Mines d’or : les milliards en jeu mettront-ils le feu à votre portefeuille ? Il n’en tient qu’à vous

leadimg

Il y a quelques jours j’écrivais un Edito sur les minières, vous recommandant de préférer en ce moment les grosses capitalisations plutôt que les petites juniors.

Ce que je ne vous ai pas dit, c’est qu’il y a des exceptions. Et ces quelques exceptions seront extrêmement rentables pour celui qui les détiendra en portefeuille. Voici pourquoi :

J’ai souvent eu l’occasion de l’écrire dans ces colonnes :

Il est de plus en plus difficile de trouver des gisements d’or
Pourquoi ?

Parce que de nos jours, les beaux gisements, faciles d’accès, avec des teneurs fortes et des coûts d’extraction faibles, ont tous été découverts depuis bien longtemps. Pour trouver de nouveaux gisements aujourd’hui, il faut creuser de plus en plus profond avec des moyens techniques de plus en plus sophistiqués et des teneurs toujours plus ténues. D’où des coûts d’extraction/production de l’or de plus en plus chers.

Et je ne parle même pas de la phase exploration/construction de la mine qui coûte des milliards et qui est un véritable parcours du combattant. Sans compter les années de patience et d’attente…

Ces milliards d’investissement en amont, la mine doit pouvoir les “amortir” rapidement, en un an ou deux de production.

J’en arrive à mes montagnes de cash
Les grosses minières or qui détiennent de nombreux gisements produisant déjà, largement amortis et forts rentables, et sont assises sur des montagnes de cash.

Pourquoi ?

Parce que les coûts de construction de leurs mines sont amortis depuis longtemps et que leurs coûts de production sont raisonnables. La flambée des cours de l’or de 1 000 $ à 1 900 $ en quelques mois fait exploser leurs marges comme jamais. Une marge brute providentielle tombée du ciel ! Toutes les grosses mines d’or on ainsi annoncé des profits mirobolants.

D’ici 2013, les six plus grosses mines auront amassé 144 milliards de dollars de cash selon certains experts.

Que faire de toutes ces montagnes de cash ?
Le réinvestir. Objectif : mettre la main sur des gisements rentables pour profiter de l’or à 1 700 $ le plus vite possible.

Pas question d’attendre huit ans pour voir émerger une mine. Donc la solution est simple : racheter des junior avec des beaux projets en cours de mise en route, et injecter le cash pour faire sortir l’or le plus vite possible de terre.

Résultat : explosion des fusions-acquisitions dans le petit monde des mines
Sur les trois premiers trimestres 2011, les fusions-acquisitions (fusacs) dans le secteur minier ce sont élevées à 132 milliards de dollars. Oui, vous avez bien lu. 132 milliards… Un chiffre gigantesque.

C’est 70% de plus que l’an dernier sur la même période. Nous n’en recensions alors “que” 79 milliards …

Acheter des juniors, quel qu’en soit le coût ?
Oui, enfin presque…

Les grosses minières sont prêtes à casser leur tirelire pour acquérir de petites pépites.

▪ En août, Newmont a payé une prime de 40% (sur le dernier cours de cotation) pour acquérir Fronteer Gold.
▪ AuRico Gold a offert une prime de 62% aux actionnaires de Northgate Minerals pour mettre la main sur ses gisements.
▪ Courant septembre, Agnico-Eagle a offert une prime de 66% (sur les 20 derniers jours de cotation) pour acquérir Gray’s Resources.

D’après Bloomberg, de mars à juin, il y a eu pour 20 milliards de fusions-acquisitions dans le secteur des mines d’or, jamais on n’a vu cela depuis 10 ans. Mieux : les rachats se sont faits avec une prime moyenne de 50% sur le cours de Bourse. Impressionnant.

Retenez ceci :
Tant que le cours de l’once d’or restera à des niveaux stratosphériques (1 717 $ en ce moment), les grosses mines d’or amasseront du cash et mettront la main sur de belles petites juniors.

Nous allons assister à une concentration du secteur. Et ce phénomène va être d’autant plus violent que les petites juniors ne trouvent plus auprès des banques et des marchés financiers le cash indispensable pour financer leur développement. La crise de la dette et l’aversion au risque des investisseurs sont passées par là…

Je vois venir votre question : quelles sont les cibles potentielles ?
Nous n’en savons rien. En revanche, nous savons ce que nous ferions si nous étions à la tête de ces montagnes de cash : nous irions acheter les juniors qui ont de très beaux gisements, ET qui sont SOUS-EVALUEES. Autant maximiser la rentabilité de l’opération ! Simple bon sens…

Comment procéderions-nous alors ?
▪ D’abord, étudier l’étude économique préliminaire qui estime en quelques sortes les fondamentaux du projet minier, en tenant compte des tests déjà effectués. Cela permet notamment d’estimer (c’est très approximatif bien sûr, mais ça donne une idée) la valeur nette du projet.

▪ Ensuite, rapprocher cette valeur de la capitalisation boursière de la junior pour voir si elle est sous-évaluée, et de combien. Plus elle est sous-évaluée, plus vous pouvez vous permettre d’offrir une prime significative aux actionnaires.

Pour revenir à Gray’s Resources, la valeur nette de son projet minier de La India au Mexique est de 187 millions de dollars pour un cours de l’once d’or de 950 $ l’once. L’once vaut actuellement 1 700 $ et la capitalisation boursière de l’entreprise est de 154 milliards. Un coup fantastique ! Vous comprenez mieux pourquoi Agnico-Eagle a déboursé une prime de 66%.

Le fait que les petites minières aient été massacrées ces derniers mois renforce d’autant leur attractivité et la volonté des grosses mines de frapper fort et vite.

En résumé :
Certes, il faut globalement préférer en ce moment les grosses mines sur les juniors pour les raisons que j’évoquais récemment.

Mais mettre en portefeuille deux ou trois petites juniors sous-valorisées et dotées de beaux projets pourrait bien s’avérer fortement rentable si l’un des “monstres aurifères” aux poches bien remplies de cash venait à jeter son dévolu sur l’une d’entre elles.

[NDLR : Achat de minières aurifères : ne cherchez plus ! Notre spécialiste du métal jaune vous guidera dans l'univers des minières, avec : des conseils, des documents confidentiels, des recommandations ultra-prometteuses, des indicateurs d'achat et de vente, un suivi de portefeuille permanent – et bien d'autres avantages encore : continuez votre lecture pour en savoir plus...]

Author Image for Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter nos politique de commentaire.