Optimisme pour les matières agricoles, les métaux temporisent

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1 – Céréales : l’USDA sème le trouble

Après le mini-krach d’il y a deux semaines, et le petit rebond de la semaine dernière, les matières premières sont entrées dans une période de flou.

C’est principalement l’USDA qui a contribué à brouiller les pistes. Alors qu’un net rebond des softs était attendu compte tenu de la mauvaise météo, l’agence américaine est venue relativiser les problèmes du marché. Dans son rapport sur l’état de l’offre et de la demande, l’agence a fait état d’un “étonnant optimisme” selon Commerzbank.

Alors que les semis de maïs continuent d’accumuler les retards, c’est au tour dublé et du soja d’être retardés par les pluies. Seulement 22% de semis de blé et 7% du soja ont été semés, soit bien moins que la moyenne des années précédentes à la même période.

Pourtant l’agence américaine a anticipé des rendements élevés et une récolte record. Les stocks de maïs seraient notamment en hausse de 23% d’ici la fin de la campagne.

L’agence a également anticipé de bonnes récoltes de blé au Canada et en Europe, alors que la sécheresse gagne du terrain dans ces pays, et notamment en France.

2 – Métaux de base : plombés par le dollar et la Chine

▪ Le dollar fait osciller les métaux
Le marché des métaux n’a pas non plus été capable de trouver une tendance claire du fait des oscillations du dollar.

Après avoir chutés avec toutes les autres matières, les métaux se sont légèrement redressés la semaine dernière. Mais le regain de vitalité du billet vert dès mercredi a brisé net ce léger redressement. Cette hausse du dollar est venue se conjuguer à la politique chinoise de rigueur monétaire.

▪ La Chine ralentit encore une fois la cadence
Pékin vient une fois encore de rappeler que la lutte contre l’inflation passait avant sa croissance. Le pays vient de décider d’augmenter de 50 points de base le taux les exigences de réserves obligatoires de ses banques. Premier importateur de métaux au monde, la Chine a contribué ainsi à casser momentanément les ressorts du marché.

Une fois n’est pas coutume, c’est finalement d’Europe que sera venu le signal positif de la semaine. La vigueur de la croissance européenne est venue rassurer des investisseurs en quête de signaux clairs. Les 17 nations de la Zone euro ont cru de 0,8% en moyenne au premier trimestre de l’année. Les 1,5% pour l’Allemagne et le 1% pour la France devraient assurer une demande soutenue dans le secteur des matières premières en Europe.

3 – Les métaux précieux, à suivre de très près
L’or bénéficie actuellement d’un léger passage à vide. Voici ce que Simone Wapler nous en disait en fin de semaine dernière :

“La correction se poursuit sur les matières premières, sans toutefois trop contaminer les marchés actions.

L’or franchit dans un sens ou dans l’autre la barre psychologique des 1 500 $, preuve de l’hésitation. L’argent a été jeté par-dessus bord.

Je me suis penchée sur un récent sondage fait par Bloomberg auprès de ses 1 263 clients abonnés, investisseurs professionnels.

Cash is king : 30% des répondants disaient qu’ils allaient augmenter leurs liquidités, ils n’étaient que 20% en janvier.

Les matières premières attirent moins : 30% des répondants indiquent vouloir temporairement diminuer leur exposition aux matières premières ; ils n’étaient que 17% en janvier.

- 38% des sondés estiment que l’Europe représentera le pire des marchés.
- 35% des sondés estiment que les obligations seront le pire des marchés.
- 59% des sondés estiment que les bons du Trésor américain à 10 ans vont baisser.

Avec tout ça, vous pourriez penser que l’or devrait rester populaire ?

Même pas !

Seulement 9% des sondés estiment que l’or offrira un rendement correct.

Merveilleux, extraordinaire… Si jamais l’or descend vers 1 400 $ l’once, jetez-vous dessus. A moins, bien sûr que vous ne pensiez la crise terminée et les questions de solvabilité publique résolues.”

[NDLR : Pour en savoir plus sur les gros, gros problèmes des Etats dans la crise financière mondiale et leurs conséquences sur votre pouvoir d'achat...et surtout : découvrir comment vous pourriez en sortir gagnantdécouvrez le message de Simone Wapler...]

Voici le graphe du cours hebdomadaire de l’or en dollar. Un conseil : à 1 400 $/1 450 $ “chargez la mule”.
Cour de l'or en dollar
Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

 

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.

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