L’analyse a posteriori
Le marché des changes est sans doute le meilleur indicateur qui soit — avec celui des taux — de l’évolution de l’économie mondiale. Si vous savez lire entre les lignes et deviner ce qui se cache derrière les graphiques, vous devriez arriver à comprendre de nombreuses choses sur le fonctionnement de nos systèmes économiques mondiaux.
Et vous vous rendrez rapidement compte que bien souvent, les analystes tombent dans une facilité déconcertante dans ce que je nomme l’analyse a posteriori.
En effet, il est toujours facile de trouver une interprétation de la hausse ou de la baisse passée d’une paire de devises ou d’une action. Ce qui l’est moins par contre, c’est de prévoir le mouvement de marché qui découlera d’événements ou d’annonces majeures.
Cependant, pour gagner sa vie sur le marché… la seconde solution est recommandée.
La prévision a priori
Je vous propose donc, maintenant que vous avez lu dans tous vos magazines préférés les raisons de la hausse de 2009, d’essayer d’analyser ce qui pourrait se passer dans les jours qui viennent.
Cependant, je le concède volontiers, il est parfois important de bien comprendre le présent et de prendre du recul quant à la situation qui se déroule sous nos yeux, pour mieux anticiper l’avenir.
Faisons donc un point sur la situation actuelle et les rapports de force entre devises. Grâce notamment à un outil très utile, qui nous permet de mesurer facilement les forces en présence.
Je veux parler de l’étude comparative. Regardez :
Euro et dollar sous pression
Depuis longtemps, dans ces lignes comme lors de ma conférence au salon Actionaria, j’ai rappelé que l’euro fort était un mythe.
La force d’une devise est de servir son territoire. Or l’euro, lui, subit — pour ne pas dire "est victime" — la politique monétaire du reste du monde.
Oubliez le mythe de l’euro fort
Ne nous méprenons pas, il est évident que la Zone euro a été mieux protégée par l’euro que si elle avait conservé ses devises nationales. Mais la lourdeur même des entités européennes et la faiblesse d’une véritable politique monétaire coordonnée laisse l’euro livré à lui-même.
Le mythe de "l’euro fort" sera définitivement oublié quand vous aurez regardé le graphique comparatif ci-dessous. En rouge, vous avez un dollar américain qui connaît un déclin rapide avec une chute de près de 15% en moyenne, face à un panier de six devises (Dollar Index).
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