Toujours pas de visibilité sur les marchés et l’avenir économique mondial. Du coup, pas de directionnel clair pour nos métaux et produits agricoles.
La crise politique qu’a engendrée la crise de la zone euro produit ses premières conséquences : les hommes politiques au pouvoir tombent, tant en Grèce qu’en Italie. Pourtant, rien ne dit que des gouvernements non élus soient un atout pour répondre à la crise de la zone euro à moyen terme. Nous entrons dans l’inconnu avec des gouvernements de techniciens.
Le déroulement de la crise européenne a des effets contrastés : alors que Pékin voit les commandes de l’Europe et des Etats-Unis chuter respectivement à 19% et 24%, la Chine continue de consommer. C’est le cas pour le cuivre ou le soja par exemple.
De même, si les marchés américains semblent déprimés, la perspective d’un Quantitative Easing 3 maintient l’espoir. Les matières premières en profiteraient à coup sûr.
C’est donc sur un marché soumis à des tensions contradictoires que nous nous penchons aujourd’hui.
Pékin à la rescousse du maïs, du coton et du soja
C’est véritablement la Chine qui est en train de sauver les meubles sur le secteur agricole. L’USDA a révélé mercredi dernier que la production de blé était en légère baisse aux Etats-Unis, et stable en Europe.
La demande mondiale étant en train de ralentir, l’orientation générale du RICI agricole aurait dû partir à la baisse. Mais l’indice a pris 2,5% sur le mois, car la Chine continue d’augmenter ses importations de plusieurs matières agricoles.
C’est le cas de l’huile de palme et du maïs. Pour ce dernier, Pékin pourrait se livrer à une nouvelle importation record, alors que l’augmentation croissante de sa consommation de porc demande de plus en plus de maïs. En 2012, les importations chinoises pourraient quintupler, selon l’USDA.
La Chine est également en train d’éviter au coton de sombrer, avec une hausse de 28,7% de ses importations en octobre.
Cette semaine, c’est au tour du soja. Le bureau officiel CNGOIC chinois estime toujours que les importations de son pays s’établiront à 52 millions de tonnes cette année. Ce serait une première baisse des importations depuis 2004. Mais au détour des couloirs d’une conférence sur l’agriculture ce week-end, des traders estimaient que les importations pourraient monter à 58,5 millions de tonnes. Pour le négociant en matières premières Noble, elles pourraient même atteindre 61 millions de tonnes.
Les métaux de base amorcent un repli
Les métaux avaient bondi la semaine dernière, avec l’annonce d’une sortie de crise politique en Grèce et en Italie, la baisse des taux d’intérêt de la BCE, et les velléités interventionnistes de la Fed et de la Banque centrale chinoise.
Cependant, les métaux ont entamé un repli cette semaine. Bruxelles vient d’annoncer qu’il ne visait plus que 0,6% de croissance pour la zone euro en 2012, contre 1,8% initialement attendu. Le secteur des métaux a donc subi une nouvelle déception en provenance de l’Europe.
Toutefois, la chute n’est pas abyssale, les importations chinoises sauvant pour l’instant encore le secteur. En particulier, selon les douanes chinoises, les importations de cuivre ont grimpé (+0,7%) en octobre, pour le cinquième mois consécutif. C’est leur plus haut niveau depuis 15 mois.
L’arrêt de l’exploitation des mines d’étain en Indonésie pour contrer la chute des cours permet également au métal de limiter ses pertes.
De manière générale, et ça devient une habitude, il faut rester d’une extrême prudence sur les métaux. Il n’est pas assuré que la Chine continue de porter à bout de bras les marchés des matières premières. Du moins jusqu’à ce que l’économie retrouve une croissance digne de ce nom.
Le baril continue sa progression
C’est peut-être le mouvement le plus important de la semaine. Le pétrole a continué sa hausse (+5,40%), tiré vers le haut par les tensions autour de l’Iran et les réactions israéliennes. La stabilité de l’économie américaine et la faiblesse de ses stocks ont également permis de maintenir les cours.
Pourtant nous n’avons pas assisté à une flambée du baril.
L’AIE a encore une fois revu à la baisse ses prévisions sur la demande de pétrole en 2012. Surtout, elle a revu à la hausse la production des pays non membres de l’OPEP pour 2012, avec une augmentation de 1,1 million de barils par jour.
Avec en sus l’arrivée des productions libyenne et irakienne, le prix du WTI devrait avoir du mal à rester à ces niveaux.
L’or, encore et toujours
L’or ainsi que les métaux précieux bénéficient plus que jamais de la tension sur les marchés pour continuer leur progression. Tout le secteur connaît une croissance positive.
Ce mouvement va de pair avec l’exacerbation de la crise politique en Europe, et l’incertitude sur ses conséquences aux Etats-Unis et en Asie.
Avec un VIX (indice de la peur) au-dessus des 30 de manière constante depuis plusieurs semaines, l’or va bénéficier encore quelques temps de ce climat d’anxiété.
Ci-dessous, le tableau hebdomadaire des cours des matières premières :
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 04/11/2011 |
Vendredi 11/11/2011 |
Variation hebdomadaire |
| Aluminium* | 2 153 | 2 136 | -0,79% |
| Cuivre* | 7 940 | 7 475 | -5,86% |
| Plomb* | 2 047 | 1 969 | -3,81% |
| Nickel* | 18 500 | 18 150 | -1,89% |
| Etain | 22 100 | 21 650 | -2,04% |
| Zinc* | 1 958 | 1880 | -3,98% |
| Acier (Méditerranéen) | 525 | 525 | 0,00% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
93,94 | 99,01 | 5,40% |
| Or (spot Comex) | 1 754,00 | 1 788,5 | 1,97% |
| Argent spot Comex) | 34,13 | 34,66 | 1,55% |
| Platine (spot Comex) | 1 633,00 | 1 639 | 0,37% |
| Palladium (spot Comex) | 654,00 | 656 | 0,31% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
6,324 | 6,424 | 1,58% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
6,522 | 6,206 | -4,85% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
12,12 | 11,91 | -1,73% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois



Laissez un commentaire