Ironie du sort
Après avoir dépassé 1 200 $ l’once le 9 décembre 2009, la tragédie grecque et ses conséquences auraient dû galvaniser le métal jaune et en propulser les cours à de nouveaux sommets.
Il n’en a rien été.
Au moment où la Grèce prouve par alpha plus beta que la relance keynésienne éternelle n’est pas viable, la "relique barbare" est humiliée. Elle est rentrée dans sa tanière, semble ne plus vouloir en sortir, et au contraire s’y enfoncer toujours plus profondément. Quelle ironie du sort !
Vous connaissez ma position à long terme sur l’or : haussière. Cette position trouve ses assises dans des fondamentaux économiques et monétaires qui ne sont pas susceptibles d’être remis en cause avant plusieurs années.
Les capitaux fuient depuis l’euro vers le dollar
Quant à l’impassibilité de l’or face à la tragédie grecque je l’attribue au phénomène suivant : les investisseurs sont sortis en masse de l’euro, ce qui a provoqué un afflux vers le dollar et non vers le métal jaune.
MAIS – et ceci est nouveau et essentiel – cette impressionnante remontée (relative) du dollar n’a pas donné lieu à une baisse importante des cours de l’or en dollar, contrairement à ce qui ce serait passé avant la crise.
Auparavant, une appréciation d’une telle ampleur du dollar face à une monnaie aurait donné lieu à une importante vente d’or (et donc un fort recul du métal jaune) selon le raisonnement jusque-là établi : "le dollar monte, donc je n’ai plus besoin de l’or qui n’est qu’un anti-dollar".
Ce que me disent mes 5 indicateurs sur l’or
Pour tenter de discerner le cours prochain de l’or en dollar, je m’appuie sur 5 indicateurs :
- le stock des ETF (Exchange Traded Funds) ;
- le ratio or/pétrole ;
- le cours des actions minières par rapport au cours de l’or ;
- le nombre de contrats de vente à découvert (short) des traders commerciaux du COMEX américain ;
- le ratio or/argent.
Aujourd’hui, au vu de ces 5 indicateurs, je pense que la correction de l’or se termine. Voici pourquoi :
1. Le stock des ETF est stable : signal neutre
L’Américain SPDR Gold Shares est le plus gros des ETF (symbole GLD sur le NYSE). Rappelons que le principe de cet ETF physique est d’émettre des certificats cotés en continu adossés à une réserve physique.
Depuis le début du grand marché haussier de l’or, les détenteurs de ces certificats ont eu une attitude d’investisseurs avisés : ils achètent dans les creux et vendent dans les sommets.
Lorsque la demande de certificats est importante, SPDR Gold Shares doit faire rentrer de l’or dans ses coffres. Au contraire, si la demande est faible, l’émetteur a intérêt à vendre un peu d’or pour couvrir ses frais de garde et maintenir ses marges.
Depuis le début de l’année, le stock physique de GLD est stable, à un peu moins de 1 112 tonnes d’or. Ceci constitue donc un signal neutre quant à l’évolution des cours. Un signal positif serait une augmentation des stocks qui signifierait une demande forte alors que le cours est favorable.
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