Cher lecteur,
Je reçois beaucoup d’e-mails de votre part sur les causes de la chute de l’or. L’or n’est-il plus valeur refuge ? La tendance haussière est-elle cassée. Beaucoup d’interrogations…
C’était ces mêmes questions que me posait Hubert Coster au journal de l’économie de LCI hier soir. Alors permettez-moi de faire un point rapide sur la question.
L’or a connu sa chute la plus vertigineuse en 30 ans
Oui, l’or est passé de 1 921 $ à moins de 1 550 $ avant-hier. Sa plus grosse chute enregistrée depuis 30 ans.
Mais n’oubliez pas que l’once s’était envolée de 28% en à peine deux mois (de 1 500 $ à 1 921 $). Une hausse bien trop violente et bien trop brutale pour être solide et durable. Voilà pourquoi je vous répétais depuis août : l’or doit consolider pour pérenniser sa tendance haussière. Et je vous annonçais un retour vers les 1 550 $, au niveau de sa moyenne mobile à 200 jours.
Le cours de l’once vient de toucher et de rebondir sur ce seuil clé.
Mais outre la nécessité de corriger un excès haussier, il y a d’autres explications à la violence de cette baisse :
La chute s’explique par des facteurs mécaniques et techniques
J’en compte au moins trois :
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La bourse des matières premières de Chicago vient de relever la marge requise pour trader l’or. Obligeant les traders en position sur l’or, et ne pouvant immédiatement apporter le cash requis, à couper urgemment leur position haussière. Voilà qui a amplifié le mouvement de baisse.
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Les fonds matières (notamment précieux) ont été obligés de procéder à des ventes d’or pour respecter leur (stricte) allocation d’actifs entre les différents précieux. En effet, le palladium, le platine et l’argent ont dégringolé encore plus fortement que l’or (-25% pour l’argent contre 16% pour l’or).
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Le dollar remonte face à un euro affaibli par la crise. Or l’or est inversement corrélé au dollar, sa hausse entraînant un renchérissement du coût de l’once pour les investisseurs hors zone dollar, le rendant de ce fait moins attractif.
L’or, victime de la recherche de liquidité à tout prix
C’est la seconde grande explication à la baisse de l’or :
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Les fonds cherchent à dégager des liquidités à tout prix, pour couvrir leurs pertes sur les marchés actions et pour faire face aux demandes de retraits des investisseurs paniqués qui veulent quitter le fonds. Pour cela, ils vendent les rares lignes bénéficiaires qui leur restent : l’or (qui gagne encore 15% depuis le début 2011). D’où les prises de bénéfices.
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Des rumeurs (non confirmées) font état de ventes d’or de certaines banques centrales, en quête elles aussi de liquidités.
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Et enfin, certaines banques européennes procèderaient à des swaps d’or : c’est-à-dire à la mise en gage de “leur” or pour obtenir des liquidités, et notamment des dollars qu’elles ont de plus en plus de difficultés à trouver.
Et enfin, il y a probablement aussi un facteur fondamental à cette baisse
Comme je l’évoquais lundi, les clignotants macro-économiques virent au rouge un à un. Brutalement.
Du coup, les investisseurs craignent un retour de la récession. Plus sévère que la première fois puisque les Etats n’ont plus de cartouches à griller pour “relancer” les économies.
Forcément, les craintes de déflation resurgissent. Ce qui fait perdre de la vigueur à l’un des supports clé de l’or : l’inflation.
Voilà pour les raisons de la baisse de l’once ces derniers jours.
Maintenant à la question : est-ce la mort de l’or ?
Je réponds non.
Un avis personnel qui n’engage que moi et que tout le monde ne partage pas.
Pour ma part, il me semble que tant que les taux d’intérêt resteront bas (et ils le resteront sous peine d’implosion des budgets nationaux) et tant que l’endettement massif des Etats ne passera pas effectivement en mode “résorption”, l’or ne baissera pas significativement sous sa moyenne à 200 jours (1 550 $). Il restera à des niveaux élevés.
Car n’oubliez pas : outre la crise de la dette souveraine et l’inéluctable dépréciation des monnaies papier (fondamentalement porteurs pour l’or), il existe beaucoup d’autres facteurs haussiers pour l’or. Parmi lesquels on peut citer entre autres :
- la consommation chinoise et indienne en fort développement du fait de la hausse du pouvoir d’achat de ces populations pour lesquelles l’or est culturellement essentiel
- l’insuffisance de l’offre par rapport à la demande (outre la baisse des teneurs, une récession accentuerait gravement le déséquilibre du fait d’une baisse des investissements en exploration et fermeture des gisements dont les coûts de production sont les plus coûteux)
- l’énorme potentiel de rattrapage des banques centrales émergentes qui sont passées acheteuses d’or physique.
Et pour revenir à la dette de nos Etats…
N’oubliez pas : Il n’y a que trois façons de venir à bout de nos dettes :
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Générer une forte croissance pour avoir la capacité de rembourser effectivement nos créanciers (sur ce point je vous annonce une croissance anémique pour plusieurs années). La solution ne viendra pas de là.
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Monétiser la dette (comme le fait la Fed, à coups de QE et de création monétaire). On détruit la monnaie, on lâche l’inflation et là, comme par magie, la dette s’évapore. Dégâts collatéraux : euthanasie des rentiers et “plantage” des créanciers.
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Faire défaut et repartir de zéro.
Je vous laisse méditer sur la question.



Bien compris pour l’or
mais pour l’argent qui a déjà effectué sa correction sévère eu 1er semestre , qu’en est il vraiment en terme de “necessités de liquidité”des banques et des investisseurs : s’agit il comme pour l’or que d’une correction bien passagère ?
J’ai cru comprendre que vous recommandiez le GBS, entre autres, comme support pour investir dans l’or,…et j’ai suivi votre conseil. Mais pourriez-vous nous indiquer des supports or éligibles au PEA ?
Recevez mes remerciements et mes cordiales salutations. Jean-Claude BEGUINOT