre que tout va bien.
On frôle le syndrome du Titanic… Achetez, le bateau coule normalement !!
Bref, voilà qu’une enquête est venue démontrer que les ventes dans les chaînes de magasin aux Etats-Unis se sont améliorées nettement. Voilà pourquoi le Dow Jones s’est retourné, terminant dans le vert de près de 0,27% et soutenu par le secteur de la consommation.
Nous voilà donc rassurés…
Les 460 000 inscrits au chômage de cette semaine ont sans doute utilisé leur temps libre pour consommer… mais avec quoi ?
Peu importe que les saisies soient sur leur niveaux les plus élevées ou que les défauts de paiement continuent de progresser … Peu importe, puisque la Fed va maintenir ses taux bas pendant une période prolongée.
Le consommateur américain va pouvoir dépenser l’argent pas cher… qu’il n’a pas !
L’appétit pour le risque revient
C’est en tout cas ce qu’on pouvait lire sur un site économique bien connu jeudi soir.
L’euro progressait donc avec quelques discours rassurants de la Grèce et sur fond d’optimisme béat des places actions.
Pourtant, la corrélation de la monnaie européenne avec le goût pour le risque n’est pas flagrante sur les trois derniers mois. Il n’y a qu’à comparer l’indice SP 500 et l’EUR/USD.


