J’ai toujours aimé Columbo. Les chaînes de télévision ont beau repasser cette série télévisée américaine en boucle depuis près de 40 ans, et bien que chacun connaisse désormais le déroulement de chaque rebondissement par coeur, comment ne pas être pris par le charme de Peter Falk qui joue les faux niais, avec son pardessus râpé, sa Peugeot 403 (modèle 59) délabrée et sa femme furtive ?
Columbo, c’est de l’artisanat télévisé. D’abord, il faut prendre systématiquement le problème à l’envers, puisque l’on sait dès le départ qui a tué. La question devient désormais : quel est le petit détail qui trahira le coupable ? L’histoire prône la curiosité, la bienséance et la non-violence (voilà un flic qui, pour une fois, ne porte pas d’arme).
Pour donner la réplique au lieutenant à l’oeil de verre, il y a toujours une vedette, voire plusieurs. C’est ainsi qu’ont défilé Johnny Cash, John Cassavetes, Faye Dunaway, George Hamilton, Martin Landau, Patrick McGoohan, Leonard Nimoy, Martin Sheen, Donald Sutherland et j’en passe…
Il avait pourtant un très bon alibi…
Aidé de son basset nommé "le chien", notre homme doit constamment se résoudre à réfléchir de manière créative. Par exemple, dans l’épisode intitulé Le grain de sable, le meurtrier, patron d’une équipe de football, dispose d’un alibi en béton : il a appelé la victime et a laissé un message sur son répondeur au moment du meurtre.
Sur la bande, l’auditeur identifie les hourras du public, ce qui tend à confirmer que le suspect était bien dans son espace de travail du stade à cette heure-là. Malheureusement pour l’assassin, sur son bureau trône une magnifique horloge, type pendule neuchâteloise, qui sonne les coups toutes les heures.
Trahi par sa pendule !
Or, la police connaît à la minute près le moment de l’appel : cela se situe entre 15h59 à 16h01. Logiquement, si le personnage avait véritablement appelé de son bureau, on entendrait clairement sa pendulette sonner quatre coups. Comme ce n’est pas le cas, il est bon pour le panier à salade. Bien entendu, il s’agit d’une fiction hollywoodienne mal racontée par un spécialiste de la finance ; toutefois, il y a beaucoup de valeur dans le concept d’observer des données qui n’intéressent a priori personne d’autre.
Plus de performance pour moins d’électricité
Par exemple, prenez l’information, largement relayée par les médias, comme quoi le produit intérieur brut de la Chine aurait progressé de 6,1%, si l’on compare le premier trimestre de cette année au premier quart de l’an passé. C’est très bien, il faut être content pour eux.
D’autant plus que les vieux clichés d’un céleste empire fourbe et prêt à manipuler ses statistiques pour rassurer l’opinion publique, ce n’est pas notre tasse de thé. "Trust, but verify" (faites confiance, mais vérifiez !), disait toutefois Ronald Reagan. Or, il se trouve qu’il existait, jusqu’en 2009, une forte corrélation entre l’évolution de la consommation d’électricité en Chine et la croissance du PIB. Voyez plutôt:
"Trust but verify"
| Electricité | PIB | |
| 2002 | +9,4% | +8% |
| 2003 | +14,7% | +10,3% |
| 2004 | +16,7% | +9,8% |
| 2005 | +14,3% | +9,9% |
| 2006 | +13,4% | +10,4% |
| 2007 | +12,4% | +11,7% |
| 2008 | +16% | +10,6% |
Le test de cohérence qui "tue"
Et cette année, tandis que le produit intérieur brut serait en hausse de 6,1%, la consommation d’électricité dans l’empire du Milieu a baissé de 9,2%…
Mais à part cela, ils ne nous prennent pas du tout pour des imbéciles. Si vous vous apprêtiez à jouer le rebond sur les pays émergents d’Asie, faites quand même attention…
Soyez observateur…
C’est en observant, tel Columbo, ces indices auxquels personne ne prête attention, qu’il est possible de trouver les secteurs haussiers, tout comme les baissiers de demain. Aujourd’hui par exemple, certains se demandent : faut-il investir dans l’énergie solaire, le pétrole, les deux ou aucun des deux ? Les réponses sont toutes là, mais cachées ; pour ceux qui savent les interpréter, les signes sont clairs.
Pétrole ou solaire ? La réponse est là
Il y a plus de neuf ans, j’avais proposé de jouer le pétrole à la hausse et la technologie à la baisse, en parallèle.
Par exemple, j’encourageais à suivre le signal vendeur des initiés de Cambridge Technology Partners (CATP), tout en imitant le comportement des insiders de Triton (OIL) à l’achat.
Gagner en neutralisant le risque marché
Tout en restant neutre (neutralisation du risque marché), la transaction CATP se solda par un profit de 62,06% en six mois, le titre ayant perdu près de deux tiers de sa valeur au cours de cette période, tandis que le pari sur OIL fut à l’origine d’un gain de 68,35% sur la même durée, alors que l’action progressait fortement.
Hors levier, cela signifie une performance de 65,21% (ou +173% annualisé); avec un levier de 2x, un gain de +130,41% (ou +431% annualisé).
Sans vouloir créer de faux espoirs…
Je pense que certains secteurs recèlent aujourd’hui davantage de potentiel, notamment haussier, que l’industrie du pétrole à l’époque. Voyez-vous, s’il est vrai que de telles actions ont à l’époque été malmenées, il ne s’agissait pas à proprement parler d’un "massacre" comme c’est le cas actuellement pour certains secteurs.
"Achetez au son du canon, vendez au son du violon" Mais pas n’importe comment !
D’accord avec l’adage. Mais il est capital d’avoir un bon money management ; j’en parle car je viens de terminer la première formation de mes "tortues". En légèrement moins d’une année, les résultats sont sans appel :
l’alpha a atteint 53% par an. Tout cela a été obtenu en appliquant des formules, c’est-à-dire sans réfléchir, et sans expérience. Un participant n’avait même pas d’ordinateur au début de la formation !
Merci de votre confiance !
Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur son site Le Coin des Insiders.


