Je commencerai bien sûr cette chronique hebdomadaire pour vous présenter, cher lecteur, mes voeux les plus sincères.
Que 2012 soit une année de réussite dans vos investissements comme ailleurs.
Ah, la tradition des voeux… Quelle époque formidable, la bonne humeur est là, les résolutions aussi.
Mais si on regarde bien, il n’y a aucune véritable raison tangible de changer quoi que ce soit, si ce n’est votre seule volonté de prendre ces résolutions, non ?
Ce n’est pas un changement d’agenda qui va soudain changer votre vision de la vie. En plus, il fait trop froid pour reprendre le sport…
Douche froide en zone euro
Pourtant, tout avait bien commencé.
En 2001, l’Allemagne voit son taux de chômage au plus bas depuis une vingtaine d’année, les indices industriels reviennent dans le vert. Puis, finalement la réalité nous rattrape.
Les ventes de détail outre-Rhin s’effondrent. En novembre, c’est une baisse de 0,9%. Pire, la hausse d’octobre est corrigée nettement à la baisse, à -0,2%.
Les consommateurs français ne sont pas mieux, avec les dépenses des ménages toujours anémiques, en baisse de 0,1% en novembre.
Une gouvernance à la dérive
Comme un navire incontrôlable, la zone euro semble errer dans les eaux troubles de la crise.
L’Espagne et ses 23% de chômage contrastent avec le plein emploi allemand.

Extrait du Financial Times du 4/01/2012
La Grèce de son côté, pourrait être en défaut dès le mois de mars si les syndicats ne trouvent pas de compromis sur les salaires des fonctionnaires.
Ces déséquilibres deviennent ingérables pour la gouvernance européenne, avec des intérêts nationaux qui sont de plus en plus divergents selon les pays.
Ainsi, à l’occasion du sommet européen du 30 janvier, nous devrions assister à un nouvel épisode de la comédie dramatique européenne intitulé “Le troisième sommet de la dernière chance“.
Des banques pas fair-play !
Souvenez-vous, l’euphorie déclenchée par la mise à disposition de liquidités par la BCE le mois dernier. Comme celui de Pôle emploi, le guichet de la BCE ne désemplit plus, les banquiers font la queue.
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D’un côté, il y a les parias. Ce sont ceux qui ne parviennent plus à se financer et doivent recourir au guichet d’urgence, appelé la facilité marginale. Mardi soir, près de 15 milliards ont dû être ainsi débloqués pour des établissements bancaires de la zone euro, proche des records de fin d’année.
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De l’autre, les frileux. Ils préfèrent déposer auprès de la BCE plutôt que de prêter sur le marché interbancaire pourtant plus rémunérateur, et ainsi alimenter l’économie “réelle”.
Vous l’aurez compris, la crise de confiance n’est pas résolue et le secteur bancaire va sans doute encore connaître des difficultés énormes en 2012.
Et des Etats à l’agonie
Ces crispations interbancaires couplées aux mauvais chiffres européens ont ainsi fait plonger la monnaie unique dès ce jeudi, passant sous 1,28 $.
L’autre inquiétude est du côté des obligations d’Etat françaises. Elles ont connu une adjudication pour le moins compliquée avec une demande en baisse et des taux très mitigés selon les maturités.
D’ailleurs, le spread entre le 10 ans allemand et français dépassait les 150 points de base ce jeudi.
Pareillement, l’Espagne et l’Italie voient également l’écart se creuser.

Evolution des taux à 10 ans sur six mois
Super Mario place ses pions
Les tensions sont telles que tous les yeux sont rivés sur la BCE. Les marchés attendent le moindre signe d’assouplissement.
Et un événement, en apparence, sans importance, semble indiquer que les choses changent réellement au sein de la banque centrale.
En effet, Mario Draghi a confié la direction du pôle économique, chargé de la préparation des recommandations sur la politique monétaire à un Belge. Il s’agit de M. Peter Praet, qui remplacera M. Starck, démissionnaire.
C’est la première fois en 13 ans que ce n’est pas un Allemand à ce poste !
Si Berlin n’a pas encore réagi, il va de soi que ce changement, en apparence minime, est lourd de signification. La BCE n’est plus vraiment le sosie de la Bundesbank qu’elle a été…
Mais l’euro trinque !
Ainsi, l’euro est passé ce jeudi sous la barre de 1,28 $, sous la pression des inquiétudes grandissantes concernant la zone euro, confirmant mon scénario développé en fin d’année. Face au yen, l’euro a franchi son plus bas niveau depuis 11 ans, sous la barre des 99 yens.
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Techniquement, la paire est venue tester un nouveau seuil vers 1,2780, qui pourrait lui permettre de rebondir à court terme.
La tendance baissière reste d’actualité tant que la paire est sous 1,3310, et devrait poursuivre sa chute vers 1,2450 puis 1,20 $.
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