Cher investisseur,
L’étau se resserre. Le mur de la dette s’approche. Le credit crunch est en marche. La crise de liquidité se propage. Pendant ce temps, les spolitiques s’agitent et se querellent.
D’abord aux Etats-Unis, où le spectacle est affligeant
Démocrates et républicains s’étripent et se chamaillent. D’ici mercredi soir, ils doivent tomber d’accord pour réduire de 1 200 milliards de dollars le déficit sur les 10 prochaines années. Arc-boutés sur leurs positions, ils échoueront.
Les premiers ne veulent pas réduire les prestations sociales, les seconds refusent toute augmentation d’impôts. Chacun ne voit que son propre intérêt, purement électoraliste.
Si aucune solution n’est trouvée d’ici mercredi soir, des “coupes” seront mises en oeuvre automatiquement, mécaniquement. Ces coupes irréfléchies coûteraient 1,5% de croissance du PIB au pays l’an prochain d’après les experts, sur les 2,4% de croissance attendue. Ce qui la ferait chuter sous les 1%… avons-nous vraiment besoin de cela ?
L’incapacité des politiques à s’unir et à travailler ensemble dans l’intérêt national est affligeante. Ils préfèrent détruire leur pays que de faire des concessions réciproques en période pré-électorale. Navrant…
En serait-il de même en France ? Humm…
C’est l’un des points forts des Allemands. La capacité à trouver un consensus dans les situations difficiles. Ils sont capables de s’unir et réfléchir ensemble pour trouver des solutions qui soient dans l’intérêt de tous. Ce mode opératoire est l’une des clés qui mènera à la sortie de crise.
Justement, venons-en à l’Europe
Vous avez raison. Je suis d’accord avec vous : il n’y a pas d’autre solution que la planche à billets à pour casser la crise de liquidité qui se propage à grande vitesse.
Mais il n’est pas question de sortir l’arme de la monétisation à outrance sans que le politique ait “fait son job”, lui aussi.
Finalement, l’Angleterre a fait exactement ce qu’il fallait faire. Tailler dans le vif, à coup de hache pour redresser les finances publiques. Et aussitôt le plan de rigueur lancé, la Banque centrale anglaise a monétisé à tout-va pour “faire passer la pilule”. L’union des deux fait la force… c’est la deuxième clé qui pourra nous aider à nous en sortir.
La solution ? Action politique vigoureuse + action monétaire combinée
Et je suis certaine que les Allemands accepteraient que la BCE monétise si, au préalable, les gouvernements de la zone euro prennent des mesures vigoureuses de redressement des comptes publics.
Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Nous ne sommes qu’au début d’une prise de conscience, mais rien de flagrant pour le moment. Il n’y a qu’à voir la France, pourtant menacée de perdre son triple A : un petit plan par-ci, un petit plan par-là…
Sortir le bazooka monétaire est insensé si rien n’est fait en parallèle pour redresser les comptes publics des Etats. Sur ce point les Allemands ont raison. La BCE ne fera jamais tomber seule “le mur de la dette”.
Si jamais elle devait seule se lancer dans la bataille, les gouvernements au raisonnement “court-termiste et électoraliste” seront encore moins enclin à agir. “Pourquoi diable se décarcasser puisque “l’autre fait le sale boulot à notre place”.
Trop facile…
En attendant, la crise de liquidité s’étend, le credit crunch menace
Les banques et assureurs européens vendent leurs obligations souveraines européennes, massivement. Ils “liquident” pour reconstituer leurs réserves de cash et renforcer des ratios de prudence.
Ø C’est ce qui amplifie la crise de liquidité et accélère la contagion.
Ø Et c’est aussi pourquoi le banquier “resserre le verrou du financement” et dit de plus en plus “non” à l’entrepreneur qui frappe à la porte.
Nos banques ont fait crédit pendant des années à des Etats qui vivaient au-dessus de leurs moyens. Pour financer “un train de vie” en pure perte. Cela n’a semble-t-il dérangé personne…
Aujourd’hui, ce sont nos petites et moyennes entreprises qui sont menacées. Ne serait-ce pas dans ces entreprises justement, que la banque devrait investir ? Dans des projets de développement, des investissements de croissance, capables de créer de la richesse ?
Car notre vrai problème finalement, est que nous ne créons pas suffisamment de richesses. Nous ne produisons collectivement pas assez de richesses. Dit autrement, nous consommons/distribuons plus que nous produisons/créons ; et la différence entre les deux est l’accumulation de la dette depuis des années : le “mur de la dette”.
Créer plus, pour pouvoir distribuer… C’est la troisième clé qui nous permettra de sortir de la crise. Et pour cela, il va falloir repenser le business model de la France sur le long terme.
En attendant, je vous recommande de suivre les conseils de Simone Wapler. Son oeil acéré et ses conseils éclairés vous seront d’une grande aide dans la tempête que nous traversons.
[NDLR : Faillite des Etats-Providence : découvrez l'analyse et les solutions de Simone Wapler...]



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[...] Cette solution passera par une intégration budgétaire monétaire et fiscale accrue. Et une fois ce point acquis, par une monétisation partielle de la dette par la BCE. Vous verrez, Angela acceptera. Je vous ai expliqué récemment pourquoi. [...]
25 nov 20115:56