Rude semaine pour les matières premières que celle qui s’achève !
Le sentiment d’une bulle dans le secteur se faisait de plus en plus précis depuis quelques semaines. Elle a donc décidé de se crever la semaine dernière.
Mais ce revirement ne remet pas en cause le trend séculaire sur les matières premières. Il faut se méfier des excès de panique tout autant que de l’optimisme aveugle.
Essayons simplement de prendre un peu de recul par rapport aux événements.
L’économie paraissait inébranlable
Dans leur envolée folle, rien ne semblait arrêter l’ensemble des marchés financiers.
La tragédie japonaise n’a eu qu’un impact limité sur les actions. La troisième économie mondiale pouvait sombrer dans la récession, les spéculateurs n’en n’avaient cure.
A croire que la sphère financière évoluait dans un autre monde où les lois physiques terrestres n’avaient pas prise… Vive l’apesanteur, exit la loi de la gravité !
Pourtant les sujets d’inquiétude ne manquaient pas
L’année 2011 a été riche en événements et en sujets d’inquiétude :
▪ dettes souveraines insoutenables à moyen terme ;
▪ inflation galopante dans les pays émergents ;
▪ montée des risques géopolitiques ;
▪ déséquilibres des balances de paiement…
La liste est longue…
L’excès de liquidité a brouillé notre jugement
Le volume énorme des capitaux injectés dans le système financier ont fonctionné comme facteur d’amortissement. En diluant ou bien en retardant l’impact de signaux défavorables, les plans de relance nous ont fait perdre le sens des réalités.
C’était particulièrement le cas avec les matières premières.
Il était flagrant, depuis quelque temps, que le marché s’écartait de ses fondamentaux physiques. L’état des stocks était sur ce point particulièrement frappant.
Le retour sur terre a été rude
Pris isolément, l’accumulation de signaux ne semble jamais devoir provoquer de réaction notable. Puis subitement, la confiance dans le marché s’effondre.
Une fois que la machine infernale s’enclenche, le mécanisme d’accélération est bien connu : il repose sur la panique contagieuse des intervenants.
Les matières premières ont ainsi pu expérimenter la réaction en chaîne provoquée par cette perte de confiance. Elles ont connu jeudi dernier leur plus forte chute depuis 2009, emportées notamment par la dégringolade du prix du pétrole.
Le déclic est venu des Etats-Unis
Les premiers craquements étaient perceptibles dès mercredi. Le gouvernement américain avait alors indiqué que les stocks de pétrole étaient remontés à leur plus haut depuis octobre.
Ensuite, hausse du chômage aux Etats-Unis + remontée du dollar suite aux hésitations de la BCE, ont eu raison des derniers acheteurs.
Ventes réflexes et esprit moutonnier ont fait le reste
Pris au dépourvu, les opérateurs et les systèmes de trading ont déclenché un torrent de ventes réflexes, chacun cherchant à renverser sa position le premier…
Comme toujours en de telles circonstances, tout le monde a eu la même idée en même temps.
Conséquence : le prix du WTI a dévissé de plus de 7% en quelques heures, revenant au contact des 95 $.
Quelles sont les perspectives ?
L’évolution du pétrole, et plus largement des matières premières, va dépendre à court terme du dollar.
A ce sujet, la configuration technique n’est pas des plus porteuses. Après s’être approché du seuil psychologique des 1,50, l’euro/dollar (EUR/USD) s’est subitement retourné, dessinant un bearish engulfing pattern (ou avalement baissier), figure de retournement puissante.
Rivées au dollar, les commodities risquent donc de poursuivre leur décrochage…
La configuration du secteur est donc peu favorable à court terme.
La correction est salutaire
Loin de m’inquiéter, cette consolidation me paraît saine.
Sur beaucoup de matières premières, il était évident qu’une bulle s’était formée. C’était particulièrement le cas sur l’argent et sur le cuivre. C’est pourquoi ces dernier mois j’ai traité dans le MAP des sujets moins cycliques comme l’électricité.
Mon conseil pour profiter de la correction
Il me semble inéluctable que les indices actions ne restent pas à l’écart du mouvement de panique. Le Dow Jones vient d’ailleurs de se retourner à la baisse à l’approche de la résistance des 13 000 points.
Pourtant, un retournement majeur de long terme ne me semble pas d’actualité. Voici pourquoi :
▪ les sociétés ont renforcé leur trésorerie, alimentant les rumeurs de fusions-acquisitions (sujet porteur) ;
▪ les PER des indices occidentaux sont relativement peu élevés.
Je pense donc qu’une baisse modérée de l’ordre de 10% sur les marchés actions est possible.
Le trou d’air que nous subissons actuellement va donc créer des excès à la baisse. Ce sera le moment de saisir ces opportunités.



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