C’est un tout petit “pschitt”.
Si ce que nous voyons depuis un mois est une bulle sur l’or en train d’éclater, elle ne fait qu’un petit “pschitt”, comme disait Chirac à propos “des affaires”. Un brin abracadabrantesque pour un président de la République…
La vérité est que si l’or avait vécu une bulle comme celle sur les valeurs technologiques qui a explosé en mars 2000, l’once vaudrait maintenant plus de 3 200 dollars. Ce ne serait pas loin du double de son cours d’achat. Au contraire, le métal jaune est actuellement survendu, comme la majorité des matières premières. C’est la preuve que de nouveaux achats vont se produire.
Pas de scénario lingot.com depuis un mois
Les sceptiques pensaient tenir leur preuve. La preuve que la progression de l’or n’était qu’une bulle et qu’elle aurait explosé fin septembre. Quelle preuve ?
Près d’un mois plus tard, l’once n’est pas franchement repartie à la hausse. Comparée à une véritable bulle comme celle des valeurs technologiques des années 1990, la hausse de l’or depuis 10 ans n’est qu’une aimable promenade. La comparaison le prouve :
Au cours des 10 ans qui ont précédé son sommet de 5 048,60 points du 10 mars 2000, l’indice composite des valeurs technologiques avait été multiplié par 11. Depuis 10 ans, le cours de l’or a seulement été multiplié par six et des poussières (d’or !).
L’once a donc encore de la marge avant de ressembler à une start-up Internet de la fin des années 1990.
Des matières généralement survendues
En vérité, l’or a été survendu. Il évolue aux alentours de deux écarts-types en dessous de sa moyenne mobile à 50 jours. C’est donc un signal d’achat.
D’ailleurs, neuf autres matières premières sont dans la même situation, notamment le pétrole, le gaz naturel, l’argent, le blé, le platine ou le jus d’orange.
La réaction des marchés à cet état de fait constitue une autre différence par rapport à l’éclatement de la bulle Internet.
Haussiers jusqu’au bout des ongles
A l’époque, la majorité des investisseurs pensait comme un troupeau. Ils pensaient tous que les actions allaient monter jusqu’au ciel. Chaque recul des cours était saisi comme une occasion de renforcer ses positions.
Lorsque le Nasdaq a vécu sa première correction de 10% par rapport à son sommet de mars 2000, tous les spécialistes du market timing s’agitaient pour recommander d’acheter encore et encore. Ces gens étaient haussiers jusqu’au bout des ongles.
A l’opposé, le sentiment du marché sur l’once est devenu clairement négatif lorsque le métal jaune a perdu près de 100 dollars en 10 jours, fin septembre. Un comportement qui ne ressemble pas vraiment à celui observé lors de bulles, donc…
Une bulle encore lointaine
Peut-être que le jour où un recul similaire de l’or sera accueilli par des cris frénétiques de “Achetez, achetez tout !”, il faudra commencer à se méfier – l’or sera probablement dans une phase de bulle.
Mais ce jour est encore lointain à mon avis. Très lointain.
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