En attendant le retour des rédacteurs de l’Edito Matières Premières, nous vous proposont de redécouvrir de manière croisée leurs analyses et leurs conseils.
Actualité oblige, nous nous intéressons aujourd’hui à la Chine dont la puissance économique ne cesse de s’affirmer. Energie, métaux, softs, de nombreuses matières premières subissent directement l’influence de l’Empire du Milieu. Les rédacteurs de L’Edito Matières Premières vous font partager leurs analyses sur les forces et les faiblesses de ce géant économique.
Le 22 juin 2007, Isabelle Mouilleseaux nous expliquait le formidable potentiel de développement chinois :
La Chine est en train de vivre ses “30 Glorieuses”. Elles viennent juste de commencer. Sauf que contrairement à nous à l’époque, la Chine a une autre dimension, incommensurablement supérieure. Elle compte plus d’un milliard d’êtres humains prêts à travailler dur pour “progresser”, elle a une taille gigantesque.
Tout doit être démultiplié, à commencer par son potentiel et son impact économique et social. Ce seront les 30 Glorieuses “puissance 10 !”… surtout que contrairement à nous à l’époque, elle a les moyens de ses ambitions.
Et en plus, cerise sur le gâteau, elle a à sa disposition des technologies et moyens que nous n’avions pas à l’époque ! On passe là-bas directement au téléphone portable, sans passer par toutes les évolutions du téléphone que nous avons connues depuis 50 ans ! Et tout est comme cela.
Il n’y a aucune raison que tout cela s’arrête du jour au lendemain
N’oubliez pas. Il n’y a aucune raison pour que la Chine arrête de construire des routes, des ponts, des ports, des villes, des maisons, des usines, des centrales nucléaires, des infrastructures de communication et des systèmes d’information… dans les 30 prochaines années. Même si sa croissance économique passe de 10% à 2% !
Il n’y a aucune raison pour que les Chinois — dont le niveau de vie va augmenter — s’abstiennent d’acheter des voitures, des sèche-cheveux, des machines à laver de linge et la vaisselles, des portables, des PC et des télévisions… sous prétexte que la croissance économique ralentit. Or ils sont 1,3 milliard. Ca fait du monde !
Et ils ne se cantonneront pas au riz du point de vue culinaire. Nous mangeons bien des sushis, du soja, des tapas, et des nems. Pourquoi ne mangeraient-ils pas du chocolat et du bœuf, ou du pain, des frites et du maïs ? Pourquoi ne boiraient-ils pas du café, du lait et du vin ?
Le mouvement est inéluctable, vous m’entendez !
Or les matières premières sont aux avant-postes pour profiter de ce grand trend de fond. C’est pour cela qu’il ne faut pas négliger les matières premières. Ce serait dommage de passer à côté d’une telle opportunité. C’est de l’opportunité d’une vie dont je vous parle. Pas “d’un coup” boursier à la manière du trader.
Croyez-moi, les matières ont encore de très belles années devant elles, en grande partie grâce à l’expansion chinoise qui s’inscrit dans le long terme.
Le 3 janvier dernier, Emmanuel Gentilhomme faisait le point sur la stratégie d’achat de matières premières des Chinois :
Nous vous avons souvent parlé de l’appétit vorace de la Chine pour les matériaux de base. Ces dernières années, les entreprises chinoises avaient d’ailleurs défrayé la chronique en passant avec des producteurs de matières premières des contrats d’approvisionnement à très long terme : de 20 à 30 ans, alors que la norme était jusqu’alors de quelques années seulement. Une demande planifiée qui a contribué à la hausse des cours – et à sa pérennité.
Des matières premières aux valeurs minières
Mais voilà, les Chinois sont passés à la vitesse supérieure : après les minerais, ce sont maintenant les sociétés minières qui sont en ligne de mire…
Le 9 octobre dernier, Camille-Yihua Chan brossait le tableau d’une Chine en fort retard sur l’énergie nucléaire :
Question pour un champion : quelle part représente l’énergie nucléaire dans la production chinoise d’électricité ? Allez, un chiffre au hasard :
-15% ?
Eh bien pas du tout : vous êtes largement au-dessus de la réalité.
- 6% alors ?
Non plus : 6%, c’est l’objectif que la Chine s’est fixé pour 2020.
Euh !… ne cherchez plus, voici la bonne réponse : 2,3%*.
Pourquoi tant de retard par rapport à la France ?
Comparée à l’Hexagone, la Chine accuse en effet un retard considérable dans le domaine électronucléaire. Saviez-vous que si le parc nucléaire français est fort de 58 réacteurs, son homologue chinois n’en compte que 11 ?
Certes, la France a commencé la construction de centrales nucléaires dès 1958, soit 27 ans avant la Chine (1985). Mais l’antériorité du secteur n’explique pas tout…


