Hier, nous avons essayé de comprendre quels étaient les facteurs qui pouvaient expliquer la baisse actuelle du cours de l’or. Essayons à présent de voir jusqu’où l’or peut baisser.
Graphiquement, l’or est rentré dès mercredi dernier dans une zone à risque
L’analyse graphique donnait des signes de possible faiblesse de l’or dès mercredi 15 octobre dernier. Le cours de l’or se situait alors vers les 840 $ l’once, et Nicolas Rémy envoyait une alerte à ses lecteurs dans laquelle il écrivait : "Les cours de l’or valident une figure de continuation en triangle au-dessus du support clé des 825 $. La cassure de ce support provoquerait une accélération baissière vers les 809 $ voire les 790 $ en extension".
Nicolas voyait juste. Deux jours après, l’or s’effondrait effectivement jusqu’à 786 $…
Et maintenant ?
Le fait que nous n’ayons pas réussi à passer au-dessus des 925 $ l’once au plus fort de la crise — lorsque le Dow Jones touchait son point bas à 7 884 points — est probablement un signe que les vendeurs ont lentement mais sûrement repris la main. La baisse du cours du brut et le rebond du dollar ont lesté l’or comme jamais.
Ce matin, les tensions s’exacerbent. Le brut coté à New York est revenu à 69 $ le baril contre 75 $ il y a deux jours. Le dollar rebondissait fortement contre l’euro à 1,2745 à 7h ce matin. Forcément, l’or décroche à nouveau. Passant de 807 $ l’once lundi, à 775 $ hier et à 755 $ tôt ce matin.
Nous avons passé outre la résistance des 795 $. Dès lors, nous pouvons assister à un retour vers les 730 $-740 $.
Les 730-740 $ constituent un support à priori solide. Pourquoi ?
Tout d’abord, c’est un support qui a résisté lors du dernier plongeon de l’or, le 13 septembre dernier.
Ensuite, ce seuil correspond au retracement (Fibonacci) de 61,8% de la dernière phase de hausse à laquelle nous avons assisté entre octobre 2006 à mars 2008. Le cours était alors passé de 565 $ à 1 025 $. Soit une hausse de 460 $. Prenez 61,8% de cette hausse — soit 284 $ — que vous retranchez au point haut de 1 025 $. Vous arrivez ainsi au seuil des 740 $.
Enfin, parce que ce seuil correspond à une ancienne résistance (atteinte en mai 2006), qui est ensuite devenue support.
Et si ce seuil devait lâcher ?
Nous ne pourrions plus compter que sur une petite résistance vers les 690 $ avant d’arriver sur les 650 $. Le prochain support clé se situe autour des 650 $ et correspond à la ligne de tendance longue qui soutient la hausse de l’or depuis 2001 (bas de son canal haussier).
Voilà ce que le graphique de l’or m’inspire à ce stade.
Cela dit, fondamentalement et à plus long terme, l’or n’a probablement pas dit son dernier mot.
La croissance de la masse monétaire plaide en faveur de l’or
Car à coups de milliards de dollars et d’euros imprimés pour "financer", dans un premier temps, cette crise bancaire, puis, dans un second temps, la relance de l’économie, la masse monétaire n’a jamais crû aussi vite.
Tant que la croissance de la masse monétaire se fait au même rythme que la croissance économique, tout va bien.
Mais si la masse monétaire croît plus vite de la croissance économique — ce qui est très largement le cas actuellement — la conséquence directe ne peut être qu’un regain d’inflation à moyen terme. Ce qui est un facteur fort de soutien à l’or.
L’endettement croissant des états plaide en faveur de l’or
A commencer par l’endettement croissant des états. On doit en être à quelque 11 000 milliards de dollars de dette publique. Or plus sa dette croît, plus le dollar est voué à s’affaiblir.
Le rebond actuel du billet vert n’est probablement qu’une correction passagère due à un différentiel de croissance et de politique de taux dans le temps. Je l’analyse comme un rebond dans un long trend baissier. Or une dépréciation du dollar est un facteur de soutien pour l’or.
Les prix des matières repartiront à la hausse.
J’analyse également la baisse actuelle des cours des matières comme une correction passagère qui s’inscrit dans un grand trend haussier. Une fois la crise économique digérée, les BRIC reprendront leur développement, leur urbanisation et leur industrialisation de plus belle. Et la demande pour les matières et le pétrole mettra à nouveau l’offre sous tension et fera remonter les prix.
Or la hausse du prix des matières est un facteur de soutien à l’or.


