"Lorsque circulent deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre mauvaise, la mauvaise chasse la bonne", disait fort habilement Sir Thomas Gresham, financier anglais du XVIe siècle, dont le savoir-faire dans le domaine de la gestion des devises et des équilibres financiers en fit l’un des premiers praticiens des questions monétaires.
Y a-t-il une notion de "bonne" ou de "mauvaise" monnaie lorsqu’on compare le dollar à l’euro ? Il y a, en tout cas, des spéculations toujours abondantes sur la parité de l’une par rapport à l’autre…
La ruée vers le dollar…
Dans une période telle que celle que nous traversons, la notion de "valeurs refuges" n’aura jamais été aussi à la mode. Et, sur le podium de celles-ci, la parité euro/dollar se trouve en fort bonne position, aux côtés de l’or, dont la popularité tend à diminuer.
L’explication est simple, dès qu’on a saisi la notion de "change" sur les devises : en effet, si le cours d’une action, d’un indice ou d’une matière première peut augmenter ou diminuer, la notion de parité entre deux monnaies implique une comparaison — à savoir ici que les spéculateurs ne parient pas sur la domination relative d’une monnaie face à l’autre, mais de l’évolution de l’une par rapport à l’autre. On parlera donc moins de cours haussier ou baissier que de surperformance comparative entre les devises en question. D’où l’attroupement, justement !
Enjeux et antagonismes
Aussi, lorsqu’il y a environ 35 ans, le secrétaire au Trésor américain, John Connally, déclarait : "le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème", il traduisait, non sans sarcasme, l’hégémonie du dollar dans l’ordre monétaire mondial. Ce qui n’est plus valable aujourd’hui.
De fait, il existe désormais un face-à-face euro/dollar qui porte sur deux points : le premier réside dans la supériorité de l’une des deux monnaies sur l’autre et le second sur le poids relatif de chacune des deux monnaies sur la scène internationale.
Aujourd’hui, cette parité est sujette à de nombreux enjeux et différents antagonismes. L’Europe semble en effet plus proche de la récession que les Etats-Unis. Par ailleurs, la chute actuelle des cours du pétrole n’est pas non plus défavorable pour le billet vert et, sans mauvais jeu de mots, nous pouvons dire que l’heure est au dollar sur l’euro/dollar !
Un retournement sans précédent
Depuis la création de la monnaie unique européenne, jamais l’euro n’avait subi un revers aussi violent, tant dans l’amplitude que dans l’intensité, perdant ainsi plus de 22% en moins de quatre mois.
Un tel retournement implique graphiquement un changement de tendance qui devrait au moins durer quelques mois. Même si, entre temps, une reprise technique en faveur de l’euro devrait avoir lieu.
En partant du point bas d’octobre 2000, le décompte elliottiste de la hausse jusqu’à mi-juillet dernier confirme mon hypothèse de phase corrective majeure à venir, puisqu’on distingue bien les cinq vagues, comme vous allez le voir.
Une baisse inéluctable de l’euro
Regardez le graphique ci-dessous :
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