Ce matin, l’once d’or est revenue de 690 $ fin 2008 à 1 116 $… + 60%.
Rien que sur les 10 derniers jours, l’once a flambé de 1 025 $ à 1 120 $ : +9%.
Qu’est-ce qui fait flamber l’or
L’incroyable demande d’or des investisseurs qui se ruent sur les ETF et autres trackers ? Sans aucun doute.
La dépréciation du dollar pilotée de main de maître par les Américains ? Absolument. Au moindre signe de faiblesse du billet vert, l’or démarre au quart de tour. Et comme l’euro/dollar est revenu en quelques jours de 1,47 à 1,50, forcément…
Les craintes inflationnistes à venir ? Bien entendu !
La planète finance nage dans un océan de liquidités, et s’y noie avec complaisance et bonheur.
Les planches à billets tournent à plein régime, l’endettement des Etats explose et les émissions d’emprunts d’Etat se succèdent à un train d’enfer. Les masses monétaires s’envolent. Nous sommes en train de détruire la valeur de nos monnaies fiduciaires (papier), tout particulièrement le dollar et la livre, à vitesse grand-V.
Quant à l’inflation, ce sera l’arme idéale que les gouvernements seront obligés d’utiliser pour tenter de "résorber" le surendettement des Etats dans les années à venir. Les investisseurs le savent. Et pour se protéger des effets destructeurs de l’inflation ils achètent de l’or pour se protéger.
L’or résiste à la dépréciation monétaire et à l’inflation
Mais ce n’est pas tout. Il y a autre chose encore… qui explique cette hausse soudaine de l’or dernièrement. Deux nouveaux entrants viennent d’entrer dans le club des soutiens à l’or.
Vous avez parié sur la Chine, l’Inde a raflé la mise
Vous vous souvenez des 400 tonnes d’or que le FMI a décidé de vendre cette année ? 400 tonnes qui avaient mis la pression sur les cours de l’or… Eh bien l’outsider indien vient d’annoncer mardi avoir racheté la moitié du pactole, soit 200 tonnes d’or au prix de 1 045 $.
La Banque centrale indienne a donc mis sur la table un "chèque" de 6,8 milliards de dollars pour acquérir cet or.
C’est beaucoup, surtout quand on sait qu’avant l’opération la banque détenait quelque 9,8 milliards de dollars d’or. Sa réserve d’or vient donc de faire un bond de 70%. C’est vous dire à quel point l’Inde est motivée !
Surprise, ô surprise…
Vendredi, c’est la Banque centrale du Sri Lanka qui annonçait à son tour acheter de l’or pour renforcer ses réserves d’or…
Vous voulez que je vous dise ? Eh bien je pense que les annonces de ce genre vont se multiplier dans les semaines et les mois à venir. Notamment en provenance des banques centrales asiatiques.
Changement de stratégie !
N’oubliez pas que les BRIC et les pays asiatiques regorgent, ou plutôt croulent sous les dollars. Je parle bien sûr des réserves de change.
Par rapport aux réserves des banques centrales occidentales, la part de l’or dans leurs réserves est infinitésimale.
Sachant que le billet vert est condamné à se déprécier, les banques centrales qui sentent la menace sont en train de revoir leur stratégie de gestion des réserves.
Le mot d’ordre est simple : moins de dollars, plus d’or
A présent, nous sommes à un tournant. Il y a là un grand potentiel de "rééquilibrage" au détriment du dollar et en faveur de l’or. Rééquilibrage qui se traduirait par des achats d’or sur les marchés. Une tendance imparable, qui soutiendra le cours de l’or.
Et puis, il y a quelque chose encore… qui a aidé l’or à passer violemment de 1 025 $ à 1 108 $ la semaine dernière…
Short squeeze sur l’or ?
Certains investisseurs sont short sur l’or, c’est-à-dire qu’ils détiennent des positions vendeuses sur l’or. Or comme vous le savez, lorsque vous vendez un actif le jour J pour le racheter ultérieurement, c’est que vous pariez sur sa baisse. L’objectif est donc de déboucler in fine la position en rachetant l’or à un cours inférieur.
Piégés
Toujours est-il que si vous êtes vendeur sur l’or et que le prix de l’or se met à flamber comme récemment, vous êtes pris à la gorge et enregistrez de douloureuses moins-values. Les appels de marge font mal… et lorsque les pertes deviennent trop importantes, il devient urgent de couper ses positions. Donc de racheter de l’or. A tout prix.
En faisant cela, le spéculateur amplifie la hausse de l’or.
Eh bien, il semblerait qu’il y ait eu des investisseurs pris au piège la semaine dernière. Et en débouclant leurs positions, ils ont exacerbé le mouvement de hausse de l’once. Hausse sur laquelle sont venus se greffer d’autres spéculateurs, acheteurs cette fois…
Aujourd’hui, je vais m’arrêter là pour… le côté fondamental. Mais j’y reviendrai, parce qu’il y a tant d’autres choses à dire ! Je veux notamment vous parler du carry trade or et du "put de Beijing".
Et du point de vue technique ?
Jusqu’où peut aller l’or ?
Dans les tous prochains mois, il devrait être soutenu par l’affaiblissement du dollar. La Fed sera l’une des dernières à mon avis à resserrer ses taux (avec la Banque d’Angleterre), bien après la Zone euro.
Graphiquement, l’or est coincé dans un canal haussier depuis septembre. Du point de vue du trading, il est donc possible de prendre position la prochaine fois que l’or viendra tester l’oblique qui sert de support. Surtout si elle coïncide avec la zone support des 1 067 $ – 1 070 $.
En revanche, n’hésitez pas à placer un ordre STOP sous cette zone, autour des 1 064 $. Car la rupture franche des 1 067 $ serait un signal baissier.

Quel objectif à plus long terme ?
Je ne reviens pas sur l’analyse technique de l’or parue mardi dans nos colonnes.
Prochain objectif technique : 1 185 $.
Ci-dessous le cours de l’or en euros. Lui aussi est en hausse, mais moins que l’or libellé en dollars. Pour cause de variation de la parité euro/dollar.
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