Energie : le doute s’installe ; on navigue à vue
Comme anticipé, les cours du brut ont reflué la semaine écoulée.
Vendredi, le WTI cotait 93,19 $ sur le Nymex livraison février et le Brent 91,56 $ sur l’ICE Futures Exchange de Londres, même échéance.
Le marché est resté très volatil, ne sachant pas vraiment dans quelle direction s’orienter. Les investisseurs ont donc navigué à vue.
C’est incontestablement le risque de récession aux Etats-Unis qui a pesé sur le cours du brut — récession étant synonyme de baisse de la demande de pétrole.
Goldman Sachs a enflammé les marchés en annonçant que non seulement les Etats-Unis, mais aussi le Japon, étaient au bord de la récession. Or ces deux nations absorbent 30% du pétrole mondial.
Quant à la Chine, l’inflation y fait des ravages croissants. Elle a donc pris de nouvelles mesures pour contrer la surchauffe économique. Le risque ? Le manque de doigté des autorités monétaires pourrait faire chavirer le pays de la surchauffe à un ralentissement trop marqué…
Pour calmer le jeu, le président de la Fed, Ben Bernanke, a été jusqu’à annoncer qu’il était prêt à baisser les taux d’intérêt s’il le fallait. Ce qui a fait tourner de l’œil le dollar !
D’un autre côté, le pétrole a été soutenu par les conflits au Nigeria et par les derniers chiffres des stocks américains de brut. Ils ont plongé de 6,7 millions de barils : un chiffre trois fois supérieur aux anticipations du marché ! La bonne nouvelle est venue des stocks d’essence et de produits distillés (notamment le fioul) qui sont eux en hausse. Les raffineries US ont du tourner à plein, ce qui explique en partie la baisse du stock de pétrole brut.
Au Nigeria, se sont des unités armées qui ont semé le trouble en attaquant des bateaux qui rejoignaient des installations pétrolières. Je vous rappelle que les différents mouvements qui soutiennent l’émancipation du delta du Niger se sont récemment réunifiés pour former un front uni et renforcé. Les propos de leur représentant sont très peu rassurants. Ils vont continuer leurs attaques contre les infrastructures pétrolières du pays.
Pour mémoire, le Nigeria est le premier producteur de pétrole africain et le cinquième fournisseur officiel des Etats-Unis. D’où l’impact !
Métaux précieux : tous les records ont été pulvérisés !
La tendance des métaux précieux est fortement haussière. Et depuis ce matin, les choses s’accélèrent violemment.
L’or poursuit sa hausse, sans relâche. C’est tout simplement impressionnant. Vendredi, le cours spot de l’or n’affichait « que » 892,6 $ l’once sur le Nymex. Livraison février, son cours touchait les 895,40 $.
Ce matin, l’once a pulvérisé les 900 $ l’once ! Encore un seuil psychologique fort qui vole en éclats. Au moment où je vous écris, il cote déjà 912,52 $, en hausse de plus de 16% dans la matinée (vous trouverez les cours en direct sur notre site Internet http://www.edito-matieres-premieres.fr/)
Prochain objectif : 1 000 $ !
Et dire qu’à la mi-août l’once plongeait à 650 $ ! A ce moment précis, je vous disais « foncez ! ». C’était effectivement une extraordinaire porte d’entrée…

Propagation de l’inflation, menaces de plus en plus réelles de récession aux Etats-Unis et au Japon, baisse du dollar (il frise les 1,49), baril de brut proche de ses sommets… voilà un environnement qui soutient fortement notre or. N’oubliez pas qu’il offre aux investisseurs une « assurance tous risques » parfaite ! La valeur refuge par excellence…
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Ajoutez à cela l’ampleur croissante de la crise du crédit et notamment ses conséquences sur le système bancaire mondial. Impossible de calculer l’étendue des dégâts ! Etant donné les pertes monstrueuses des banques, les liquidités injectées par les banques centrales dans le système sont gigantesques. La création monétaire est actuellement maximale, ce qui ne peut que soutenir l’or davantage encore.
Le New York Times annonçait jeudi que les pertes de Merrill Lynch pourraient être deux fois supérieures à ce que la banque a annoncé. Soit 15 milliards de dollars à elle seule !
L’argent a suivi l’or comme un seul homme, franchissant allégrement le seuil des 16 $ l’once ! Il cotait ce matin 16,50 $ l’once (vous avez les cours en direct sur notre site Internet http://www.edito-matieres-premieres.fr/)

Toujours dans le sillage de l’or, le platine a inscrit jeudi dernier un nouveau sommet historique, à 1567,75 $. Ce matin il a tout simplement pulvérisé ce dernier record, à 1 592 $ l’once au moment où je vous écris.
Métaux industriels : les menaces de récession tétanisent le marché
Les métaux industriels sont actuellement dans une mauvaise passe. L’incertitude économique pèse sur les cours, tous comme les stocks, élevés en ce moment.
Le cours du cuivre a été soutenu par la Chine. Les importations chinoises de cuivre au mois de décembre ont atteint un plu
s haut depuis huit mois. Le pays a importé 225 000 tonnes de plus en décembre, soit une hausse de 8,6% par rapport au mois de décembre de l’année précédente.
Pour l’année 2007, les importations de cuivre sont en hausse de 35% par rapport à 2006.
La hausse des importations est notamment liée au recul des prix du cuivre ces dernières semaines sur le LME. Manifestement, la Chine en a profité pour reconstituer ses réserves à bon compte. Du coup, les stocks du LME sont en recul de 199 000 tonnes.
Le cours a aussi été soutenu par l’annonce d’une baisse probable des taux par la Fed pour soutenir l’activité américaine. Les Etats-Unis, souvenez-vous, sont le deuxième plus grand consommateur mondial de cuivre.
Concernant le nickel, il est revenu à 30 750 $ la tonne en cours de semaine, avant de reperdre le terrain gagné. Mon opinion reste inchangée quant au nickel : je le vois revenir sous les 25 000 $ la tonne dans les mois à venir.
Soft commodities : enfin une pause ! Il était temps…
Ca y est ! Nous l’attendions, elle est arrivée. Une saine correction s’est imposée sur les marchés. Le blé et le soja marque une pause. Il était temps…
Les fonds spéculatifs, étant donné les niveaux record atteints, ont préféré vendre le blé et le soja pour se placer sur le maïs.
Livraison mars, le soja affichait vendredi 12,44 $ le boisseau sur le Cbot.
Le blé, même échéance, cotait 8,88 $ le boisseau, toujours sur le Cbot.
Le maïs était lui en légère hausse sur la semaine, terminant à 4,70 $ le boisseau. Toujours livraison mars sur le Cbot.
En forte hausse en début de semaine, les craintes de baisse de la demande de brut ont pesé sur le cours en fin de semaine. Je vous rappelle que le maïs, via l’éthanol, est corrélé au cours du brut.
Perspectives
Pour la semaine qui commence, je m’attends à ce que les cours du brut continuent à se tasser légèrement. Deux raisons à cela : les menaces de récession américaine vont continuer de peser ; les raffineries US tournent à plein et « pompent » le stock de brut pour le transformer en essence, fioul et autres produits distillés.
Le reflux ne devrait être que léger, les tensions au Nigeria étant un facteur de soutien qui devrait perdurer.
Je reste positive sur l’or. Il a franchi ce matin les 900 $. Déjà à 912 $ ! Il est urgent qu’il marque une pause pour que la hausse soit solide.
Le cuivre devrait cette semaine se maintenir au niveau de cours actuel. Avant de corriger à nouveau.
Le blé, après sa pause salutaire, devrait rebondir.
Même remarque pour le soja. Les mauvaises conditions climatiques qui s’abattent actuellement sur l’Argentine menacent la récolte de soja ; or les stocks mondiaux sont déjà en forte baisse.
Enfin, le maïs pourrait au contraire marquer une pause. Le reflux serait alors très léger.


