Désormais c’est devenu une habitude, il faut suivre ce qui se passe à Athènes pour comprendre les matières premières. Or récemment, la Grèce n’a pas été avare en actualités. Référendum, défection de parlementaires, annulation du référendum et nouveau gouvernement… les infos se succèdent aussi vite qu’elles s’entrechoquent. Mais il semble que la Grèce dispose aujourd’hui de quelques jours pour souffler.
Les nouvelles en provenance d’Asie ou d’Amérique ont été contradictoires, et n’ont pas réussi à rassurer les marchés.
Les chiffres de l’emploi en octobre aux Etats-Unis sont stables, à défaut d’être rassurants. Le chômage reste à 9,1% en octobre, en dessous de ses plus-hauts à 9,8%.
Néanmoins, les maigres résultats du G20 ont déçu les marchés. Le renforcement du FESF semble compromis devant les réticences des émergents à s’engager financièrement.
C’est peut-être ce qui explique que l’Italie soit redevenue la cible des marchés. La hausse des taux italiens à 10 ans, à 6,40% devient un risque majeur pour le budget italien. La dette italienne ne trouve plus preneur.
Le ralentissement de l’Allemagne, avec une hausse surprise du chômage à 7% au troisième trimestre, et une baisse de la consommation, a davantage retenu l’intention des marchés. Cette nouvelle arrive après que Berlin ait revu sa croissance à la baisse pour fin 2011, passant de 3% à 2,7%. Et à 1% en 2012.
Venons-en à nos matières…
Etonnement, nos matières n’ont pas dégringolé. Mis à part l’or et plus généralement les métaux précieux, qui ont décidé de faire une échappée depuis une semaine, les métaux et les céréales évoluent toujours dans un canal plat. C’est encore une fois le pétrole qui s’en sort le mieux, en confirmant ses niveaux actuels.
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L’absence de point hebdomadaire la semaine dernière va nous donner l’opportunité de regarder l’évolution des prix des matières sur deux semaines. Un peu de recul ne nous fera pas de mal devant des marchés ou panique et court-termisme dominent.
1 – Les métaux de base stagnent, le cuivre cherche sa voie
La persistance des inquiétudes quant à l’économie ont pesé sur les métaux. Ils ont perdu leurs gains enregistrés fin octobre. Ainsi, sur deux semaines, les métaux industriels n’affichent pas de grande évolution.
Les métaux sont une nouvelle fois dans l’expectative. Les signaux contradictoires ne permettent toujours pas de donner une direction claire au marché. Seul le plomb a décollé. La production de batteries en Chine étant repartie à la hausse, alors que l’offre de plomb sur les marchés s’est considérablement réduite. Ainsi, le métal gagne 7,17% sur deux semaines.
Il faut faire un cas à part du cuivre. Les voix du métal rouge sont décidément impénétrables. Loin de stagner, le métal a atteint des niveaux élevés, effleurant les 8 000 dollars la tonne sur le LME en fin de semaine dernière. Je vous rappelle qu’il avait chuté courant octobre dans la zone des 6 000 $. Le métal a résisté au référendum grec puis au bilan mitigé du G20 grâce à deux phénomènes :
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Les grèves au Pérou et en Indonésie qui pèsent sur l’offre
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La consommation de Pékin qui reste stable. Les importations de cuivre raffiné ont touché un plus-haut en 16 mois.
Pourtant, cette évolution paraît condamnée à court terme. Comme le signale Jan du Plessis, président du minier Rio Tinto, le ralentissement de l’économie chinoise est “manifeste”.
Seul un mouvement de la Banque centrale chinoise justifiera une nouvelle hausse. Selon un article du journal officiel China Securities Journal, la Chine serait prête à injecter 158 milliards de dollars dans son économie pour amortir les conséquences du ralentissement actuel.
Si l’annonce était réelle, le cuivre et les autres métaux repartiraient immédiatement à la hausse. Je vais bien sûr creuser ce point.
2 – Les céréales prêtes pour amorcer un recul
Après une période d’incertitude, c’est un mouvement baissier qui semble s’imprimer sur le marché des céréales.
Désormais, le maïs évolue dans un canal bien identifié, entre 6,30/6,60 $ le boisseau à Chicago. Le blé évolue également dans un canal de 6,10/6,5 $. Or les nouvelles des récoltes et des ensemencements sont plutôt encourageantes et devraient donc conduire à une baisse des cours.
En Amérique du Sud, tout se déroule normalement. Les récoltes de maïs et surtout de soja s’annoncent particulièrement bonnes. Après avoir été soutenu par les achats gigantesques chinois, le cours du maïs pourrait refluer. Le soja est déjà en repli de quasiment 5%.
Seul le blé offre des perspectives contrastées. Alors que les récoltes en Russie et au Kazakhstan sont exceptionnelles, l’Ukraine souffre actuellement de sécheresse. Elle pourrait réduire ses exportations. Aux Etats-Unis, malgré l’arrivée de pluie dans le Midwest, le Texas reste affecté par un manque de pluie.
Pour se décider sur la direction du maïs et du blé, les investisseurs attendent le rapport de l’USDA mercredi prochain. La question de l’offre et de la demande sur le marché mondial des céréales seront au coeur du rapport.
3 – Les métaux précieux brillent
Lundi dernier, alors que George Papandréou annonçait son intention d’organiser un référendum, l’or explosait. Après son rally d’octobre, le métal jaune prenait 4% sur le mois de novembre. L’or bénéficie de la trop forte incertitude et de la volatilité des marchés.
D’ailleurs, la recherche d’une protection contre cette volatilité a profité à l’ensemble des métaux précieux. Ils connaissent tous une hausse supérieure à 6% sur ces deux semaines.
4 – Le pétrole reste toujours orienté à la hausse
Plus que jamais, le pétrole apparaît comme la valeur du moment. L’or noir semble insubmersible, ayant résisté à l’annonce du référendum grec et aux signes de ralentissement qui se multiplient aux Etats-Unis, en Chine et en Allemagne.
Ainsi sur ces deux semaines, le WTI gagne plus de 6%. Mieux, le Brent évoluait au-dessus des 110 $ avant que la BCE n’annonce son intention d’abaisser son taux directeur. Le marché est donc soutenu par des fondamentaux solides.



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09 nov 201111:07