Avez-vous déjà entendu parler du molybdène ? Derrière ce nom barbare se cache peut-être des opportunités que vous ne soupçonnez pas.
Premier avantage : il n’appartient pas aux métaux dits "industriels" dont le cours est étroitement lié aux fluctuations de croissance.
Deuxième avantage : il est indispensable à des secteurs en pleine explosion : les industries nucléaires, aéronautiques et pétrolières.
Entrons dans le vif du sujet.
C’est quoi, le molybdène ?
Le molybdène est un métal dur résistant à la corrosion. Il est principalement utilisé comme apport dans les aciers destinés à des usages très spécifiques, pour lesquels dureté, résistance à la corrosion et à des conditions climatiques extrêmes sont recherchées.
Il permet d’obtenir des aciers à point de fusion élevé. Les inox réfractaires haut de gamme consomment 33% du molybdène extrait. Par ailleurs, 45% de la production mondiale rentre dans la composition d’autres aciers spéciaux et notamment 4% dans les superalliages.
Le molybdène : un métal stratégique
Il permet de fabriquer des pièces critiques pour des centrales nucléaires, des équipements de forage pétrolier, des chambres de combustion et des turbines aéronautiques. Sans molybdène, pas de moteurs pour Boeing et Airbus (et les avions des armées de l’air), pas de plateformes pétrolières ni de pipelines pétroliers et gaziers, pas de turbines aéronautiques et nucléaires.
En résumé, c’est un métal stratégique pour les industries nucléaires, pétrolières et aéronautiques. Or ces industries sont en pleine expansion.
Le risque de substitution ?
Ses substituts possibles dans certains cas sont le titane et le tungstène, métaux aussi coûteux et rares que le molybdène. Les industriels n’ont donc aucun intérêt à entrer dans ce jeu là. Le risque est donc très limité.
Venons-en aux fondamentaux du marché.
La demande explose
La demande mondiale est en très forte croissance : elle a augmenté de 25% depuis 2005 (84% depuis 2004) et s’élevait à 195 000 tonnes en 2006.
La construction de plus de 130 000 km de pipelines gaziers et pétroliers est en cours ou planifiée*. Ceci nécessite d’augmenter la production mondiale actuelle de plus de 150%.
L’offre ne suit pas
Les réserves se situent essentiellement aux USA et au Canada (plus de 50%), au Chili (un peu plus de 20%) et en Chine (environ 8%), le reste étant éparpillé. La production minière se montait à 134 000 tonnes en 2000 et à 127 600 tonnes en 2002. Entre 2005 et 2006, elle n’a augmenté que de 4%. Pire, les stocks s’amenuisent.
Le marché est donc déficitaire et le restera encore quelques années. A l’heure actuelle, il faudrait produire chaque année entre 20 et 25 millions de livres supplémentaires pour répondre à la demande (soit environ 11 000 tonnes – une livre anglo-saxonne valant 453 g). D’où la pression sur les prix…
Les projections sur les bases actuelles des minières montrent que d’ici 2015, la croissance de la production ne serait que de 25%. Insuffisante donc, puisque nous avons vu que la croissance de la demande s’élevait à 150%.
Et le recyclage ne suffit pas à combler le déficit
Depuis 2003, le molybdène est passé de 5 $ la livre à un peu plus de 40 $ la livre en juin 2005. Son cours s’est ensuite replié pour remonter actuellement à 32,50 $ la livre. Probablement grâce à une efficace politique de recyclage car aucune augmentation de production ne justifie une baisse du prix, au contraire.
La production mondiale (recyclage inclus) est en baisse, passant de 185 000 tonnes à 179 000 tonnes. Et deux événements récents viennent à nouveau perturber le marché :
- la Chine, qui possède plus de 40 % des réserves mondiales, et contribue à hauteur de 17% à l’offre mondiale, vient de mettre en place des restrictions sur l’exportation de molybdène. La demande interne étant explosive !
- On vient d’assister à la création d’un ETF canadien basé sur le métal. Le tout premier !
Regardez :

Prix de la livre de molybdène en US$ la livre
Miser sur une minière ?
Dans ce contexte explosif, miser sur une exploratrice peut permettre un très fort retour sur investissement. D’ailleurs les premiers à en avoir bénéficié sont les lecteurs de l’Investisseur Or et Matières. La minière « molybdène » que Simone Wapler leur a recommandé a déjà gagné 75% en trois mois. Une belle plus-value qui devrait encore s’accroître…
* Source: Roskill Information Services P&GJ’s 2006 Worldwide Pipeline Construction Survey


