L’or flambe, le brut et l’argent tergiversent, le nickel plonge

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Tout va bien !
Amélioration du climat des affaires allemand, hausse des PIB sur le troisième trimestre en Zone euro (+0,4%), aux Etats-Unis (+0,9%) au Japon (+1,2% !!), en Chine (+8,9% en rythme annualisé)…

Un empire du Milieu qui retrouve un rythme de croissance de sa production industrielle (+16% sur octobre) équivalent à ce qu’il était avant la crise…

La récession ne serait-elle plus qu’un vieux souvenir ? A en croire les bourses toutes de vert habillées : OUI.

Et pourtant…
La confiance des consommateurs américains continue de marquer le pas. Or ils sont l’un des plus puissants moteurs de croissance qui soit. Pas de consommation américaine, pas de croissance. Et pour l’instant, nos chers Américains ont plutôt l’esprit à "mettre de côté" et à se "désendetter" qu’à consommer frénétiquement pour soutenir le plan de relance d’Obama.

Parallèlement, les taux de chômage continuent de croître, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Quant aux résultats meilleurs que prévus des entreprises, ils sont surtout liés au phénomène de restockage et de réduction massive des coûts. A présent, on attend la reprise des ventes, sans baisse de prix s’il vous plaît ! Sinon, bonjour les marges. A confirmer dans les mois à venir…

Et puis, où en serions-nous sans nos plans de relance ?
Toutes les semaines, nos chers dirigeants réaffirment, chacun à tour de rôle, qu’ils maintiendront les plans tant que l’économie ne sera pas repartie. Un coup c’est Ben, un coup la Banque d’Angleterre, un coup la Chine, et ce week-end ce sont les pays asiatiques (ASEAN) qui l’ont conjointement réaffirmé haut et fort. A chaque fois, la Bourse part en trombe vers de nouveaux sommets…

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Pensez-vous que le moteur de cette croissance soit sain ?
Avant la crise, la croissance carburait à l’endettement. Aujourd’hui, elle carbure un peu trop aux plans de relance à mon goût. Nous verrons bien où tout cela nous mènera d’ici quelques mois.

Nous sommes bel et bien sortis du marasme bancaire et financier. Mais la planète économique, je veux parler du monde "réel", n’est pas encore sortie d’affaire. A mon humble avis.

Petit tour d’horizon de nos matières premières. Pour information, l’euro/dollar était en début de semaine en hausse, au-dessus des 1,50, avant de repasser sous cette barre psychologique en fin de semaine.

1. Energie : le pétrole reste coincé dans son range
Les cours du pétrole continuent d’évoluer dans un range compris entre 75 $ et 80 $.

En début de semaine, le brut était soutenu par la faiblesse du dollar et les bons chiffres économiques chinois.

La tendance s’est inversée avec le léger renforcement du dollar en fin de semaine, les hésitations des marchés actions, la forte hausse des stocks hebdomadaires américains de brut. La prudence de l’OPEP n’a pas arrangé les choses puisque l’organisation ne revoit pas à la hausse la demande de pétrole pour 2009/2010.

Vendredi, le WTI livraison décembre cotait 76,73 $ le baril New York et le Brent 75,95 $ à Londres, même échéance.

2. Métaux précieux : au risque de me répéter… l’or flambe !
L’or n’a cessé de battre record sur record, toute la semaine. Avec un pic jeudi à 1 123 $.

D’ailleurs, ça continuait ce matin ! L’or cote au moment où je vous écris 1 133 $. On finirait presque par s’en lasser…

En cause ? Toujours la faiblesse du billet vert. Ce week-end, les pays asiatiques (ASEAN) annonçaient conjointement vouloir poursuivre leurs efforts pour soutenir les économies régionales (taux bas, plan de relance…). Voilà qui a aussitôt affaibli le dollar et fait bondir l’or.

Après les investisseurs privés qui achètent sans discontinuer de l’or depuis des mois et des mois, ce sont les banques centrales qui se mettent à acheter de l’or pour réduire la part des dollars dans leurs réserves.

Curieusement, l’argent n’a pas suivi l’or. Terminant même en baisse à 17,30 $, sous le pic récent des 18 $. Voilà qui est mauvais signe. Les investisseurs seraient-ils en train de réduire leurs positions sur l’argent ? Possible…

En revanche, les platinoïdes ont suivi l’or dans sa hausse, le platine revenant à 1 360 $ et le palladium à 357 $. La bonne tenue du secteur automobile, qui représente 65% des débouchés des platinoïdes, y est pour beaucoup aussi.

Autre facteur de soutien : les craintes des investisseurs quant à un possible repli de la production minière aurifère, notamment en Afrique du Sud.

3. Métaux de base : suspendus aux importations chinoises

Les influences se neutralisent…
La faiblesse du dollar et les bons chiffres économiques chinois dopent les cours qui restent toutefois capés par les craintes de voir les importations chinoises de métaux continuer de ralentir, et du fait de la hausse continue des stocks LME.

Conséquences, les métaux se cherchent, hésitent, tergiversent. Ne reprennent pas leur élan haussier estival, sans toutefois perdre réellement du terrain….

A l’exception du nickel qui s’est pris cette semaine une belle claque devant la très forte hausse des stocks de nickel sur le LME. Stocks qui atteignent un point haut depuis 1995.

L’épée de Damoclès ?
Les importations chinoises. Dont tous les investisseurs craignent le ralentissement. Et force est de constater que le mouvement est en marche avec un repli effectif des importations de métaux chinoises sur octobre.

Principal métal touché : le cuivre, métal phare du complexe. Dont les stocks sur le LME augmentent plus que de raison.

Et encore ! Le cuivre baisserait probablement bien plus s’il n’était pas soutenu par les troubles sociaux et les menaces de grèves dans certaines mines phares d’Amérique du Sud (au Chili, premier producteur mondial de cuivre) et en Afrique.

4. Soft commodities : les récoltes toujours en retard…
Cette semaine, les cours sont repartis légèrement à la hausse.

Cours à
3 mois
Vendredi
06/11/2009
Vendr
edi
13/11/2009
Variation / semaine
 Aluminium* 1 925 1 946 1,09%
 Cuivre* 6 575 6 520 -0,84%
 Plomb* 2 350 2 275 -3,19%
 Nickel* 17 900 16 105 -10,03%
 Etain 15 000 14 750 -1,67%
 Zinc* 2 229 2 174 -2,47%
 Acier (Méditerranéen) 360 383 6,39%
 Or (spot) 1 095,30 1 116,10 1,90%
 Argent (spot) 17,35 17,39 0,23%
 Platine (spot) 1 342,00 1 383,30 3,08%

* cours en $ sur le LME à trois mois

La récolte de maïs, déjà très en retard pour cause de météo pluvieuse, reste compromise. La pluie continue de tomber et seulement 37% du maïs a été récolté à ce jour contre 82% à cette époque en moyenne habituellement. Des baisses de rendements sont donc à prévoir.

D’ailleurs, l’USDA a revu ses anticipations de production de maïs légèrement à la baisse, de 0,7%.

Et les choses ne vont pas en s’améliorant car à présent un champignon se développe dans le maïs, lié à la trop grande humidité. Le maïs touché ne pourra donc être utilisé pour alimenter le bétail, ce qui dope les cours du soja et du blé qui constituent des "ersatz" au maïs dans l’alimentation animale.

L’USDA a revu ses anticipations de production à la hausse pour le soja. Pourtant, là aussi, la récolte est très en retard du fait des mauvaises conditions climatiques. Seulement 75% du soja a été récolté contre 92% normalement à cette époque. Ce qui met en retard les semis de blé d’hiver, mis en terre une fois le soja récolté. Effet dominos…

Bonne nouvelle, la demande chinoise de soja ne se dément pas. Elle est même en hausse de 55% sur le mois par rapport à octobre de l’an passé.

Livraison décembre, le maïs cotait vendredi 3,88 $ le boisseau sur le CBOT, le blé 5,37 $ et le soja, échéance janvier, 9,86 $.

Enfin, le sucre reste non loin de ses plus hauts niveaux récents.

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.