L’or en euros va décoller à l’automne. Voici pourquoi

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L’or a grimpé hier jusqu’à 1 476 $ l’once et semble prêt à chatouiller les 1 500 $ l’once.

La valeur de l’once en euros pourtant, alors que la crise de la dette souveraine européenne fait rage, reste loin de son record du 7 décembre 2010 à 1 078 euros, puisqu’il s’affiche modestement à 1 022 euros à Londres.

Avant de nous pencher sur nos anticipations de court terme, plantons le décor de long terme.

Toutes les monnaies fiduciaires ont toujours fait faillite
Elles sont atteintes dès leur naissance d’une maladie génétique incurable : l’inflation. Par inflation, comprenez la propension des Etats à multiplier la monnaie pour essayer de vivre au-dessus de leurs moyens.

▪ Le dollar fiduciaire (délivré de sa convertibilité en or depuis la fin des accords de Bretton Woods) a presque un demi-siècle d’existence. Un record de longévité.

▪ L’euro super fiduciaire (agrégat de monnaies fiduciaires nationales) est beaucoup plus jeune, mais n’a pas plus de valeur.

L’inflation sape les créanciers et enfume le peuple
L’inflation est toujours et partout un phénomène exclusivement monétaire qui pénalise le prêteur et favorise l’emprunteur. Les Etats ont donc intérêt à l’inflation qui va leur permettre de rembourser en monnaie érodée une dette antérieurement contractée.

Pour enfumer le bon peuple, la hausse des salaires suit en général la hausse des prix, mais avec un léger retard.

Cigale, fourmi ou fourgale ?
▪ La citoyenne cigale (celle qui emprunte) est dans la même barque que son Etat et ne s’en plaint pas.

▪ La citoyenne fourmi (celle qui économise) est lésée. Mais la fourmi est une grincheuse (voire avaricieuse) sur le sort de laquelle personne n’a jamais versé une larme.

▪ Pour compléter le tableau, notez que vous avez des “fourgales”, espèce mutante qui s’endette, non pour consommer, mais pour acheter un bien durable susceptible de conserver son épargne. Vous avez reconnu l’immobilier.

Qu’est-ce qui maintient la confiance dans la monnaie fiduciaire ?
Le taux d’intérêt en vigueur dans cette monnaie.

Si les prêteurs pensent que le taux d’intérêt est supérieur à l’inflation, tout va bien. Dans le cas contraire, les prêteurs se méfient : la monnaie fiduciaire ne stocke pas convenablement la valeur dans le temps. Il y a des fuites…

Vous voilà maintenant armé pour faire une conférence face aux banquiers centraux du cartel des taux bas (Etats-Unis, Europe, Japon) !

Petite question subsidiaire pour voir si vous suivez :
Que se passe-t-il lorsque la confiance s’érode, qu’on soupçonne que l’épargne est punie car les taux d’intérêt sont ou seront inférieurs à l’inflation ?

L’or monte !

Bingo !

C’est ce qui se passe depuis 2000.

Alors me direz-vous, c‘est très simple, il suffit de remonter les taux
Hep, pas si vite !

Imaginez seulement que les taux d’intérêt reviennent à leur moyenne historique de l’après-Seconde Guerre mondiale : 6,9%…

Tout le monde occidental ferait faillite : Etats-Unis, Europe (y compris la vertueuse fourmilière teutonne, pas que les cigales méditerranéennes), Japon…
Le service de la dette – c’est-à-dire le seul paiement des intérêts – absorbe déjà plus de 40% des revenus fiscaux des Etats. Imaginez que vous consacriez 40% de vos revenus à rembourser l’intérêt d’un emprunt.

Et pourtant…

Le temps va se gâter
Les banques européennes et les Etats auront besoin de 1 500 milliards d’euros par an pendant les quatre prochaines années pour financer leurs “frasques”, selon un document préparé pour une réunion des ministres des Finances de la zone euro dont Reuters s’est fait l’écho.

L’Agefi du 7 avril reprend une citation “le calme relatif sur les marchés obligataires européens (…) arrive à sa fin”.

En clair et sans décodeur, on va faire la queue au portillon pour émettre de la dette
Vous voyez où je veux en venir ?

Les taux risquent fort de monter “naturellement” : trop de demande (des emprunteurs) par rapport à l’offre (des créanciers) !

L’intérêt de nos dettes va peser de plus en plus lourd dans nos budgets déjà difficiles à boucler…

Mais revenons à nos monnaies et à notre or…

Pourquoi une telle différence entre l’or en euro et en dollar ?
Le dollar est une star. C’est la monnaie d’échange des matières premières. La Fed pratique ouvertement la politique de la planche à billets et tout le monde le sait. Les gens couvrent leurs dollars par de l’or. Il y a plus de dollars en circulation que d’euros.

A côté du dollar, les autres monnaies fiduciaires n’ont qu’un rôle secondaire. Il y a donc plus de gens qui cherchent à couvrir des dollars que des euros. Ces gens sont les créditeurs étrangers de ces monnaies respectives.

Un outil clé à ne pas négliger
Mais il y a selon nous une donnée très importante que les marchés ne prennent pas actuellement en compte : le ratio dette publique sur recette fiscale.

Partout dans la presse s’étalent les ratios dette sur PIB. Mais un Etat ne peut considérer tout le PIB comme une “recette”. Ses recettes ne peuvent augmenter que s’il y a croissance (sur ce front, le compte n’y est pas…) ou augmentation de la pression fiscale.

Mais beaucoup d’Etats européens ont déjà une pression fiscale très élevée. La marge de manoeuvre est quasi inexistante.

L’or en euro va décoller à l’automne
La BCE n’a officiellement fait marcher la planche à billets (monétisation de la dette souveraine des différents Etats en difficulté) que pour 76 milliards d’euros, une somme ridicule comparée aux 2 150 milliards de dollars des Etats-Unis.

Nous pensons que la BCE va devoir intensifier ses rachats dès l’automne face à la montée des taux longs qu’elle ne peut maîtriser.

Les débiteurs de la zone euro voudront alors couvrir cette émission de fausse monnaie par de l’or.

Et l’or montera encore un peu plus…

[Simone Wapler a encore quelques petits secrets à vous dévoiler...

D'ici deux ans, une poignée de Français pourraient être jusqu'à 4 fois plus riches -- tous les autres risquent de voir leur pouvoir d'achat laminé par l'inflation.

Le secret pour faire partie des privilégiés ? Un actif protecteur dont Simone vous parle ici.]

Première parution dans la Quotidienne de MoneyWeek le 08/04/2011.

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Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l'ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu'elle met au service des abonnés de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

Elle aborde les marchés avec l'oeil du professionnel, de l'ingénieur, de l'industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d'avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles -- un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l'offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur L'Investisseur Or et Matières et La Stratégie de Simone Wapler.

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