Alors que l’on parle de moins en moins de la crise majeure dans laquelle nous sommes toujours malheureusement empêtrés, j’ai décidé de me pencher quelques minutes avec vous sur le cas d’ArcelorMittal. Le groupe, tristement célèbre pour ses fermetures d’usines dans l’est de la France, est une des entreprises les plus touchées par la crise. Il s’agit donc pour nous de savoir si les perspectives pour les prochains mois, tant sur le plan fondamental que technique, semblent ou non s’améliorer.
Une baisse record de la demande d’acier depuis la Seconde Guerre mondiale
ArcelorMittal, numéro un mondial de l’acier, a subi au premier trimestre 2009 une perte de plus d’un milliard d’euros, le double de ce qui était attendu par la plupart des analystes, et ses ventes ont été divisées par deux !
Le groupe expliquait lors de la dernière publication de résultats que ses difficultés étaient dues à une spectaculaire chute de la demande d’acier, qui devrait chuter de 40% rien que sur le premier semestre 2009, une baisse record depuis la Seconde Guerre mondiale.
Visibilité nulle. Navigation à vue
Les deux principaux secteurs clients d’Arcelor sont en effet l’automobile et le bâtiment, et nul n’est besoin de vous rappeler ici qu’ils comptent parmi les secteurs les plus touchés par la crise que nous vivons. Les commandes se font donc de plus en plus rares ces derniers mois, et Arcelor est le premier à être touché.
Certes, le groupe s’est engagé dans un plan d’économies de plus de cinq milliards sur cinq ans, supprimant au passage plus de 9 000 emplois, ce qui devrait permettre notamment de réduire l’endettement, alors que les notes de crédit du groupe ont été récemment dégradées.
Toutefois, la contraction de la demande est telle que l’Allemand ThyssenKrupp s’est refusé à faire des prévisions pour 2009.
Bref, au niveau fondamental, les perspectives pour 2009 sont bien sombres pour la plupart des analystes, c’est le moins que l’on puisse dire.
Techniquement ? Pas vraiment rassurant !
Les graphiques confirment-ils ou non ces sombres perspectives ?
C’est ce que nous allons tâcher de déterminer avec l’évolution du titre ArcelorMittal ci-dessous en données hebdomadaires.

La tendance est baissière
Premier constat, pour ceux qui en douteraient encore : la tendance du titre à moyen terme est clairement baissière.
D’ailleurs, on peut remarquer que la chute du titre a été plus tardive, mais aussi plus violente que sur la plupart des autres secteurs, puisqu’elle a commencé en juin 2008, et non 2007, pour perdre plus de 80% de sa valeur en moins d’un an, jusqu’à un point bas à 12,57 en mars dernier.
Les indicateurs techniques confirment
Sur le plan des indicateurs mathématiques, le MACD me semble le plus parlant, confirmant la tendance baissière en cours, et ne parvenant pas à repasser la ligne du zéro, malgré un rebond du titre de plus de 100% ces dernières semaines, entre 12,57 et 26 euros.
La résistance des 26 euros sera tenace
Cet échec à dépasser ce niveau crucial des 26 euros, confirmé par les indicateurs tel ce MACD en hebdomadaire, ne me semble pas du tout anodin ? D’autant que le niveau des 25,60/26 euros est une résistance horizontale majeure correspondant aux anciens plus haut de novembre 2008, à une zone de résistance datant de septembre 2005, mais surtout au retracement de 23,6% de toute la baisse entre juin 2008 et mars dernier.
Ce niveau des 25,60/26 euros est un obstacle majeur, et tant que nous ne parviendrons pas à le dépasser en clôture hebdomadaire, la reprise de la tendance baissière sera à privilégier.
Quels seraient alors les objectifs en cas de reprise de la correction ?
Les objectifs sont très clairs pour moi. Le premier support important se situe au niveau du retracement de 61.8% de tout le rebond entre 12,57 et 26 euros, qui se confond quasiment avec un support horizontal à 17 euros, correspondant aux bas d’avril et à un gap haussier datant du 2 avril, rien de moins.
Ce sera donc le niveau à observer en cas de correction à court terme, ce qui vous donne un potentiel de plus de 30% par rapport aux cours actuels.
En dessous, nous risquons une vive accélération pour aller tester les bas de mars dernier à 12,57 euros, soit 50% de baisse par rapport aux cours actuels.
Elliott n’est guère plus optimiste
Enfin, si je jette un coup d’oeil au décompte d’Elliott, il me semble clair sur la valeur et ne m’incite pas vraiment à l’optimisme, puisqu’il manque une dernière jambe de baisse à moyen terme, donc de nouveaux plus bas !…
Bref, vous l’aurez compris, les perspectives restent malheureusement sombres pour le titre, sur le plan fondamental comme technique — qui a dit qu’ils n’étaient pas complémentaires ?! –, avec un potentiel exceptionnel de baisse du titre s’il ne parvient pas à dépasser les 26 euros.
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