Que direz-vous lorsque vous allez raconter à vos petits-enfants la plus grave crise mondiale depuis 1929 ? Vous leur direz : “Je me contentais seulement d’acheter de l’or à chaque fois qu’une banque centrale annonçait imprimer de la monnaie“.
Reprenons la chronologie des événements récents pour mettre cela en perspective. La Tunisie s’enflamme pour cause de hausse des prix alimentaires. Les troubles se propagent à la Libye voisine et à Bahrein. Le pétrole flambe.
Ben est serein : tout va bien, ne vous inquiétez pas…
Ben Bernanke, patron de la Fed américaine, membre éminent du cartel des taux bas et faux-monnayeur en dollar affirme que l’impression de dollars n’est pour rien dans tout cela.
▪ Les produits agricoles ? Il ne fait pas la pluie et le beau temps météorologique. La cause de la hausse est là, uniquement là et pas ailleurs.
▪ Le pétrole ? C’est une spéculation qui ne durera pas, l’Arabie Saoudite comblera sans problème un déficit passager.
▪ L’inflation qui pourrait en résulter ? Juste un mauvais moment à passer. Là aussi, les calculs officiels montrent qu’on ne doit pas s’inquiéter. L’inflation hors alimentation et énergie reste raisonnable.
Comme vous le savez, l’avenir appartient aux esprits purs, pas aux matérialistes qui veulent se nourrir et se chauffer.
Ben restera fidèle à sa ligne : pas de hausse des taux, puisque pas d’inflation.
Avouez que c’est très logique.
Jean-Claude, lui, va oser un mouvement effroyablement audacieux
Jean-Claude Trichet, patron de la BCE, membre éminent du cartel des taux bas et faux-monnayeur en euro, affirme qu’il va combattre l’inflation comme le veut sa mission.
Il va oser un mouvement effroyablement audacieux : il augmentera peut être ses taux de 0,25% en avril. Oui : vous avez bien lu, 0,25%. C’est très sérieux. L’inflation n’a qu’à bien se tenir.
Depuis l’été dernier, le mouvement de hausse des matières premières a été absolument phénoménal. Mais comme vous le savez, nous résidons dans un pays d’esprits purs, et notre économie repose sur les services, pas sur les matières premières…
Ca tombe bien, les chômeurs sont légion et donc la matière grise pas chère. Ceci compensant cela, l’inflation est très faible.
Notre ami Jean-Claude va rester fidèle à sa ligne, pour rassurer les Allemands (il ne faudrait pas qu’ils sortent de l’euro !) i
Il prétend donc arrêter la charge de l’éléphant inflation avec une tapette à mouches.
La hausse du pétrole va freiner toute croissance saine résiduelle
La croyance populaire veut que nous absorbions très bien les chocs pétroliers car notre économie du service et de la matière grise n’est pas dépendante de choses aussi triviales que les matières premières et l’alimentation.
Voyons un peu ces allégations à la lumière des chocs pétroliers précédents.
- D’après la Barclays, une hausse des prix de 10% coûte 0,5% de PIB. Nous en sommes à 17% de hausse…
- D’après le Crédit Agricole, dès que le ratio mondial dépenses pétrolières / PIB dépasse 4%, le PIB s’ajuste brutalement pour revenir à 3%.
- 10 des 11 récessions américaines depuis la Seconde Guerre mondiale ont été précédées d’un choc pétrolier.
- D’après le Wall Street Journal, lorsque le cours du baril augmente violemment (10% en moins d’une semaine), les marchés actions connaissent une correction de 9% en moyenne six mois plus tard.
- Les analystes de Citigroup ont calculé que lors des six derniers chocs pétroliers (1986, 1990, 1996, 1998, 2001, 2008) durant lesquels les cours ont doublé, les valeurs du transport aérien et du tourisme ont cédé 12%.
- Les analystes de Deutsche Bank estiment que si le Brent atteint 150$ le baril, la croissance mondiale prévue à 4,2% retomberait à 2,2%.
- Les analystes d’Oddo pensent que le prix à la pompe pourrait faire baisser de 1% le trafic des véhicules légers ce qui pourrait faire reculer de 20% les valeurs liées au secteur de l’automobile.
Vous voyez, je ne suis pas la seule à être sombre. Pendant cela, les traders s’en donnent à coeur joie avec les dollars imprimés par Ben et les positions nettes acheteuses sur le WTI ont bondi de 27% sur la première semaine de mars.
Et manifestement, la terrible crise japonaise qui “s’invite au tableau” n’a pas l’air de les effrayer davantage…
Que va-t-il rester lorsque l’économie mondiale va freiner ?
Que va-t-on apercevoir lorsque l’illusion de richesse acquise à coup de fausse monnaie aura disparue avec le recul des marchés actions ?
Une montagne de dettes souveraines, des déficits béants qui ne pourront être comblés faute de croissance.
Nous ne pourrons jamais rembourser. JAMAIS.
Pas convaincu ?
Passons au sujet qui fâche vraiment : les recettes fiscales
Nos doctes économistes (majoritairement keynésiens mais quand même inquiets) dissertent sur le fait de savoir quel est le ratio dette / production de richesse (PIB) acceptable pour un pays. Raisonnement parfaitement fallacieux.
Comme le note Dylan Grice, économiste de la Société Générale, tout dépend du taux d’intérêt. Le taux d’intérêt moyen depuis la Seconde Guerre mondiale est de 6,9%. Vous avez remarqué, dès que les rendements dépassent le taux moyen, les pays appellent le FMI au secours : Islande, Grèce, Irlande et bientôt Portugal puis Espagne….
En France, si les taux atteignaient 5,5%, l’Etat devrait trouver 63 milliards d’euros supplémentaires chaque année, pour payer les intérêts de sa dette. Doubler l’impôt sur le revenu ne suffirait pas. Et comme les recettes de TVA seraient en baisse pour cause de retour en récession, il ne faudra pas compter sur ces rentrées.
Rassurez-vous, aux Etats-Unis, ce n’est pas mieux (même si la misère partagée est plus supportable…). Chez nous comme chez eux plus d’un tiers des recettes fiscales seraient englouties dans le paiement des intérêts de la dette.
Quelle solution restera-t-il à messieurs Ben Bernanke et Jean-Claude Trichet ?
Imprimer, encore, et encore et encore…
C’est ce que vient de faire la Banque centrale du Japon également. Quelque 240 milliards d’euros imprimés en quatre jours.
Souvenez-vous : “je n’étais pas spécialement intelligent. Je n’avais pas de diplôme d’économie. Je me contentais seulement d’acheter de l’or à chaque fois qu’une banque centrale annonçait imprimer de la monnaie“.
Quand et comment entrer sur l’or physique
Vous pouvez acquérir de l’or physique sur internet avec Bullion Vault et sous forme de pièces chez Aucoffre.com.
Ceux qui recherchent la liquidité maximale se porteront sur le certificat GBS (ISIN GB00FHZ82) coté en euro. Le sous-jacent est de l’or physique acheté par la Gold Bullion Securities et conservé à Londres dans les coffres de la HSBC.
Comme nous le faisons à l’Investisseur Or & Matières, n’hésitez pas à renforcer votre position dans les creux. Objectif 1 700 $ pour l’été. Objectif long terme (2012) de 3 000 $ ou 2 000 euros l’once.
Première parution dans la Chronique Agora le 16/03/2011.




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