Les marchés cherchent la sortie
Une semaine courte mais épuisante se termine sur les marchés en général. Que ce soit sur les marchés actions ou sur le Forex, aucune tendance claire ne se dégage. Ces situations sont souvent suivies de mouvements plus violents, dus à la pression grandissante des investisseurs à l’affût du moindre signal.
D’ailleurs, voici le point de vue que j’exposais hier avec mon ami analyste Henri Baltzer aux abonnés d’Agora Forex :
"Le tunnel dans lequel évolue les principales paires sont le résultat d’une lutte forte et équilibrée entre les deux puissances : acheteurs et vendeurs.
Nous sommes arrivés à un moment clé de la crise, où beaucoup d’intervenants veulent d’ores et déjà se placer malgré les mauvaises statistiques, pour profiter de la sortie de cette crise et de l’amélioration de l’économie mondiale. Les prochaines semaines nous dirons s’ils étaient visionnaires ou seulement trop optimistes.
En face d’eux, le camp adverse, les investisseurs qui pensent que le pire est devant nous, que le sursaut de ces derniers jours sur les marchés actions n’est qu’une illusion et une vague d’euphorie qui va retomber encore plus rapidement quand la réalité économique sera de retour avec son chômage, sa baisse de la consommation et l’endettement des Etats".
Et d’ajouter :
"Nous restons convaincus qu’un mouvement de grande ampleur est en préparation".
Quelques minutes plus tard, l’euro nous donnait raison !
Pourquoi l’euro faiblit ?
Hier en effet vers 16h, l’euro chutait de près de 160 pips et passera même dans la nuit furtivement en dessous des 1,31 dollar américain.
Il faut dire que les statistiques de la semaine n’ont pas été reluisantes pour la Zone euro, avec des ventes de détails qui chutaient lundi deux fois plus que prévu à -0,6%. Les commandes industrielles en Allemagne ont dévissé aussi de plus de 3% après les 7% du mois dernier. Du côté de la production industrielle ce ne fut guère mieux avec -3,5% en Italie et -0,5% en France.
L’abaissement de la note souveraine Irlandaise contribuait également à soutenir le dollar américain dans sa place de valeur refuge. Ce dernier bénéficiant aussi de la bonne surprise des chiffres de demandes de chômage qui, s’ils restent à un niveau élevé, sont sortis un peu meilleurs qu’attendu à 654 000 unités.
Aussi, on peut résumer les causes de la faiblesse de la monnaie unique en cette fin de semaine par une situation économique peu rassurante en Zone euro, couplée à l’éternel manque de coordination des Etats et à une BCE qui reste floue sur ses intentions.
Espérons que les diverses interventions de Jean-Claude Trichet la semaine prochaine nous aiderons à y voir plus clair.
De plus, le dollar semble de nouveau bénéficier d’un regain d’attractivité à mesure que la menace d’une "nouvelle monnaie mondiale" s’éloigne et que le statut de monnaie de référence qu’il possède se renforce.
Comment en profiter ?
Pour pouvoir profiter de la situation de l’euro, je décide aujourd’hui de produire une analyse graphique sur la paire EUR/JPY (l’euro face au yen) qui semble vouloir former une de mes figures favorites : un triangle.

Sur le graphique ci-dessus, on voit bien une divergence se former entre la tendance de fond — plutôt favorable à l’euro — tracée en vert et nommée "bull trend", et la tendance plus récente en rouge nommée "bear trend".
Cependant, il faut apporter un bémol, car la figure n’est pas consolidée, et un nouveau test des lignes de tendance est nécessaire. Mais, dans la configuration actuelle du marché, il faut tout de même tenir compte de cette divergence qui pourrait offrir un beau signal d’entrée sur le marché.
De plus, vous pouvez voir également les niveaux de retracement de Fibonacci concernant la hausse récente de la monnaie unique (depuis le 30 mars). Le niveau important des 50% à 131,90 joue pleinement son rôle puisque la paire oscille autour de cet axe depuis plusieurs jours désormais.
Restez à l’affut du signal d’entrée sur le marché
Un bon signal de vente serait la confirmation de la rupture de ce niveau de 131,90 par l’enfoncement de la ligne de tendance (en vert). La paire pourrait alors rapidement tester les 130,60 puis les 130, fort niveau psychologique.
Malgré tout, et fondamentalement, le yen reste lui aussi très fragile et un scénario de hausse ne peut être exclu. Le signal d’achat par contre ne pourra pas être considéré comme valable qu’avec la rupture des 133,21, soit la résistance déjà testée plusieurs fois par la paire et correspondant au niveau de retracement Fibonacci de 38,2%.
Il faudra être une nouvelle fois très prudent car peu d’annonces sont attendues la semaine prochaine en Zone euro et lundi sera férié pour la plupart des places boursières européennes.


