Economiquement, la semaine a été morose, c’est le moins que l’on puisse dire.
Regardez ce qui se passe au Japon : la production industrielle en septembre y est en repli de -1,4% alors qu’en août elle affichait un rythme effréné de +3,5%. En cause : le ralentissement de la demande étrangère, Etats-Unis en tête. C’est un coup d’arrêt CLAIR et NET !
En Allemagne, ce n’est guère mieux. Après le moral des patrons qui vacille (comme chez nous d’ailleurs !), c’est la confiance des consommateurs qui flanche. L’indice de confiance des consommateurs outre-Rhin est en très fort recul, largement au-delà de ce qui était anticipé. Et pour la troisième fois d’affilée !
Mauvais…
Même son de cloche aux Etats-Unis. Les consommateurs prennent de plein fouet le ralentissement du marché de l’immobilier et dépriment de plus en plus. Le pilier de la croissance américaine est en train de plier, inéluctablement. Va-t-il rompre ?
Toute la question est là !
Heureusement la Chine nous met du baume au coeur ! Je crois fermement dans le découplage entre les Etats-Unis et la Chine. Si le premier moteur s’arrête, le second nous permettra de garder la tête hors de l’eau en 2007/2008.
Regardez un peu ce taux de croissance au 3ème trimestre : +11,5% ! C’est de la surchauffe… à tel point que les pouvoirs font tout pour ralentir la machine. Quant au taux d’inflation, il passerait de 6,5% à 6,2%. La production industrielle continue de s’accélérer et l’investissement campe à des niveaux record.
Alors je veux bien croire que les chiffres chinois soient parfois opaques et peut-être un brin aléatoires, mais même en faisant abstraction des chiffres, la réalité est là, bien visible. Et notamment l’offre et la demande de biens et matières.
Passons en revue nos marchés des matières premières.
Energie : les 100 $ le baril plus qu’à quelques encablures !
La hausse, toujours la hausse, rien que la hausse…

Le WTI a fait voler en éclats le seuil des 92 $ pour un baril. Et ce matin il avait déjà franchi les 93 $ à New York, livraison décembre. A 93,20 $ précisément !
Le Brent de la Mer du Nord suit le mouvement puisqu’il a franchi les 89 $, à 89,47 $ sur l’ICE londonien ce matin.
Alors surtout, ne me demandez pas pourquoi. Je ne comprends pas !
Fondamentalement, je vous le disais vendredi, le brut vaut 65 $ le baril. Ajoutez différents facteurs, dollar et géostratégie en tête, je veux bien monter jusqu’à 75 $. Au-delà… pure spéculation !
Nous sommes confrontés à un phénomène de spéculation majeur qui « exagère » la moindre information haussière pour le brut. Et la puissance de ce mouvement (né de la crise du subprime) est telle qu’il pourrait effectivement venir propulser le brut aux portes des 100 $ le baril.
Cette semaine, le raffermissement du ton américain à l’encontre de l’Iran ainsi que les tensions entre Turquie et Irak ont apporté de l’eau au moulin des spéculateurs, qui s’en sont donné à cœur joie.
Autre élément puissant de soutien au brut : la faiblesse grandissante du dollar qui affiche ce matin 1,4438 $ pour un euro. Un nouveau record ! Et pour cause : les nouvelles économiques sont moroses outre-Atlantique.
Forcément, l’écart constaté entre les conjonctures économiques US et européenne se répercute sur le marché des changes. Parallèlement, la pression sur la Fed se fait de plus en plus forte. Les investisseurs anticipent massivement une nouvelle baisse des taux américains vendredi, d’un quart de point de base. Forcément, le dollar s’affaiblit…
Or je vous expliquais récemment que la corrélation inverse entre dollar et pétrole, inexistante il y a quelques années, est aujourd’hui supérieure à 80% ! Le pétrole est devenu, avec l’or, « l’anti dollar » par excellence que tout le monde s’arrache pour se protéger de la chute de la devise américaine.
Ajoutez à cela la croissance explosive qui se poursuit en Chine au 3ème trimestre… voilà qui donne du grain à moudre à nos spéculateurs à la hausse !
Et c’est bien sûr à ce moment là que le niveau hebdomadaire des stocks de brut aux Etats-Unis décide de reculer pour atteindre un point bas depuis janvier dernier…
Métaux précieux : 800 $ cette semaine ?
L’or est sur la même longueur d’ondes que le pétrole. 792,80 $ l’once à l’heure où je vous écris ! Il est à un cheveu des 800 $. Laissez-lui quelques jours, et il « va se les faire » ! [NDLR : il est encore temps de profiter de cette envolée historique de l'once d'or – qui pourrait doubler, voire tripler vos investissements dans les mois à venir ! N'attendez pas pour en profiter... Il suffit de cliquer ici pour en savoir plus...]
Plus la croissance donne des signes de faiblesse outre-Atlantique, plus le dollar baisse pour cause d’anticipation de baisse des taux, et plus cela profite à notre métal or.
Plus les tensions géo-stratégiques montent, plus l’or et le pétrole sont demandés, car ce sont des assurances tous risques efficaces.
Et plus le prix des matières premières monte, plus le risque d’inflation à venir est pesant… et plus l’or et le brut sont aimés ! Car rien ne vaut la matière en cas de réapparition de l’inflation !
Alors comme le brut, l’or aligne record sur record. Depuis début septembre, on ne les compte plus tant il y en a. Nous en sommes actuellement à 792,80 $ l’once !
Concernant l’argent : ça y est ! Vous vous souvenez de ce que je vous disais quant à l’once d’argent ? Eh bien, il vient de franchir franchement un nouveau cap majeur : le seuil stratégique des 14 $. Un signal d’achat clair. La hausse va se poursuivre.

Vendredi après-midi il affichait un fier 14,23 $ sur le Nymex, livraison décembre.
Actuellement, il cote 14,41 $ l’once. Les choses évoluent très vite.
Même son de cloche pour le platine qui voit lui aussi la vie en rose et poursuit sa superbe hausse. 1462 $ l’once à l’instant ! Toujours plus haut là aussi…
Métaux industriels : on marque une pause après des semaines de forte hausse
| Cours à 3 mois |
Vendredi |
Vendredi |
Variation / semaine |
| Aluminium* | 2 557 | 2 538 | -0,74% |
| Cuivre* | 7 870 | 7 870 | 0,00% |
| Plomb* | 3 705 | 3 655 | -1,35% |
| Nickel* | 32 250 | 31 800 | -1,40% |
| Etain | 16 300 | 16 475 | 1,07% |
| Zinc* | 2 955 | 2 900 | -1,86% |
| Or (spot) | 767,29 | 780,25 | 1,69% |
| Argent (spot) | 13,64 | 14,13 | 3,59% |
| Platine (spot) | 1 443,00 | 1 459,00 | 1,11% |
* cours en $ sur le LME à trois mois
En début de semaine, le cours du cuivre était en repli du fait de la hausse des stocks sur le LME et des craintes de ralentissement aux Etats-Unis.
C’est la Chine qui est venue sauver la mise en fin de semaine, en affichant un incroyable taux de croissance de 11,5% au 3ème trimestre. La demande de cuivre en provenance de la Chine sur les neuf premiers mois de l’année reste très forte.
Elle soutient donc le prix du cuivre. Mais elle le contrôle également, car dès qu’il vient toucher les 8 200 $ la tonne, elle s’arrange pour lever la pression et faire refluer le cours à des niveaux plus raisonnables. En clair, la Chine gère parfaitement ses intérêts.
Soft commodities : elles deviennent des valeurs refuge…
Le blé marque une pause, revenant vendredi après-midi à 8,02 $ le boisseau sur le Cbot, livraison décembre. Les exportations de blé US sont en chute de 44% par rapport à la semaine précédente !
Heureusement, la chute du cours du blé a été « amortie » par l’Australie qui annonce une récolte plus réduite encore que ce qu’elle escomptait jusque là. C’est la région de New South Wales qui serait touchée, avec un recul prévisible de 26% de la production cette année.
Le soja reste à ses plus hauts niveaux, poursuivant même sa tendance haussière, repassant au-dessus des 10 $ le boisseau sur le Cbot en fin de semaine.
Le contrat janvier affichait ainsi un fier 10,17 $ le boisseau. Cette semaine, la hausse de la demande chinoise en est responsable.
En effet, la récolte chinoise de soja a été cette année médiocre, ce qui oblige la Chine à accroître ses importations de soja. Rien que pour septembre, elle a ainsi importé presque 2 millions de tonnes de soja (soit une hausse de 5,5% par rapport à l’année dernière sur la même période). Et il est fort probable que cela ne s’arrête pas là.
Autre facteur qui bénéficie à la plupart des softs (blé, soja et maïs en tête) : leur attractivité revient en force actuellement, dans un monde qui perd ses repères.
Tout comme l’or et le brut, les softs font office de valeur refuge… et n’oublions pas non plus que le blé et le maïs, notamment, sont partiellement corrélés au pétrole puisque aujourd’hui on en fait du biocarburant.
Perspectives
Je ne vois pas ce qui pourrait retenir le pétrole de poursuivre sa hausse. Même si pour moi c’est parfaitement irrationnel !
Seul un retour en force temporaire du dollar pourrait arrêter la hausse effrénée du brut à mon avis. Or je n’y crois pas…
Même constat pour l’or. La pause qu’il a marqué il y a dix jours aura été aussi peu significative que rapide. Cela lui aura tout de même suffi pour repartir à la hausse de plus belle. La tendance devrait se poursuivre cette semaine.
L‘argent va poursuivre sa tendance haussière en direction des 15,22 $ l’once.
Le cours du cuivre devrait se maintenir au niveau actuel. La Chine constituera un facteur de soutien, tout comme la faiblesse du dollar. Et ce constat est valable pour tous les métaux. Plus le dollar est faible, plus le pouvoir d’achat des autres monnaies est renforcé, plus les métaux libellés en dollar sont attractifs.
Reste le risque d’une récession américaine… L’épée de Damoclès pend au-dessus des têtes. Et c’est pourquoi les prix du cuivre ne peuvent pas repartir bien haut…
Côté blé, les pays ont rempli leurs greniers ! Cela devrait suffire jusqu’à la prochaine récolte, celle du blé d’hiver, c’est pourquoi le blé devrait continuer de corriger à court terme.
Cela dit, le scénario positif reste entier sur le blé à long terme. Et la spéculation devrait permettre au cours de repartir à la hausse à moyen terme.
Le soja devrait camper sur ses sommets, soutenu par la faiblesse du dollar.


